CHARLY dit "ZIGOUIOUI"

28 juillet 2018

"Je me demande si j'ai assez d'énergie pour être patient !"

 

"Ce qu'il y a de meilleur dans l'homme, c'est son chien."

Je viens de faire une incroyable découverte ; on se fait vieux ! Pour preuve : on se la coulait douce à la maison, épuisés par la chaleur, quand soudain à la faveur d'un orage, nous avons brutalement refait surface, déconcertés, en constatant la fuite du temps : dans trois jours, nous prenons la route...La livebox a rendu l'âme, nous sommes coupés du monde, impossible de vous dire au revoir ! Tant bien que mal, valise bouclée, on m'a casé à l'arrière du siège conducteur où j'ai eu la désagréable surprise de constater que la vieille allait conduire, ça m'a rendu malade !! Aussitôt arrivé à la Pension Noëlla, j'ai reconnu "ma résidence secondaire" et la transition s'est faite en douceur. J'étais enfin chez moi...ou presque ! Contempler toutes mes petites affaires bien installées dans la chambre m'a mis en joie. Sitôt mangé, j'ai expédié vitesse grand V ma sortie hygiénique pour me précipiter vers mon panier. Trois ptits tours sur moi-même et puis s'en va au pays des songes. La nuit fut fraîche et douce, propice à la rêverie. Je m'imaginais passer de longues heures prés de mon copain Sammy, jetant un oeil dans la cuisine de temps en temps tout en profitant de caresses et compliments des hôtes de ce havre de paix. Mais, c'était sans compter la sangsue à laquelle j'essaie désespérément d'échapper et qui se réjouit de partager ses extravagances avec moi ! Ce matin, J+1, je me tiens sur mes gardes, tout peut arriver, mais le pire n'est pas certain....

P1470561P1470629

 

P1470580

P1470577

P1470697Phabiller

En sortant du téléphérique, de blanches volutes sont venues encercler trois pauvres fous, seuls voyageurs débarquant pour s'émerveiller des lieux. Le paysage s'est chichement dévoilé au fur et à mesure de notre progression. Sur un panneau, en lettre verte fluo, le chiffre 4° fait un clin d'oeil plus qu'appuyé à la vieille, ce qui ne l'a malheureusement pas empêché de commenter le temps qu'il fait. Mon pote et moi avons stoïquement subi son bla bla inutile, sauf à nous les geler, lui plus que moi, soyons honnêtes. Pendant qu'elle en rajoute une couche, j'ai traîné mon pote au bout de ma laisse pour éviter qu'il ne se perde dans le brouillard. Nous avons fait une halte sur une plateforme suspendue au-dessus du vide. J'ai scruté ce plancher, transparent par endroits et troué à d'autres. Je n'y ai découvert que des nuages qui faisaient mumuse sous mes pattes. Le vent s'est engouffré à travers les grilles pour me siffler aux oreilles et me glacer le ventre, j'ai aussitôt pressé le pas pour d'autres horizons. Peine perdue, je suis alourdi par la brume qui se prélasse sur mon dos. Sans cesse elle me taquine, me voilant les yeux : un coup j'te vois, un coup j'te vois plus. En entamant un virage en épingle à cheveux, j'ai deviné une brèche dans cette purée de pois et soudain, j'ai vu... Je veux bien sympathiser avec les vaches, mais une aussi grosse pas question ! Bien qu'en y réfléchissant, j'ai aussitôt envisagé que sa production de lait et de crème serait proportionnelle à sa taille, pas bête le teckel nain ! N'écoutant que mon courage, je me suis faufilé sous son ventre pour constater son inutilité dans ma chaîne alimentaire. Mon pote et moi l'avons abandonné au brouillard, qui l'a englouti. Soudain, dans un coin de ma tête, ça m'a fait tilt ! Il me semble que j'ai mal évalué le bestiau, avec une dentition pareille, il doit bouffer à tous les râteliers. Ma vieille toujours à la traîne, pourrait bien lui servir d'ordinaire. Comme pour confirmer mes soupçons, son hurlement glacé retentit... Ils ont fait connaissance !!

