CHARLY dit "ZIGOUIOUI"

19 février 2021

"Un jour je serais chef de meute, mais pas maintenant c'est l'heure de la soupe !"

 

Dédicace au copain de Charly... à mon pote, mon mari, mon amour qui fait ma vie belle !

 

"Je pense que je suis un cadeau, mais je m'emballe peut-être..."

Ce matin là, après le petit déjeuner, la vieille s'en est allée, seule, prenant le petit chemin qui jouxte notre pension, pour monter 500 mètres plus haut, aller à la chasse aux fleurs et papillons. Grand bien lui fasse! Mon pote et moi avons échangé silencieusement, mode de transmission dans lequel on excelle et qui évite toutes incompréhensions. Grisée par le vent, les pieds toujours sur terre, elle a caracolé en parallèle avec d'autres passionnés, adepte d'Éole, qui lui ont offert un spectacle illuminant sa journée à peine ébauchée. Son énergique retour a fatigué notre belle journée de repos si prometteuse. Pour écourter son monologue épuisant, nous l'avons promenée un bref instant en voiture et débarquée tout aussi rapidement sur un parking avec ses deux bâtons et son appareil photo. La vieille n'est pas un cadeau contrairement à moi, mais mon pote la garde quand même ! Elle doit avoir bon nombre d'attraits que j'ai peine à distinguer encore aujourd'hui. Me concernant, je lui reconnais le mérite d'oeuvrer en cuisine et d'être une accompagnatrice attentive lors de mes visites chez le véto, pas de quoi fouetter un chat ! En somme, on la garde parce qu'elle est une énigme...

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De la plage arrière de ma vouâture j'ai regardé sa silhouette s'amenuiser puis disparaître. Un bref instant, mon coeur s'est serré de l'avoir abandonnée et j'ai même cru qu'elle me manquait déjà ! Ce n'était qu'un effet de mon imagination débordante. Que voulez vous, elle a le don de déclencher des réactions épidermiques auxquelles, mon pote et moi répondons avec la tolérance qui nous caractérise par une réaction "d'évitement". Le "problème" enfin déplacé, nous avons retrouvé nos penates et je suis allé ronfler sur le balcon où le soleil naissant m'a agréablement tenu compagnie. M'étirant un long moment, dans la fraicheur de l'appartement, je décide de m'abreuver vite fait, pressé de reprendre mon repos bien mérité. Mon pote apparaît soudainement devant moi en tenue de randonneur et me prend sous son bras de façon fort cavalière, pour finalement me déposer dans le coffre de la vouâture. Notre logeuse, qui sortait au même moment, s'est exclamée avec effroi, mi-scandalisée mi-décue : "Charly dans le coffre ! pourquoi ?" lorsqu'elle a vu de ses yeux vu, que le coffre et les sièges arrière avec mon panier ne faisaient qu'un seul territoire spacieux, aménagé exclusivement pour moâ, mon pote est remonté dans son estime et j'ai su que j'avais une alliée dans la place, c'est toujours utile... D'autant que je craignais subir le même sort que la vieille, moi qui n'avait même pas dit un mot ! 

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Revenus sur les lieux du "crime" nous n'avons pas retrouvé la vieille. Quand mon pote m'a installé dans mes appartements puis sur son dos, j'ai pu à loisir, faire un tour d'horizon et glaner quelques indices sur la suite de notre journée. Mon pote judicieusement, a pris le train à crémaillère, plutôt que de suivre quelques traces, de la vieille, plus trés fraîches (les traces, bien sûr, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit !) qui nous auraient mené Dieu sait où ... Tout en contemplant le paysage, je n'ai pu m'empêcher de guetter son hypothétique présence, sur le terrain qu'elle affectionne, mais rien ! Débarqués en douceur au sommet, on nous annonce une belle journée et de suite mon enthousiasme grimpe en flêche ! Mon horloge interne fort à propos, égrenne les heures pour moi et j'ai de suite compris qu'il était temps de manger. Mais, contre toute attente, nous avons ignoré tous les plaisirs qui s'offraient à nous pour s'isoler et s'installer un peu plus haut. Je me demande pourquoi, à chaque fois que nous sommes tous les deux, mon pote perd son appétit pour le retrouver aussitôt que la vieille apparaît ? Etonnamment elle me manque déjà et comme de bien entendu, elle n'ai jamais là quand on a besoin d'elle !

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Pendant ce temps mon décevant partenaire, se régale d'un Frédéric Dard, je reste assis à ses côtés, stoïque sur ce banc feng shui loin de posséder les énergies nécessaires à ma bonne santé. Commençe alors une longue et douloureuse attente, pendant que le vent me taquine d'effluves qui font gronder mon ventre frustré. Soudain, le téléphone vibre, fait rarissime, car l'objet a surtout pour but de nous tourmenter en nous donnant l'heure et occasionnellement la lumière quand nous sommes dans....l'ignorance. En l'occurence il sonne pour ne rien dire et je m'en désintéresse. Pourtant un petit rire étouffé, tout proche, me parvient dans le même temps, un bref coup d'oeil à 180° rien à signaler. Des randonneurs montent vers les sommets d'autres descendent où je ne suis pas ! Blasé, je baisse ma garde et me couche, résigné à une journée détox. Deux éclats de rire distincts mettent fin à mon jeun, la vieille nous est revenue... Piaffant d'impatience, j'harcèle la pipelette et le bel au bois dormant, privé à nouveau d'un bien précieux et difficile à conserver, le silence ! Notre aventurière n'a pas perdu son souffle et sa bouche déverse avec enthousiasme, un flot de mots qui vrillent mes oreilles alors que moi, bouche bée je n'aspire qu'à remplir la mienne de nourriture, le monde est mal fait ! Tout ça parce que la vieille exaltée a enfin réussi à immortaliser deux magnifiques Machaon qui lui ont fait perdre la tête et notre temps...Mon pote, imperturbable, a bloqué ses écoutilles, masquant son stratagème sous un sourire tendre et complice. Quand à moi, enfin affranchi de toutes contraintes, je me précipite pour réserver notre table, laissant le soin à mes vieux de me rejoindre au plus vite.

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C'est en dévalant la pente à ma suite, elle toujours le bec ouvert et mon pote continuant de s'arnacher, qu'ils m'ont retrouvé montant la garde devant la plus belle table ! Je suis sourd comme un pot... mes vieux en sont persuadés. Mon air candide et fier du devoir accompli, leur a coupé l'herbe sous le pied. A défaut de pouvoir me sermonner, la vieille a tout de même déclaré qu'il devenait nécessaire de me mettre en laisse constamment, car ma surdité m'empêche d'entendre ses consignes et qu'en prenant la poudre d'escampette pour un oui ou un nom, je risquais de me perdre. Je n'ai qu'une chose à dire : "ventre affamé, n'a point d'oreilles"!  Ils m'ont laissé dans ma studette, pour faire le guet sur notre banc et garder la place. Le regard figé sur l'entrée du restaurant, j'ai pu assister, rassuré, à l'arrivée triomphale de mes deux plateaux repas...

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On s'installe très vite. J'étais sur le point de faire mon choix entre un plat végétarien ou carné, quand la vieille me prend à témoin: "Alors mon titi, tu te demandes pourquoi je t'ai abandonné si longtemps". M'en fous ! c'est hors sujet ! J'oscille ma bouille entre elle et ma bouffe au point d'en perdre la tête. Elle, la traîtresse, me caresse, tout en jetant un oeil gourmand par dessus mes sourcils et déclare sa flamme à mon pote qui s'en laisse conter..."pour dire au monde entier qu'elle l'aime, elle a mis toutes les fleurs au parfum" bla-bla bla-bla... Tu parles ! Elle veut nous avoir aux sentiments pour rafler une double ration..." Mais je manque à tous mes devoirs, mon pôve titi, je cause, je cause et tu meurs de soif ! " et voilà comment mine de rien, elle s'est débarrassé d'un rival en l'oubliant sous la table...J'ai moi aussi usé de mon pouvoir de séduction en faisant les yeux doux au pied de mon maître, qui m'a aussitôt élevé au rang de favori, à son côté, juste en face de la vieille jalouse, qui le regarde avec des yeux de merlan frit...