P1470587dino

P1470597P1470581

P1470575

P1470621

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je me voyais déjà orphelin de mère, sans encore percevoir si c'était un mal pour un bien. J'ai été frustré de ce débat intérieur fort intéressant. Bien vivante, gesticulant au loin, elle nous a rejoint à fond de train pour nous conter son aventure, dont on se fout puisqu'on en connaît la fin ! De montées en descentes, la plupart du temps n'y voyant goutte, nous avons cherché notre chemin dans cette contrée peuplée de créatures peu sympathiques. Puis on a découvert une terrain, propice à quelques exercices, comme s'il en était besoin ! De suite je me suis planqué derrière mon pote, je ne tenais pas à faire la vedette, jouant l'équilibriste pour le plaisir de mon paparazzi. Seul, mais peinard, j'ai assisté à l'amusant spectacle de deux vieux retombant en enfance, suspendus à leur tyrolienne. C'est alors que mon pote a poussé un cri de douleur en touchant terre, son genou est venu lui rappeler le poids des ans...La fête est finie. Encore que, "un mal pour un bien" prend ici tout son sens : mes vacances farniente comme je les aime, vont enfin commencer. Certes je compatis et malgré la pluie qui vient faire déborder le vase, je ne vous cache pas, que personnellement, mon moral est au beau fixe.

P1470641P1470667

 

P1470666Capture du 2018-07-21 21-56-56

 

P1480484P1480426

Mais ce n'est pas parce que la tournure des évènements est à mon avantage, qu'il faut que je baisse ma garde. Je ne vais pas passer le reste de ma journée à humer le vent, les bonnes nouvelles ça creuse ! J'ai pris la tête de ma troupe et la chance me souriant une fois de plus, j'ai découvert une jolie chapelle un peu de guingois, qui m'a donné la direction à suivre pour trouver un abri. Un joli petit chalet nous a offert sa terrasse abritée pour que mon pote s'y repose un peu et l'on a fait d'une pierre deux coups ! Ma tambouille ingurgitée, j'ai pris place sur le banc à côté de ma vieille pour lui tenir compagnie... C'est alors que nous avons été encerclé, puis harcelé par de sinistres charognards. Il parait que lorsqu'ils ouvrent leur bec, ils ne répandent que pestilence ! Un, deux... puis quatre ou cinq, resserrent l'étau, effrontément, l'oeil noir. N'écoutant que mon devoir, j'ai pris place sur les genoux de ma mère, lui faisant un rempart de mon corps, pour la protéger, ainsi que son repas, au péril de ma vie. Les chocards ont tenu le siège pour voler notre ration de survie, mais ils ont dû rabattre leur caquet. Optant pour une autre stratégie, de séduction cette fois ci, ils nous gratifient d'une parade de pattes rouges et de mélodieux sifflements. Ce spectacle, que je trouve de piètre qualité, ne leur a rapporté que quelques miettes, semant la discorde entre eux. Quand à moi, je me suis gavé de ce qu'ils n'ont pas obtenu, juste prix pour ma bravoure.

P1480433P1470693

Un rayon de soleil est venu balayé le perron, donnant ainsi le signal du départ. Quelques nuages récalcitrants se refusent à nous montrer la voie et le doute s'installe à nouveau. Ce pourrait-il que la patronne nous ai égaré dans un monde parallèle à notre Tirol, sans que l'on ne puisse jamais s'en échapper ? Armé de jumelles, mon pote s'essaye à la clairvoyance, perte de temps que j'utilise à profit, en allant de l'avant, ma truffe rivée au sol. Rien ne vaut les méthodes naturelles : je tombe nez à nez sur mes meilleures (vraies) amies, quelques mètres plus loin, nichées en contrebas, là où le soleil donne. Elles sont lascivement vautrées dans l'herbe humide tout en prenant un bain de soleil. Tout autour d'elles, en équilibre sur les fleurs, des insectes sèchent et réchauffent leurs ailes. Ils sont sur le départ et ne vont pas tarder à tanner le cuir de mes belles brunettes. D'un coup de tête, faisant tinter sa cloche, la meneuse me montre la marche à suivre. Je bats le rappel immédiatement et adieu Jurassic Park !!