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Cette fatigante journée, heureusement enrichie de quelques vitamines et proteines indispensables pour survivre en montagne, s'est terminée dans mes appartements. Là j'ai entamé, comme tous mes amis, chevaux, poneys et vaches, une sieste digestive, certes pas aussi ombragée que celle de mes congénères. De toute façon, les regards ombrageux des quatre pattes qui avaient squatté les meilleurs emplacements, ne laissaient présager rien de bon et nous n'avons pas insister plus que nécessaire. Mon pote et moi avons repris notre route paysagée, lui en rêvassant et moi dodelinant. Et la vieille ? me direz vous ! Elle a pris quelques chemins de traverses pour répandre la bonne parole, croisant ponctuellement le nôtre, histoire de nous maintenir éveillés... Ce chassé-croisé agaçant a grandement ralenti ma digestion et de fait, je n'étais toujours pas en état de randonner. Finalement comme il faisait aussi chaud dedans que dehors, j'ai demandé à prendre l'air, le parking tout proche, ne m'a laissé qu'à peine cent mètres pour me dégourdir les pattes ! La vieille, accrochée au bras de mon pote, n'avait toujours pas décidé de la fermer et continuait son harcélement, la bouche contre l'oreille de mon pote qui semblait de plus en plus enclin à lui prêter l'oreille, un peu comme moi quand mon pote me propose un petit pot de crème, impossible d'y résister...

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 "On ne ment pas la bouche pleine, beaucoup d'aveux se font à table"

 


11 janvier 2021

"L'intelligence, c'est être bête au bon moment"

 

"un chef, moins il parle, plus il est écouté"

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Ce matin de l'an deux mille vingt, peu pressé de passer l'arme à gauche, l'année... pas moi !! Je disais donc, ce matin là, je me rendais dans la chambre de la vieille pour assister à son lever et lui faire mes serviles salutations matinales. La tête basse et soumise à ses premières caresses, je songeais déjà à sa lenteur exaspérante qui me tenait éloigné depuis belle lurette de ma cuillère de miel. Mes yeux au ras du sol butent soudain sur ses nouveaux patins, rouges, à l'effigie blanche et stylisée d'un caniche pomponné, me voilà relégué au second plan, sans préavis. Quand je pense au mal que je me suis donné ces derniers jours pendant l'élaboration de mes gâteaux de Noël, quelle ingratitude ! La vieille ronchonnait sans arrêt à cause des souris, disant qu'il y en avait une grosse et une petite dans la maison, j'vous dis pas l'boulot... Ça commence au petit matin, j'attends religieusement ma cuillère vitaminée, mon pote mine de rien, s'incruste et ça me rend nerveux. Mon petit gabarit ne me permet pas le luxe du partage. Ensuite, je me tape des kilomètres à surveiller les gâteaux. Ceux dans la gueule du four, pas sûr qu'il nous recrache ce qu'on lui a confié. Puis, les anciennes fournées qui sèchent sous l'oeil avide et menaçant de mon pote qui ne veut pas céder du terrain. Et pour finir, la vieille qui de temps à autre, engluée dans la farine, s'énerve et peste contre je ne sais qui. Je fonce aussitôt pour déloger l'enfoiré qui tente, sur la table de travail, de voler ou saboter notre ouvrage. Malheureusement je ne suis pas mâtiné de Wolfhound et bien que je sois sur tous les fronts, à gauche, à droite, dressé sur mes pattes arrières, rien n'y fait ! Je m'en veux de mon impuissance et elle, de mon incompétence. Je sais pas qui est l'enflure qui fout la pagaille, mais ça me rend nerveux...C'est pire encore, quand il me faut quitter mon poste, pour déposer dehors, mon obole à dame nature et laisser ainsi la vieille aux mains d'un trouble-fête haut perché, insaisissable, qui nous les brise menu et d'une petite souris dont je n'ai pas encore vu la queue ! Et la grosse souris ? me direz-vous...Je ne suis pas la moitié d'un con, y'a bien longtemps que je l'ai a l'oeil, "elle" est au bout de ma laisse et nous avons déjà hâte de rentrer au bercail.

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Enfin ! Il est temps de passer à table, cette dernière journée usante m'a mis l'estomac dans les talons et je suis au bord de l'épuisement. Ne riez pas ! J'ai fait un régime quasi miraculeux dont je vous livre le secret, ce sera mon cadeau de Noël, utile, pas cher et facile à mettre en oeuvre début 2021. J'affiche fièrement 6kg200 ! Vous vous souvenez peut-être des petits changements automnaux, mis en place par môaa : plus que 2 sorties pipi et un deuxième lieu de couchage pour la nuit. Je dors maintenant dans la chambre de mes "chargés d'ans" dans un nouveau panier tout rouge, positionné tactiquement du côté de mon pote, de manière à l'avoir dans ma ligne de mire 24h sur 24. Il se lève, je me lève ! Il se couche, je me couche ! Et pis c'est tout. L'hiver a fait bien vite son apparition et dans cette pièce ouverte toute l'année aux quatre vents et saisons, l'atmosphère s'est diablement rafraîchie pour "culminer" à 10° en journée... Après mon dernier repas, j'engrange un maximum de chaleur douillettement installé sur mon fauteuil rouge, bercé d'illusions pendant que ma boite à images fait des surenchères apocalyptiques. Sonne enfin l'heure du coucher et je tire ma révérence prêt à affronter l'hiver polaire. Je me recroqueville jusqu'à devenir kaninchen et maigris en hibernant. 

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J'en tire d'autres bénéfices, comme celui de ne pas subir de toilettage inconsidéré et ce qui est nouveau, l'inquiétude, toujours utile de la vieille. Elle me pèse régulièrement et culpabilise à mort, car je persiste à mener à bonne fin mon projet. C'est pourquoi, ce soir de réjouissances, j'ai quitté mon "piédestal*", croyant bénéficier, en exclusivité, de largesse avant de passer aux choses sérieuses. J'ai répondu à l'invitation apéritive de la vieille et mon pote a profité de ce temps libre octroyé, pour mettre le couvert. Un tronçon de jarret, délectable attention, m'a fait baisser la garde et perdre notion de mon environnement et du temps qui passe. L'os rongé, vidé de sa substantifique moelle, me voilà ragaillardi et prêt à me remettre à la table. Mais une fois de plus je me suis fait posséder cet apéro était dînatoire. La vieille m'a dépossédé de mon repas de Noêl, pour manger peinarde !

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Je vous passe les détails des stratégies que j'ai mis en place pour m'élever au rang qui m'est dû à cette table. Finalement, mon pote m'a hissé à bonne hauteur et là, j'ai saisi en une seule inspiration, toute l'ampleur du tort qui m'a été causé, sans raison. Y'z'avez presque tout englouti et en étaient déjà au dessert, j'étais bon pour bouffer de la vache enragée ! Dans la foulée, effrontément, mon viel ami de 14 ans, me joue le même tour de cochon que la vieille. Il m'offre négligemment d'une main, un autre os, "faux" de surcroît et sournoisement revêtu de papier enrubanné, me traitant comme un chien. Son autre main, bien trop occupée à déguster mon dessert en père peinard. Persévérant dans mon bon droit, je me suis planté entre la vieille et son assiette. "Caresse de chien donne des puces" qu'elle dit en m'envoyant bouler. Je prodigue généreusement mon affection en pure perte, être bête n'est pas chose aisée, j'ai pourtant fait de mon mieux. C'est décidé, fini les bla-bla, le langage des signes suffira ! Qu'elle persiste à user d'une autorité qu'elle n'a pas, je la laisse à son petit rituel réconfortant. Je n'ai pas de temps à perdre, faut que je me refasse une santé ! Aprés quelques coups de tête répétitifs et bien placés, j'ai pu grignoter quelques miettes de pain d'épices et gouttes de glace vanille tombées à ma portée. La chance m'a enfin souri, j'ai reçu le soutien inattendu d'un ami, rouge lui aussi, mais "beaumes" à mon coeur meurtri. Il a grisé la vieille, qui s'est laissée étourdir au point d'être distraite et nourrir une autre fine gueule que la sienne, si vous voyez ce que je veux dire ...

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J'ai abandonné la vieille aprés avoir fini son assiette et sans me démonter j'ai exigé, d'un geste directif, que mon pote allonge ses jambes, passerelle indispensable, pour que je puisse le rejoindre. Lui aussi a une amie, Dame glacière qu'elle s'appelle. Il se lève souvent pour aller la voir et revient toujours avec une assiette bien remplie. Grâce à elle, j'ai eu double ration. Puis, trés vite nos yeux se sont faits lourds et nous avons quitté la table du banquet. Il était temps pour moi de nettoyer sous la table avant que la petite souris ne vienne me voler. La vieille a refait doucement surface et m'a traité de vampire. Elle dit que pour me tenir éloigner de la nourriture, il faudrait l'entourer de gousses d'ail, c'est la seule chose qui stoppe net mes élans de gourmandise. Ça a bien fait rire mon pote, mais pas longtemps, la vieille l'a appellé Attila, là où il passe, y'a plus rien à manger, ben c'est pas faux !!P1650060

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Vous allez me dire: "Mais où sont tes gâteaux, mon pôve Charly ? J'ai comme l'impression que tu as zappé sur l'essentiel". J'ai fait l'impasse, le souvenir est encore trop douloureux, mais pour vous je vais l'évoquer. Après bon nombre de jours et nuits à monter jalousement la garde sur mon butin, la vieille a décidé un beau matin, d'étaler notre trésor sur la table. J'ai suivi des yeux son manège sur les genoux de mon pote que je sentais fébrile. Avec délicatesse, choisissant aussi bien que je l'aurais fait, elle a fait de mon trésor des mélanges goûteux, pour les mettre dans des sachets enrubannés... Pourquoi toutes ces fanfreluches, ça fatigue avant la dégustation ! Puis les sachets ont élus domicile dans des boites en carton...Et là l'anxiété m'a gagné. Quand elle y a rajouté mes pains d'épices, puis fermé hermétiquement les boites, j'en ai eu des palpitations. Ensuite, elle a quitté la maison sans moi, mais avec mes quatres boites, alors j'ai hurlé à la mort car la vie ne valait plus la peine d'être vécu !

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Dieu merci, à chaque jour suffit sa peine et j'ai de l'espérance à revendre. Aussi en revenant de ma sortie hygiènique ce lendemain de "fêtes", j'ai senti que la chance était revenue me voir. J'étais à l'arrêt sur notre palier, dés la sortie de l'ascenceur, ma truffe saisie de frénésie. Quatre portes...Un seul fumet qui vaille la peine que je m'y interesse. Il serpente dans le couloir et je n'ose espérer qu'il s'arrête chez moi. Ma porte s'ouvre et met fin au suspense, le miracle de Noël s'est enfin produit, la vieille s'est mise au fourneau ! Je me suis tenu bien sage à ses pieds pendant qu'elle mettait la touche finale, un peu d'ci, un peu d'ça, goûtant égoïstement mon plat préféré. J'aime bien apprendre mais j'suis pas fan de prendre des leçons comme hier ! Malgré et à cause de ça, j'ai du revoir mon plan d'action pour ne pas louper cette deuxième chance. Lorsque la vieille m'a installé à côté d'elle, je me suis fait bête et discipliné, attendant sans moufter, tout en faisant le tour visuel de ma tablée. J'ai eu un petit coup de stress en constatant que son ami rouge n'était pas à table, ça m'aurait fait un allié de choix.

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Avantageusement servis, mes deux vétérans entament mon repas, sans moi, je m'aigris, m'étiole quand soudain ! La vieille, tout en portant à sa bouche un liquide doré et parfumé, m'a tendu sa main et j'y ai placé, soumis et envouté, ma patte. Dans ses yeux, il y avait de scintillantes étoiles comme son ami Savagnin qui brille de mille feux, j'ai su que c'était tout bénef pour moi. Je lui ai bousculé le ventre pour y mettre le mien aux premières loges et tout m'est tombé rôti dans le bec ! Aprés ce repas, malgré les étoiles qui sont venues taper l'incruste dans mon champ de vision, j'ai pu profiter d'un autre miracle. Mes gâteaux sont revenus de je ne sais où, généreusement partagés avec mes vieux. Je ne suis même pas resté pour aider à faire la vaisselle, ma tête alourdie a pris du repos sur l'accoudoir de mon fauteuil rouge...avec un nouveau joujou pour cadeau.

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"Il vaut mieux creuser sa tombe avec une fourchette qu'avec une pelle, c'est plus agréable et c'est plus long"

 

*"Piédestal" : les genoux de mon pote, sur lesquels je trône pour mieux surveiller mon royaume.

 

01 décembre 2020

"Cueillons les douceurs nous n'avons à nous que le temps de notre vie"

 

"Trop penser à demain gaspille aujourd’hui."

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Vous l'avez compris, nous nous sommes mis, mes vieux et moi en repos végétatif. Les mauvaises habitudes sont prises, c'est le confinent qui nous a contaminé !!! En plus il fait froid et le brouillard s'est installé profitant de ce que nous avions le dos tourné, depuis, impossible de le déloger. Je monte la garde auprès de mes boites de gâteaux de Noël enfin pleines et je fais en sorte qu'elles le restent. La vieille ayant déserté la cuisine, s'est ensuite dépensée sans compter sur son tapis de gym, sous mes yeux dubitatifs. Cinq jours sur sept, elle reprenait du terrain sur sa masse graisseuse, au point de ressembler à un roseau qui ploie mais ne rompt pas...C'est en voulant nettoyer le miroir de la salle de bain, qui se refusait à répondre à sa sempiternelle question : miroir ! suis je la plus belle ? que la vieille a hurlé son mécontentement...Mon pote et moi l'avons retrouvé, avec vingt ans de plus, courbée par le poids des ans et un bon lumbago ! Ceci explique cela, vous voici livrés à vous même, pour cette balade cache-cache entre ombre et lumière et si êtes attentifs vous pourrez apercevoir tout au long de la balade, mes copines les marmottes ! Je vous dis à très bientôt et vous fais mes amicales léchouilles.

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 "Le silence est le meilleur ami de l'homme, avant même le chien !"

 

 

 

01 novembre 2020

"Advienne que pourra hormis les premières fleurs, j’oublie tout le reste"

 

"Quoi qu'en pensent les bavards, le silence n'est pas une langue morte"

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Le temps s'en est allé prendre du bon temps et moi je l'ai suivi... Après cet intermède gourmand à Garmisch-Partenkirchen, mon pote et moi avons décidé de faire le tour du lac de Seefeld, sachant que notre projet n'aurait pas l'aval de la vieille. Aussi, nous lui avons donné quartier libre et sommes allés siester sur le banc le plus proche face au lac et notre maison jaune. Ce repos digestif bien mérité était d'autant plus jouissif, que je pouvais contempler à tête reposée, le Gwandschkopf 500 mètres plus haut dont la vieille commençait l'ascension. Notre bavarde aime à s'y griser et ça nous repose ! La nature est seule à pouvoir lui clouer le bec, aussi je vous propose de goûter avec délice de ce moment d'exception !

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Comme à chaque fois, elle a perdu notion du temps dans son paradis. Ce sont les meuglements de plus en plus insistants des vaches battant le rappel, qui l'ont ramenée à la réalité ! En contemplant les prés où bon nombre de ses amies pressaient le pas, la vieille a opté pour un retour par la forêt, tout aussi fréquentée...Cette partie de cache-cache est le seul divertissement auquel j'aurais eu grand plaisir à participer. J'ai toujours peur qu'en dévalant la forêt, leur lait fleuri d'une longue journée à brouter, se change en beurre, j'aurais grand chagrin à me passer de crème, tout autant... qu'emportées par leur élan, elles ne piètinent la vieille !!