 

P1480435P1470318

P1480428

La montée est un peu rude sur ce flanc de montagne heureusement encore ombragé. Un virage nous fait passer de l'autre côté, la lumière rasante nous salue chaudement puis se fracasse et incendie les parois rocheuses qui nous surplombent et rougeoient. Les nuages ont tiré leur révérence, déroulant sous nos pieds le magnifique paysage tant attendu. Le doute n'est plus permis, j'ai retrouvé mon paradis. La vieille vient troubler notre silence extatique et se propose de faire le guide. On n'est pas dupe, depuis le temps qu'on la pratique ! Elle a toujours quelques idées, dont une fixe, derrière la tête. L'échange promet d'être intéressant, mon pote a intérêt à ne pas baisser sa garde, car ma maîtresse est maligne. Tant qu'à faire, asseyons nous. "Tu vois là-bas,le seul coin qui reste encore un peu sous les nuages ?". dit-elle. Je retiens mon souffle. Mon maître fait mine de rien et reste silencieux pour ne pas ajouter d'eau à son moulin...à paroles. Elle s'en fout ! "C'est notre nouvelle et jolie balade comme on aime, prévue pour ces jours-ci, il y a une hütte où on mange un Tiroler Gröstl délicieux... Zut, j'ai oublié ton genou blessé, c'est dommage ! Ce sera peut-être pour l'année prochaine..." Attention, ne cédons pas à la tentation, on joue mes vacances de rêve sur ce coup là, il faut la jouer fine. Mon pote sourit, c'est bon signe ! Il lui demande: " Les marcheurs Autrichiens, ils la font en combien de temps, cette balade ?".  Yes, c'est plié !!!. Au moment même où elle a répondu "4 heures", elle a compris que la partie était perdue ! Soyons clairs, 3 vieux qui vivent à l'année à 140m au-dessus du niveau de la mer, feront "la promenade" en 6 heures. Et encore, si on ne se perd pas !!

P1470317

P1480453

 

P1480513

 

 

 

 

 

P1480495

On reprend la route. Après quelques instants de silence, elle s'adresse à moi, sachant que je n'ai pas droit à la parole. "Qu'est ce qu'il en dit le titi, sa maman va profiter du panorama, au sommet prés des croix (1869m) c'est tout prés, ce serait dommage de passer à côté. Tu vas rester avec ton papa et te baigner dans le lac juste à côté". Et pis quoi encore ! Elle ne lâche jamais le morceau, un vrai pitbull. Sa passion pour les hauteurs et son vertige ne sont pas toujours compatibles. Pensant qu'elle renoncerait à faire la grimpette pour cause de poids excédentaire, mon pote lui dit :"Je t'attends sur un banc prés du lac emmène donc Charly avec toi, il sera content". Et pis quoi encore !! Mais rien n'y a fait : "viens mon titi, monte dans tes appartements". Comme d'habitude, qui c'est qui s'y colle, toujours le même qui est de corvée, j'ai une vie de chien ! En nous disant "à plus tard" mon maître, ce traître, lui a juste rappelé qu'elle avait charge d'âme. Ça ne l'a pas empêché de me livrer à la vieille, pour quelle me mette sur la croix. Adieu, monde cruel !

P1480490

 

P1480501P1480503

P1470731

"Ça valait la peine, hein Titi ?". Ché pas, je tanguais sur ton dos, ça m'a donné mal au coeur. Cette sortie m'a épuisé, à moins que ce ne soit mes vieux... Vivement demain, que mes vraies vacances commencent...

"j'ai passé une excellente journée...mais ce n'était pas celle-ci."

 


01 juillet 2018

"pour moi, la réussite, c'est d'arriver où on veut !"

 

La vue, le toucher, l'ouïe, l'odorat, le goût... Ne font qu'un seul et unique sens... Le plaisir !

P1400979P1400985

P1400989P1400993

P1410003P1400990

Ça y est ! Nous y voilà, après avoir terminé mon inventaire, je peux vous certifier que tout est là, à sa place, inchangé...Les plus hauts sommets toujours vêtus de blanc, des montagnes chapeautées d'un camaïeu de vert, des sapins-fantassins qui longent mes sentiers et votre serviteur qui s'en va conquérir son paradis...