" Tout ce qui a trait à la vache m'émeut"

 

 

02 octobre 2020

"Vivre ça prend du temps et je n'ai pas une minute à perdre"

 

« L'homme contrairement à l'animal pense, mais l'animal n'a pas à penser, il sait. »

Coucou c'est Charly ! Content de vous retrouver, ceci dit ne vous attendez pas à une randonnée pour pêchu, j'suis pas assez motivé...J'ai un boulot monstre à remettre mon blog en état. Il s'éffiloche, certaines de mes photos, souvenirs de jeunesse, ont disparu et le calendrier passe de 2013 à 2020 sans se soucier d'une tranche de vie, ma deuxième, qui a toute son importance. Voir mes jeunes années passer en accéléré me réjouit tout autant que le coeur me serre. La bouille de mes maîtres qui parchemine à la vitesse grand V, tient du délit de faciés. Vision cauchemardesque qui me file un coup de vieux ! Tout fout l'camp mes amis, ça ne s'arrange pas plus quand je quitte le virtuel, à force de se cacher derrière des masques à longueur de temps, mes soutiens de famille finissent par devenir transparents. Ne me dites pas que ma vue baisse, je chope encore une mouche en plein vol ! Pour trois fois rien, leur temps de chauffe est digne d'un diesel. Lents à la détente surtout la vieille qui blablatte et oublie un truc sur deux. Au final, le moindre déplacement prend des allures de parcours du combattant et ça me fatigue...Vous voilà prévenu ! Aujourd'hui, nous prenons l'air tout simplement, libre à vous de nous accompagner, venez les mains dans les poches, mais armez vous de patience...

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Qu'est ce que je disais, ça fait dix minutes qu'elle me serre entre ses bras, j'ai l'impression d'être une bouée de sauvetage au milieu d'une mer d'huile. Parlant pour ne rien dire au point d'hypnothiser mon pote, ses chaussures de marche toujours à la main... On n'est pas rendu ! Je n'aime pas qu'elle reste en mode statique trop longtemps, il lui arrive de tanguer et ça me fout le tournis. Dès fois, j'me dis que j'aurais dû changer de crémerie alors qu'il en était encore temps, maintenant c'est trop tard, ils m'ont contaminé, j'ai le haut du crâne recouvert de poils blancs, ça sent le sapin ! Voilà qu'elle m'éternue dessus avec en prime le baiser de Judas. Le masque, c'est pas un bavoir ! Elle le met pour les autres et pas pour moi, prévenez la S.P.A. A tous les coups la vieille va me refiler une cochonnerie et la distanciation sociale alors ? on s'assoit d'ssus ! C'est triste de vieillir, y'a qu'elle à ne pas s'en rendre compte. Heureux les simples d'esprit car le royaume des cieux leur appartient. J'ai l'impression que ce n'est pas pour tout de suite, elle a encore du répondant. D'aprés mon pote, elle peut tenir encore quinze, vingt ans. Dieu merci, pour elle et pour nous, chacun y trouve son compte. Mon alter ego et moi, nous aurons plié bagages depuis belle lurette, ça nous f'ra des vacances ! Le coffre toujours ouvert, sollicite ma présence avec insistance et si mes indécrottables ne bougent pas d'ici quelques secondes, je retourne dans ma vouâture.

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Cent mètres et pas un pas de plus, je ne vous présente plus les lieux, vous connaissez par coeur ! Nous prenons place sur notre banc préféré pour un picnic dont je n'attends rien. Ce n'est pas pour autant que je vais me laisser gruger, même de quelques miettes. J'ai dû taper du pied dans leur gamelle vide pour les rappeller à l'ordre. Mettons de suite les choses au point : non, je ne râle pas et non, je ne suis pas méchant et injuste mais seulement zadiste. Ce n'est pas parce que je vis dans une prison dorée, que je n'ai pas une zone à défendre. La seule raison qui fait que ma gardienne reste en poste, c'est qu'elle répond à tous les appels de mon ventre, pour le reste, elle est loin et bien loin d'être au niveau de l'illustre prisonnier qu'elle garde. L'autre soir, alors que je dormais que d'un oeil, l'autre fixé sur la télé qui s'asphyxie dans la culture du malheur, j'ai été pris d'une soudaine illumination qui m'a fait me redresser d'un coup d'un seul. J'étais immobile, comme absent, le nez fixant le dossier rouge de mon fauteuil, en pleine réflexion sur "comment reprendre ma vie en main". C'est en me recouchant, que j'ai surpris leur regard soupçonneux. De suite ils sont partis en vrille, à chacun son commentaire sur mon état physique et psychique. Pas moyen de réfléchir tranquille, même chez soi. Je les vois venir avec leurs gros sabots, ils m'estiment diminué !! On le serait à moins, mes vieux se tapent des messieurs-dames "je sais tout" qui controversent sur mon écran TV jusqu'à m'en faire perdre le sommeil. "On" m'a supprimé les documents animaliers et mon émission "animaux à adopter". Je n'ai plus rien pour euphoriser mon esprit! Bref depuis mon introspection, je suis sous surveillance rapprochée, mon comportement les intrigue tout autant que leurs attitudes m'inquiètent. Je me sens épié, dissèqué du regard que je sommnole sur ma paillasse où que je fasse la tournée de tous mes paniers.

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Mes nombreux rituels me servent à discipliner le temps qui m'est compté, mais pas question pour autant, qu'il dévore ma vie. Je me suis devenu le prisonnier de mes habitudes, en parti à cause de mes gâteux, qui en instaure de nouvelles pour occuper mon oisiveté, comme si je n'avais que ça à faire. Je suis un bon chien-chien à sa mémère et son pépère. Aussi aprés mûre réflexion, parce qu'il y en a là-dedans, voilà ce que j'ai décidé : je garde ce qui m'a généreusement été octroyé et renonce à ce dont j'ai abusivement obtenu l'usufruit. Il ne me reste plus qu'à réorganiser mon espace temps, réduire mes dépenses énergétiques donc mon temps de travail. J'suis enthousiaste à l'idée de vous faire participer au débotté à cette restructuration. Une chose est sûre, je garde mon heure de sortie hygiènique avec mon pote. Départ aux aurores, à la fraîche pour un condensé de bienfaits, qui allie sport, visite à mes congénères de tous poils et relations sociales avec les z'humains croisé sur mon chemin. De quoi dépolluer mon intellect aprés mes nuits d'errance à chercher mon sommeil. Ce qui au passage, n'est pas le cas de la vieille encore aux plumes à c'te heure ! A mon retour et son réveil, petite séance de remue-méninges à l'étude de son cas qui requiert toute mon attention et dont je ne me lasse pas. Dans la foulée, je récupère ma cueillère de miel, antibiotique naturel et booster de mes défenses immunitaires. Je passe l'inspection de mes accessoires: paniers, coussins, serviettes et joujoux, dés fois qu'une malfaisante, aux idées saugrenues, les ait vaporisés de vinaigre, parfumés d'huile essentielle ou pire encore, mis à tourner en rond dans une machine au point que je ne puisse plus les compter. Quand tout est là et à la place stratégique qui me permet de ne rien perdre de ce qui se fait d'important dans la maison, je me mets au boulot. Et c'est là que je frôle le nervous breakdown...

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Mes vieux perdent la tête, mais ils ne s'en rendent pas encore compte. Sans arrêt sur le qui vive, je les ai à l'oeil, car ils sont souvent en ordre de dispersion. Bien que notre territoire soit de taille raisonnable, j'ai fort à faire. J'attends devant des portes closes, souvent en pure perte, pour souvent me retrouver suivi !! Devant celles qui sont entrebaîllées et éclairées, le doute est permis, j'y passe mon museau pour vérifier. C'est pas Versailles ici ! Faudrait fermer les lumières, j'perds un max d'énergie à surveiller des endroits où il n'y a personne. Quand enfin je peux les réunir au bureau, ma pièce préférée, le temps de m'installer confortablement comme une poule sur ses oeufs et y'a un qui repart... Si c'est la vieille, je balise son chemin vers la cuisine, chacun doit faire son job ici-bas. Je la confine de suite au fourneau et dans le même temps, je m'escrime à y ramener mon pote, parce que c'est l'heure, en tous cas la mienne ! Selon le menu, j'y bivouaque entre les repas pour attendre le voleur de gâteau, il a beau venir sur la pointe des pieds, à moi on ne me la fait pas ! Maintenant que la vieille passe ses matinées à brasser de l'air avec Pilates, j'ai un peu de répit. Mon pote travaille à son bureau, puis en cuisine où il fait le salé mais pas encore de sucré ! c'est pourquoi je continue à accueillir, sur le palier, notre sportive toujours en retard, mais encore utile. Je ne la sermonne pas, malgré le fastidieux va-et-vient entre ma gamelle et la porte d'entrée qu'elle m'a imposé. Contrairement à elle, j'ai une bonne mémoire, qu'on se le dise !! La vieille m'assoit à ses côtés, comme il se doit et c'est à coup de patte régulier que je lui rappelle que toute affamée qu'elle soit, elle doit partager sa pitance avec moi. Mes mesures drastiques n'ont pas échappées à l'oeil attentif et vigilant de mes fripés. Mais pour une raison qui m'échappe, ils se marrent : "Pauvre Titi, tu nous fatigues mon vieux, t'as plus ta tête". Les aprés-midi laissés libre à l'appréciation de chacun, deviennent un casse-tête pour moi. J'ai absolument besoin de savoir qui fait quoi et qui va où. Je passe mon temps à jouer au chien berger pendant l'estive, si la salle de bain ouvre ses portes et que je renifle la tenue de sortie, je peux dire adieu à mon projet de sieste. Même en période caniculaire, il leur arrive de s'aérer quand même, mais sans moi, y peuvent se brosser, non mais sans blague ! L'ennui c'est que sans eux, j'peux pas dormir non plus...Bien entendu, pour compenser et me récompenser, je perçois à leur départ et retour, quelques croquettes, une tape amicale sur mes poils blancs et "Tu gardes la maison Titi." J'ai qu'ça à faire !

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Ce n'est qu'à ma deuxième et dernière sortie vers 17h que je prends un peu de repos. J'ai décidé pour m'économiser de réduire mes sorties hygièniques au nombre de 2, ça leur en bouche un coin, mais ce n'est que le début d'un grand chambardement, c'est moi qui vous le dit ! Je ne suis pas versatile comme certain... Pendant la période estivale, haïe de nous trois, mes vieux ont installé mon panier du bureau, dans leur chambre uniquement pour la nuit. Au début, j'ai surveillé dubitatif, ce changement sans mon accord. J'ai d'ailleurs trouvé que c'était un peu rapiat, cette jonglerie d'un panier pour deux territoires, ça donnait à la chose un côté provisoire qui a toujours tendance à renforcer mon envie de continuité. Par lassitude ou paresse, j'ai fait avec et j'y ai pris goût. Pour remercier mon pote qui dort avec son bras pendant hors du lit, j'ai décidé de le réveiller dés potron-minet par moultes léchouilles affectueuses. Elan de tendresse et de fidélité bien peu apprécié, il parait que je refoule du goulôt, de quoi couper l'appétit du petit déjeuner, qu'à cela ne tienne j'peux l'en débarrasser ! Dés la première baisse de température, mon pote m'a renvoyé dormir tout seul comme un grand... J'ai pas apprécié non plus. Je suis pour le provisoire qui dure. Début de soirée, une fois le ventre plein, mon pote et moi sommes habituellement dans notre fauteuil respectif devant la télé. J'attends mes trois croquettes pour m'enrouler sur moi-même et que le marchand de sable passe par chez moi. Puisque mon écran ne déploie plus que des ondes négatives, je me refuse à faire du présentiel. J'ai, ce même jour, décidé de ne plus polluer ma caboche, avec des parasites. Sur ma demande, mon pote m'a posé à terre, je n'ai pas autorité à le faire seul because mon dos. Ça l'a fait râler d'être dérangé, chacun son tour ! Je bois un coup en cuisine et aussitôt, je démarre mon travail de sape... des allées et venues du fauteuil à la chambre. Je suis le spécialiste du harcèlement quand je veux quelque chose. Il m'a fait la grosse voix, trop fatigué pour comprendre, alors j'ai changé de cible : la vieille ! Mais son pouvoir d'inertie est diabolique, elle a un allié tout puissant qui la maintient sous sa coupe, son ordinateur avec GRAND écran. En désespoir de cause, j'ai fait le mort devant la porte fermée de leur chambre. Ils se sont foutus de moi, chuchotant derrière mon dos, vaines tentatives pour me déstabiliser... et nous avons passé une excellente nuit. Depuis mon lit est prêt tous les soirs, je passe prendre mes croquettes sur mon fauteuil, bois un coup, mais fini les salamalecs "bonne nuit, caresses, léchouilles". J'me casse direct, pousse la porte de NOTRE chambre et à 20 heures, l'heure où les écrans se mettent en mode démerdentiel, je démarre ma nuit...en distanciel, non mais, sans blague !

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Aprés notre visite éclair chez Dame Nature et quand on voit la tronche de "l'automne" il était indispensable de finir en beauté. Nous avons opté pour une visite, longtemps espérée, à la patisserie Müller de Durbach. Cerise sur le gâteau, outre le fait que c'est la seule chose à laquelle j'ai eu droit, perchée au sommet de cette délicieuse gourmandise chocolatée... nous avons dû passer chez le véto. On m'a administré mon rappel vaccin, le classique check up et renouvellement d'ordonnance. J'ai aussi subi, l'humiliante et douloureuse vidange de mes glandes postérieures. Puis mes vieux ont évoqué avec lui mes nombreux et étranges travers ?! Il a dit que ma surdité me fait sentir vulnérable et peut provoquer inquiétude et peur. Y connaît pas Charly !! Il a rajouté à ma collection de médoc, une autre boite : pour gonfler d'air les boyaux de ma tête. Tout à fait entre nous, c'est plutôt les trois qui me gonflent et sérieux. Pour finir, mon véto qui ne manque pas de réflexe, a joint à sa caresse traitresse, une dernière petite phrase calomnieuse assortie de la facture ("On n'est pas à Quimper* ici!) " : "Charly entre doucement dans la sénilité".  A qui peut-on se fier de nos jours ? J'ai de gros doutes sur les compétences de ce monsieur... Sur le chemin du retour, en proie à la morosité, j'ai tendu l'oreille. Hé oui, parce que la conversation était digne de mon intérêt. Mon pote nous annonce un froid polaire pour les jours à venir. Ausitôt je me suis vu à la préparation des gâteaux de Noêl, tous groupir, cosy prés du radiateur et même que...tant pis, je vous le dis quand même, ça va peut-être vous fâcher, mais cette idée  m'a réjouit : "et si on se confinait jusqu'à la nouvelle année ?!" Ça nous ferait des belles vacances d'hiver. Je ne sais pas pour vous mais moi, j'ai un moyen infaillible pour éviter la sénilité, il suffit d'être heureux, de remuer la queue, ça vous oxygène jusqu'au cerveau ! C'est aussi simple que ça...

 "TACTIC : Ensemble de moyens et ruses mis en oeuvre pour remonter le temps !"

* Effectivement ! de source sûre, les tarifs vétérinaires sont bien moins onéreux à Qimper qu'ici !


06 septembre 2020

"On a jamais autant besoin de vacances que lorsqu'on en revient"

 

"Si tout le monde appuyait fermement du pied droit sur le sol pour freiner, le temps passerait moins vite"

Voilà un petit échauffement en attendant notre prochaine balade. Cette journée bien que caniculaire, m'a donné satisfaction. Je ne sais pas toujours pourquoi je marche mais parfois, il m'arrive d'avoir une réponse acceptable à cette question. Cette fois-ci, nous sommes partis à la recherche de miel pour agrandir notre stock à ramener chez nous, en attendant les prochaines vacances. Il faut dire que la vieille et moi sommes en concurrence et pour satisfaire notre addiction, il nous faut au moins un kilo de miel par mois ! J'ai donc mis tout mon coeur à l'ouvrage et nous avons finalement frappé à la bonne porte, même que je n'aurais pas été contre l'achat d'un peu de fromage et viande fumée, mais on ne peut pas tout avoir....