P1410731P1410016

P1410005

P1410018

Un écureuil joue à cache-cache, mes copines affables portent toujours avec la même élégance, leur robe à fleur, chassez le naturel il revient au galop ! Les voilà déjà, un peu peau de vache... sur les bords de mon chemin, montant la garde tout en me saluant amicalement du joli son des clarines...

 

P1410042P1410043

P1410056

P1410084P1410062

P1410068P1410071

Rassurez vous, nous pourrons aussi, si besoin est, faire trempette et se rafraîchir les idées...elles m'arrivent en vrac, pleines de bon sens ! Il se pourrait que, comme mon pote, je prenne de bonnes résolutions. Me nourrir sainement, du gras et du sel pour mon cerveau, un peu de bière pour mes abdominaux et bien sûr de la crème et du fromage pour mes vieux os...

P1410088P1410092

P1410104P1400981

P1410189P1410192

P1410197P1410199

P1410200P1410220GrandeP1410219

P1410788

P1420587

P1420344

Le tableau est idyllique vous en conviendrez avec moi, je ne peux que m'en réjouir ! Toutefois, je me coltine en ce moment un parasite sur le dos, pas une tique ni une puce, c'est beaucoup plus envahissant : c'est ma vieille !!

charly

 "Chaque fois que ma peau pourrait se plisser, je mange un peu plus pour qu'elle se tende."

 

 

Moyenne

 

 

Enregistrer

31 mai 2018

"Ca ne fait jamais de mal de dire du bien. Mais ça fait parfois tant de bien de dire du mal"

 

"Peut-être qu'à force de retenir le pire, on finit par oublier le meilleur"

P1460613

P1460621

P1460617

P1460422

 

 

 

P1460560

Coucou ! C'est Charly ! Y'a quelqu'un ? Je voudrais avant toutes choses, vous remercier pour votre soutien indéfectible, lors de ma dernière opération. Vos encouragements ont pansé mes plaies, bien mieux que tout autre remède. De leur côté, mes vieux ont pris le relais et m'ont aéré deux ou trois fois, faisant en sorte que je me fatigue le moins possible. Avec l'âge, je suis obligé de le dire, ça cafouille un peu question organisation. Il règne une certaine confusion sous leurs casquettes et ça ne s'arrange pas quand le soleil chauffe dessus. Ils ont tendance à tout confondre, moi pas : 18° je sors, 27° je reste chez moi. Mon pote m'a consciencieusement emballé avec des bandages, j'ai cru un court moment que j'allais être momifié. Attifé comme ça,je ne suis plus "sortable", mais question confort, c'est mieux que le "cone de la honte*" comme dit Ann, my friend from Albuquerque. Mes vieux ont choisi notre camp de base au plus proche du parking avec une vue panoramique sur Durbach. Ma serviette magique a trouvé sa place, posée bien au milieu d'un banc. Mon pote a agrémenté celui-ci de deux parapluies ouverts pour lui faire de l'ombre et voilà enfin trois ptits vieux installés. Mais, quand la vieille a sorti du sac un sudoku en lui prêtant une attention quasi hypnotique, j'ai pas compris ! J'ai voulu prendre mon pote à témoin, mais lui aussi m'a fait faux bond, en pleine délectation des piquantes citations de Frédéric Dard... De mon côté, centriste par nécessité et non par facilité, je vacille de droite à gauche et inversement, pour obtenir gain de cause, peu de choses en vérité, juste du pain ! Refusant de me coucher car je ne sieste qu'après avoir mangé, j'ai tenté d'avoir mes vieux à l'usure à force de soupirs plaintifs. En désespoir de cause, je me suis alors assis sur le sudoku et on m'a remis gentillement à ma place. J'ai passé un cran au dessus, en ponctuant le silence de grognements, dans un ordre très précis et sans discontinuer, un peu comme un S.O.S : d'abord trois petits, puis trois plus longs et à nouveau trois petits, dans la plus totale indifférence! Après un temps qui m'a semblé interminable, le carillon de l'hôtel Rebstock s'est mis à babiller joyeusement au loin, nous rappelant l'heure avec délicatesse. Au douzième coup sonné, mon pote a soudain levé les yeux vers moi en disant : "Ha ! Écoute Titi, c'est l'heure de la soupe!" Il y a des jours où je désespère... Après avoir fini les trois gamelles ou presque, j'ai repris du poil de la bête en sirotant quelques lampées de café. Puis l'ombre ayant quitté mon banc pour s'installer au ras du sol, je l'ai suivi en m'installant face à mes vieux. Ça ne vaut pas mes coussins moelleux qui m'attendent à la maison avec la même impatience que j'ai à les rejoindre. Et c'est pour cette raison, que j'ai continué à râler jusqu'à ce que ma litanie m'endorme. Comme de bien entendu, c'est à ce moment là, qu'ils ont décidé de tout remballer pour regagner nos pénates...