 

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LE STOCK DE CHARLY ET SA VIEILLE

 

"Il ne faut pas pleurer pour ce qui n'est plus mais être heureux pour ce qui a été"

21 août 2020

"Ne demande jamais ton chemin à celui qui le connaît, tu risquerais de ne pas t'égarer. "


 

"Il y a des jours avec et des jours sans. Et les jours sans il faut faire avec"

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Coincé entre les valises, sacs à dos et autres broutilles, me v’là somnolant sur le siège arrière pendant que mes deux vieux se relaient sur l’autoroute de mes vacances, enfin libre de toutes entraves. La France m’autorise à fuir, l'Allemagne me laisse passer le 15 et l’Autriche m’accueille le 16... Un souci de réglé en cache un autre. Le bien-vivre ensemble est, en soit, une belle aventure à laquelle je participe pour ma part depuis 13 ans déjà avec mes "deux en un" ! Mais il y a régulièrement, dans les rouages parfaitement huilés de notre équipage, un petit hic qui nous fait grincer des dents. Pendant les vacances, mes compagnons de voyage n’ont pas forcément les mêmes envies et les mêmes objectifs et sont alors obligés de marchander et parlementer. J’autorise ce type de débat parce que ça me berce et comme ça, si je ne les ai plus à l’oeil, je sais qu’ils sont toujours à mes côtés. Mais, je veille au grain et grogne au moindre ton au-dessus du décibel autorisé...par moi. Le connardvirus ayant réduit considérablement la durée de notre séjour au Tirol, nous sommes chacun, tenaillés par l’égoïste besoin d’assouvir nos envies avant celles des deux autres. Pour ma part et très modestement, je ne veux rien, stratégiquement tout s'offre donc à moi ! La vigilance reste de mise : “tout” ne doit pas être n’importe quoi... simplement le meilleur. Mes têtes de pioche, profitent souvent du trajet pour poser des jalons. Mon pote toujours pondéré, suggère fortement un temps d’adaptation à l’altitude et un échauffement tout en douceur, puisque nous sortons d’une léthargie ankylosante de 3 bons mois ! “Pas faux” lâche la vieille qui entend raison. Alors là, ça m’en bouche un coin ! Aussitôt je glisse ma bouille entre leurs deux sièges pour renifler leurs humeurs, mais les bougres se sont entendus pour le silence. Tout va se jouer sur le terrain, en attendant, moi aussi je fais le mort. Roulé en boule dans mon réduit, bercé par le tempo de mon coeur, je m'évade...

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Deux jours plus tard, toujours en palier à 800 mètres d’altitude, nous sommes enfin montés d’un cran. Au sortir de la vouâture, je n’ai pas reconnu les extérieurs. Un lac tout proche, du clair-obscur et pas un rayon de soleil qui darde sur ma couenne, voilà de quoi me rassurer. La patronne nous fait l'article : un chemin peinard, pas de cailloux ni de racines qui traînent et une montée en douceur pour atteindre au maximum 1100 mètres d’altitude. Garé au parking de Lippenalm, puis direction les alpages de Gwirchtalm, Scharzenbachtalm, Raineralm et retour via le restaurant nommé comme le parking, bref une jolie boucle de trois heures et demie de marche, une paille ! Évidemment ça ne vous parle pas plus qu’à moi, mais sur les panneaux jaunes de signalisation, j’ai bien reconnu le dessin d’un couteau et d’une fourchette à côté de tous ces gribouillis et je n’en demande pas plus ! Je piétine d'impatience, la vieille dans sa grande bonté d'âme, nous laisse le choix : à droite ou à gauche ? On s'en fout c'est une boucle ! A ce moment là, une ombre se pose sur le paysage, comme un moment d'égarement et aussitôt je songe à notre rituel. Au moins une fois par an, pendant notre séjour au Tirol, on se perd. Le plus souvent, ce regrettable incident a lieu lorsqu’on évoque une balade cool, reposante et celle-ci, je ne sais pourquoi, me semble convenir à la situation...

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Prudent, je préfère étudier la question du haut de mes appartements. Ça fait déjà un bon moment que nous sommes pris en chasse par le brouillard et je ne voudrais pas y passer toute la journée. Ma coquetterie dans l'oeil, ne m'empêche pas de voir les vaches en balade, le plus souvent en binôme. Compte tenu de ma haute position, je fais le guet alentour. J'entrevois soudain d'étranges silhouettes bicéphales trouant la brume. Je donne de grands coups dans le dos de la vieille pour l’avertir du danger. Je sais bien qu’il n’y a pas le feu au lac, mais il faudrait quand même se bouger le c.. ! Ça ne sert à rien, je bosse et tout le monde s'en fout. Je prends congé de la vieille et regagne la terre ferme qui ne l’est pas restée longtemps. Notre chemin a été allégrement piétiné et labouré et ne ressemble plus à rien. Les récentes pluies ont fini par flouter son tracé. Ho la vache ! On y a laissé quantité de sms, conversation que je ne goûte guère cette fois, mais qui me colle aux poils des oreilles comme des rumeurs nauséabondes. La vieille ne veut rien entendre et prend un air dégoûté. De temps en temps, à contrecoeur, elle me chope dans la foulée pour me faire franchir les passages les plus difficiles. Entre les bouses et la boue, j’ai peine à me frayer un chemin. Pour compliquer la chose, notre parcours devient pentu et de grosses pierres viennent s’y glisser. La vieille ne veut pas lever le pied, pressée d’en finir et surtout vexée que sa nouvelle balade ne se résume qu’à un bourbier malodorant. A ce rythme là on va se retrouver le nez dedans !

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Au bout d'un moment, bataillant entre son bâton indiscipliné et son appareil photo qui se proposait d'immortaliser ce fiasco, elle a commencé à perdre son centre de gravité. Mon pote, prévenant, lui tend son bras qu'elle refuse à plusieurs reprises. Je tente de lui opposer le même refus, quand elle m'impose de façon bien peu cavalière, son aide. Un petit vent perdu au milieu de nulle part, fait demi-tour et nous bouscule. Le temps tremble un instant et s'arrête. Coincé comme un polochon sous son bras droit, je sens notre "édifice" vaciller et v'lan je tombe par terre, c'est la faute à ma mère ! Rassurez vous, je vais bien, je me suis reniflé tout partout, pas une égratignure. Comment ? la vieille ? Attendez j'vais voir ! Elle est encore assise, le souffle un peu coupé, sur la pierre qui a réceptionné son fondement. De suite, compatissant, je me suis pensé, si la vieille ne peut plus marcher on va vivre l'enfer. J'encourage alors mon pote qui la relève et la passe en revue. A part son coude douloureux, elle est opérationnelle, tant mieux ! On a déjà assez à faire avec notre carte, une autre obstinée, qui contredit systématiquement ce que l'on voit. Dés que j'aurais remis ma troupe sur le droit chemin, la défraîchie pourra me reprendre à son bord. Je ne suis pas fan des émotions fortes, il faut dire que je suis entré dans l'âge canonique, mes années de handicap comptant double !! Ce qui me donne autorité pour accompagner mes chargés d'ans, dans l'âge d'or. Ça ne va pas être de tout repos, mes apprentis ne sont pas motivés du tout et vieillissent mal sans mon soutien...

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J'ai couru à gauche et à droite un bon moment, cherchant avec mon pote ce nom de Dieu de chemin. Après un long conciliabule qui nous a mutuellement rassuré, nous avons informé la vieille que nous n'étions pas perdu. Le plus simple étant de reprendre nos efforts, là où l'empotée s'est étalée magistralement, vu que la ressemblance avec ce que nous cherchons est la plus frappante, si j'ose dire ! Et le chemin s'est fait en marchant... 1000 mètres d'altitude, voilà qui est fait ! La Hütte "Schwarzenbachalm" vient à notre rencontre et met à nos pieds, la vallée et le beau lac nommé Walchsee. Étrangement sur notre carte, cette étape gourmande n'avait pas lieu d'être là !? Mes vieux en ont fait un mirage pour mieux l'ignorer et nous avons passé notre chemin. Cette carte ne cherche qu'à nous envoyer paître, elle a intérêt à se méfier, s'il y a une chose avec laquelle je ne plaisante pas, c'est la bouffe. Qu'on se le dise ! Enfin sur une bonne piste, oscillant à nouveau entre la gauche et la droite, un banc s'est offert à nos yeux juste dans un virage et a fait notre bonheur. Il était temps de reprendre des forces, j'ai même trouvé plaisir à ne manger que mes croquettes. On ne s'est pas éternisé car il nous restait à trouver les deux fourchettes et couteaux : le Raineralm et le restaurant Lippenalm pour boucler cette affaire, somme toute sympathique... Car j'avais dés le début, planifié une dégustation : pour le moins, un café crème pour me requinquer et au mieux, une "petite" touche sucrée nécessaire à compenser les efforts fournis depuis trois heures et demie ou presque. La chute de la vieille a mis son appareil photo à mal pour un temps, l'obturateur ne s'ouvre que partiellement, juste assez pour faire mon portrait. Du coup, notre pas s'est fait plus pressant jusqu'à ce qu'un panneau jaune nous conforte à rester sur cette voie. Quelqu'un avait même aimablement rajouté de sa main, un petit mot : "beim eisentor links abbiegen". Ce message vous laisse perplexe, rassurez vous moi aussi ! Mais, soyez sans inquiétude, que peut-il nous arriver ? Nous avons perdu notre chemin, mais l'important c'est qu'on ne se soit pas perdu!

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Un peu plus loin, notre route s'est arrêtee là, pour en croiser une autre. Une porte en fer, noire est grande ouverte pour nous en laisser le passage. À notre gauche, une impasse où le gîte de montagne Raineralm a fait son trou peinard et à droite la suite et fin de notre aventure. Notre carte dément à nouveau ce que nos yeux constatent. Elle persiste à nous faire prendre à gauche vers ce qui finalement ressemble plus à une scierie ou une ferme en plein travaux qu'à un lieu de restauration. Trois bâtisseurs s'y affairent, penchés eux aussi sur une carte. Nous n'avons pas eu le coeur de les déranger pour nous renseigner. A peine cent mètres plus loin un autre choix s'est imposé à nous, tout droit le Stripsenjoch 1807 mètres et à gauche le Walchsee, je vous laisse deviner !! Notre route s'est agrandie, presque trop en entrant dans la forêt. Nous avons marché paisiblement, puis longtemps, longtemps...le long d'un torrent, que notre carte, toujours elle, persistait à placer à notre gauche ! Cette fois s'en est trop, la menteuse a fini au fond du sac à dos. Ensuite la vieille s'est plainte de porter une grosse vache, jusqu'à ce que je réalise que j'étais de trop. Vexé, j'ai regagné la terre ferme grisé par la fraîcheur du torrent... à ma droite. Trente minutes plus tard, on s'est retrouvé dans la campagne, sous une pluie revigorante. C'est alors que nous avons croisé une joggeuse trempée et souriante que nous n'avons pas hésité à interroger, cette fois, pour savoir où se trouvait notre parking ! Elle s'est aimablement mise en stand by ainsi que son compteur, nous a jaugés du regard avec indulgence. Sur un signe amical de la main, elle a repris le départ nous laissant toutes les infos pour parvenir à la vouâture...à une bonne heure d'ici ! Ma dernière chance de dégustation au Lippenalm vient de me passer sous la truffe, car, à l'évidence on s'est perdu et pourquoi ? à cause du rituel !

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J'ai comme l'impression de vous avoir perdu vous aussi... Vous vous dites : cinq heures pour revenir au point de départ, la belle affaire ! C'est bien beau tout ça, mais le ptit mot manuscrit il disait quoi ? J'explique... Nous voyageons vintage, pas de Smartphone, Iphone et tutti quanti et donc pas de google map ni de google traduction. La vieille l'a interrogé sur son PC à notre retour, pour savoir où "s'est t'y que ça a cafouillé". Vous avez du flair mes amis ! Le message "secret" disait tout simplement : "tourner à GAUCHE à la porte de fer". La carte avait raison, mon guide culinaire jaune "fourchettes et couteaux" aussi ! Voici pour plus de clarté (la vieille y tient, c'est pour se dédouaner !) deux photos prises sur le net pour illustrer ce que nous aurions dû voir "à gauche". Il fallait longer la ferme pour y trouver la partie habitable derrière. Ce jour là, elle était invisible à nos yeux, trop de boue, de brouillard, de véhicules avec un chantier en cours...Si on m'avait demandé mon avis (au bon moment, car ça demande réflexion !) nous aurions fait cette balade dans le sens inverse... 

 "La gauche ou la droite c'est ni bon ni mauvais, ce qui compte c'est ce qui marche"...et ceux qui marchent aussi !

 

01 août 2020

"La terre est le probable paradis perdu"

Je rentre me coucher, c'est mon jour de congé ! Je laisse la vieille partager avec vous cet intermède fleuri et printanier qui la tient bien loin de moi...et me repose !

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 "...tenir l'infini dans la paume de la main et l'éternité dans une heure."

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"C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas"

 

12 juillet 2020

"Il est souvent trop tôt pour savoir s'il n'est pas trop tard"

"Quand on est mal parti, il faut essayer de continuer"

Je fais ma petite pause habituelle au retour de vacances paradisiaques mais étrangement fatigante. L'action se passe non loin de Jochberg en prenant le col de montagne pass thurm 1273 mètres d'altitude qui relie Kitzbühel à Mittersill. Il y a une "promenade" méconnue des touristes, vers les chutes d'eau de Sintersbacher. La nature y est sauvage, la forêt dense et mousseuse. Laissez moi vous emmener en balade qui se passe de commentaires et je suis sûr que vous aurez compris pourquoi je reste sans voix !!!

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Sous un abri précaire, le torrent menaçant sans cesse de m'emmener avec lui, j'ai avalé d'une traite mon maigre repas, perturbé par le grondement des flots en chute libre. Enfin de retour à notre point de départ, mais sur le côté gauche du torrent, je découvre à l'ombre et à l'abri des flots rageurs, un banc confortable qui n'attendez que nous. Tout ce trajet à longer le torrent sur sa droite pour déboucher sur un cul de sac orné d'une chute d'eau et finalement revenir sur nos pas, cette fois de l'autre côté du torrent pour varier les plaisirs...Vous avez vu ?! Un banc pour manger, un autre banc pour la sieste et au milieu le torrent...surmonté d'une magnifique passerelle !!!

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 "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué"

 

 

 

 

 

 

14 juin 2020

"Une des conditions du bonheur, c'est d'abord de ne pas être malheureux"

"Heureusement qu'il y a le malentendu, car sans le malentendu on ne s'entendrait jamais"

On file un mauvais coton ! Je devrais déguster mes gourmandises autrichiennes et laper deux ou trois bières qui ont ma préférence, depuis quinze jours déjà. Si les frontières ne s'ouvrent toujours pas, la vieille ne pourra pas suivre sa thérapie annuelle du bonheur et j'aurais alors toutes les "chances" d'être l'objet de son exclusive attention, double peine pour moi... Ce sont toujours les "enfants" qui trinquent !

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Coup de chance inespérée, son toiletteur a rouvert ses portes, une occasion pour la vieille de se débarrasser d'une botte de paille jaunâtre qui étouffait sa boite à neurones au point d'avoir la tête du ravi de la crèche, devant sa page toujours blanche... A son retour nous avons noté une légère lueur de vivacité dans son oeil droit et je pensais qu'enfin, elle se remettrait à l'ouvrage. Je lui ai souhaité la bienvenue au bercail, doublé d'un compliment, ça peut toujours servir ! Évidemment je me suis fait avoir, trop bon, trop c... Elle a voulu me rendre la pareil. Très inspirée, non pas à conter mes aventures, mais à me relooker, la vieille a sorti ciseau, peigne, brosse et trimmer. J'ai numéroté mes abattis pendant qu'elle me couchait sur la table, pas question de m'laisser abattre. Pourvu qu'elle aille vite en besogne parce que je n'ai pas que ça à faire ! Il faut vous dire que mon pote s'est mis aux fourneaux pour nous préparer ses spaghettis bolognaise "bon pour le moral". J'entends en cuisine, la batterie qui crescendo me sollicite pour que j'apporte mon grain de sel. Tous mes sens sont en éveil et ma truffe chatouillée par un ruban aromatique, danse la gigue. Oui mais voilà, il y a la vieille qui fait la sourde oreille et le bruit du ciseau qui trouble mon plaisir. J'ai fait tant et si bien, qu'elle a finalement renoncé à perdre tous ses doigts, remettant son projet artistique à plus tard. Cet épisode m'en a rappelé un autre, celui d'une balade dans la Zillertal. J'ai bon espoir que la vieille se remette virtuellement les idées en place une fois rassasiée et nous emmène dans les hauteurs. Je garde toujours une petite place pour le dessert, votre compagnie par exemple !

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Ça y est ! On the road again. Quelques kilomètres en voiture sur une route sinueuse et enfin l'immense parking du Hochfügen presque désert, qui nous accueille. Les vieux s'équipent pendant que je supervise. Puis on se repère entre les différentes balades proposées par la station. Les cartes de notre GPS sur deux pattes, dont les mises à jour laissent quelquefois à désirer, prennent le relais ! Jour de chance, notre choix est trés vite fait. On monte en douceur, la route est large et nous sommes seuls à en profiter. De forêts en point de vue et de cascades en champs de fleurs blanches et rouges, le silence nous berce. Un petit vent frais nous protège de la chaleur solaire. La vieille tangue et zigzague, elle dort debout ! Un sapin, chargé d'hiver blanc, s'est vautré sur le gîte du Gamsstein qui ne s'est pas encore remis de ses émotions. Les cuisines à l'arrière du bâtiment en ont fait les frais. Une fois de plus on sera bon pour un piquenique. Compte tenu des rations chiches et de peu d'intérêt pour mon palais délicat, je me propose de m'économiser en m'installant dans mes appartements. Même si tout part à vau-l'eau, je prends quand même le temps de me rafraîchir le gosier d'eau tièdasse alors que je rêve d'une petite goutte de radler bien fraîche, voire plus. La vieille, ragaillardie par mon soutien, reprend la route. Bien sûr, c'est encore sur moi que ça tombe, elle a décidé, sans mon accord, de me saouler avec sa conversation. Je tends le cou vers mon pote juste derrière nous pour qu'il partage mon fardeau. Il a déjà pris ses distances et se fond dans le paysage. Au moment même où je capte le mot "wiener schnitzel" dans son flot verbal, des effluves à réveiller un mort m'assure d'un bonheur que je n'attendais plus. Comme par hasard, mon pote a comblé le fossé qui nous séparait en deux trois grandes enjambées... Il y a toujours un moment où l'on reconnaît ses amis. J'ai mis de côté cette trahison et nous sommes entrés en conquérant dans l'Alpengasthof Loas sous l'oeil fier et satisfait de notre pipelette qui se régale de nos bouilles extatiques.

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C'est le temple de la vraie wiener schnitzel "géante". Nous l'avons attendu avec impatience en dégustant une bonne bière tous les trois. Sous les yeux admiratifs de nouveaux arrivants, n'ayant pas assez d'estomac pour s'attaquer à ce plat de résistance, on s'est rempli la panse. Les prédictions vont bon train quand à nos capacités à reprendre la route après ce festin, une bonne sieste sera notre seule alternative, bla-bla-bla... Je ne perds pas mon temps à écouter ce que je sais déjà ! Heureux et bien calés nous quittons l'accueillante auberge. C'est l'heure de vérité, on entame un démarrage en côte, j'peux vous dire que ça patine et c'est tant mieux. J'aime quand mes projets sont menés à bien, même si certains excès de zèle me font dresser le poil. Mon "ami" me rafraîchit la couenne dans l'abreuvoir du coin, j'y consens car le sommeil me viendra plus aisément... On freine net au sommet de ce "versant" pour entrevoir deux beaux hamacs qui n'attendaient que nous, avec en prime une vue magnifique pour s'y perdre. Je râle souvent après ma vieille, mais c'est ma façon à moi de lui montrer mon attachement. Je me fais un point d'honneur à ne jamais la critiquer, j'observe et j'explique tout simplement. Ça la maintient "aware" pour qu'elle supporte le poids des ans avec panache. Je crois bien avoir réussi jusqu'ici, peut-être même un peu trop, elle nous enterrera tous deux !! Elle a fait du bon boulot sur ce coup là : courte marche, dénivelé tout en douceur et repas de roi, un café sahne, une sieste et retour au bercail vite fait. Tout ce que j'aime !! Pendant que je la regarde avec les yeux de l'amour du haut de mon hamac à les attendre, vlà t-y pas qu'elle gâche tout. Il est question maintenant de perdre ce que nous avons si agréablement gagné en crapahutant encore plus loin et plus haut. La route est longue jusqu'au téléphérique, petit détail qui a son importance : tâchons d'arriver, au pire, pour la dernière descente. Là, le bus qui fait relais nous ramènera au parking...La vache, elle nous a bien eu !!!

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J'veux pas polémiquer, mais quelquefois je crois que la relation qui nous unit est basée sur un énorme malentendu. A peine sevré, après nous avoir appris 2 ou 3 trucs de survie indispensables pour avancer dans la vie, ma mère m'a expliqué qu'il n'était pas question de jouer les "tanguy". J'étais peinard avec mes frères et soeurs, jusqu'à ce qu'ils partent les uns après les autres. Étant le petit dernier, j'ai, l'espace d'un instant, rêvé de me la couler douce avec ma môman. Dehors ! qu'elle m'a dit. Je n'ai pas eu beaucoup de choix, pressé par...le temps et forcément mon choix s'est porté sur les premiers deux pattes qui ont pointé leur bouille enfarinée. Nous sommes des auxiliaires de vie pour deux pattes, c'est notre boulot et pis c'est tout ! Alors faudrait pas que la vieille oublie que je les ai adoptés et qu'ils me doivent beaucoup y compris le respect et l'obéissance. J'ai tiré les mauvais numéros et j'ai fort à faire pour les remettre dans le droit chemin. Tout ça c'est parce qu'y z'ont pas eu d'mère pour leur "espliquer" la règle du jeu et... Tiens qu'est que je disais ! : "Charly t'es casse-c......., ne traîne pas" Se moquer de mes absentes, un souvenir cuisant qui me reste en travers du gosier, c'est facile, forcèment les absentes ont toujours tort. Puisque que c'est comme ça, je les abandonne. J'suis confiant, je connais mon monde, ce chemin casse-pattes qui nous fait la digestion difficile, n'est pas du goût de mon ami et il viendra bientôt me tendre la main de la réconciliation. En attendant mes retardataires, faisons une pause, devant la Hütte Gartalm, que je vous conte l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours. Bruno l'italien voulait voir du pays et s'est aventuré en Bavière en 2006. Ça faisait au moins 170 ans qu'on n'en avait point vu là-bas. C'était un gros mangeur (et oui, j'suis pas le seul !) Il a passé du Tirol à la Bavière en alternance, au gré de ses repas plantureux, 20 moutons et quelques volailles... Après deux semaines de battues en vue de l'attraper vivant, les bavarois ont abattu bruno qui rodait trop prés des habitations. Voilà pourquoi en hommage à ce plantigrade, je propose qu'on fasse une pause café digne de son appétit légendaire. Tiens voilà mes vieux, y z'ont l'air K.O ! Ça m'fait penser qu'à ce rythme là, j'vais bientôt me retrouver chômedu et je ne suis pas sûr de renouveler l'expérience de l'adoption. Mon prochain job, ce sera retraité, j'aime bien l'idée...

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Pas moyen de raconter mon histoire tranquille dans cette maison ! Maintenant que je suis sourdingue, tout ce que j'entends n'est que brouhaha, celui du dehors et du dedans ! Les portes et fenêtres sont ouvertes à tous vents et j'ai horreur des courants d'air. Je vous laisse un instant sur les bancs alentours, pour prendre quelques repos et ensuite nous prendrons le téléphérique. Je suis à vous dans une minute, le temps de jeter un oeil sur mes vieux et voir ce qu'ils mijotent. Où qui sont mes deux ? Je pousse les portes d'un coup de museau, salle de bain : personne ! Cuisine : personne ! la chambre : deux valises et mes fripés pris en flagrant délit, sur le point de faire une fugue. Nom d'un chien ! De suite, j'étouffe cette rébellion dans l'oeuf et m'installe carrément dans la valise ouverte. Je les toise avec assurance et exige des explications. "T'inquiètes Titi, tu fais partie du voyage, les frontières sont rouvertes, le Tirol nous attend. " Il était temps ! Je me dis que 13 années de bons et loyaux services, ont quand même réussi à rendre mes deux chargés d'ans un peu autonomes et je me satisfais du résultat. Je vais leur lâcher un peu la bride et ça me fera des vacances bien méritées. Je vous abandonne pour la bonne cause, de nouvelles aventures se profilent à l'horizon, dont je vous conterais bientôt les tenants et aboutissants...

 

 

« Vous n'y allez pas par quatre chemins, vous!  Jamais ! Un seul, c'est plus court. »