P1400635P1400791

Nous sommes face à de grandes incertitudes en ce moment concernant nos vacances. La patronne s'interroge sur nos capacités respectives à mettre un pied devant l'autre, jour après jour, pour découvrir de nouveaux horizons au Tirol. Mon pote, que je soutiens à cent pour cent, pense qu'il est impératif de noter les jours de congé (ruhetag) de nos hûttes préférées... Ce serait rageant de se pointer la gueule enfarinée, le jour de fermeture! D'ailleurs, dit-il en me souriant, vu qu'on est déjà bien préparé... à rien faire, c'est indispensable d'avoir un endroit approprié pour continuer à s'entrainer ! La vieille me jette un regard qui en dit long et déjà je  sens que ce sera pour ma pomme ! C'est tout de même curieux que je sois pris à partie à chaque fois, moi qui ne dit mot ! Cette fois encore je fais office de bouc émissaire, haro sur le pôve Charly : trop lourd, bouffe trop, fainéant, toujours le même refrain, du radotage quoi !! Je tiens tout même à rétablir ma vérité, la seule digne d'intérêt. Si, à aujourd'hui, on n'est pas aux taquets, je n'en porte pas la responsabilité. Quand la froidure a fait son apparition, on n'était pas contre l'idée de partir en balade, mais se geler les fesses pour un pique-nique à nos âges, c'était prendre le risque de ne pas passer l'hiver. Mais, après de longues semaines d'inactivité, on s'est longuement concerté, pour finalement reprendre notre bâton de pèlerin. La vieille usant de faux-fuyant a très vite sabordé notre enthousiasme : "j'ai mal ici et j'ai mal là... gna gna...mon dos.." Toujours à râler, alors que c'est mon privilège, une sorte de compensation puisqu'on ne me donne jamais la parole ! Je la soupçonne de vouloir se débarrasser de moi et ça m'étonnerait pas qu'elle m'offre un séjour en colonie de vacances. En y réfléchissant, tout est réuni pour faire aboutir son plan machiavélique, ma visite chez le véto, juste avant les vacances comme par hasard... Mon opération et ma convalescence qui m'empêche de m'entrainer en sont la touche finale ! Soudain, tout se met en lumière, le complot savamment ourdi contre moi, a débuté, l'année dernière au Tirol, lors d'une balade bien précise que je vais vous narrer en toute impartialité...

P1400645P1400650

P1400647P1400793

P1400656P1400661

P1400787P1400784

Ça faisait déjà deux ans qu'elle voulait voir de plus prés le magnifique paysage du Wildseelodersee à Fieberbrunn. Rien de mieux que d'aller déjeuner sur l'herbe à plus de 1800 mètres, pour avoir le meilleur point de vue, nous n'étions d'ailleurs pas les seuls à avoir la même idée !! Nous avons eu durant tout notre séjour ou à peu prés, un temps merveilleux, chaud et ensoleillé. Mon intolérance aux fortes températures et la santé fragile de mon dos, a mis ma vieille face à ses responsabilités: moi! Pas question de porter à vide mes appartements pendant que je me traîne misérablement sur des chemins de fortune, sous les yeux indignés et compatissants de nombreux randonneurs. Quoique, j'adore être l'objet de toutes les attentions et suis sensible aux faveurs qu'on voudrait m'accorder. (Ça reste entre nous !) Ne croyez pas qu'elle soit notre souffre douleur, c'est une rusée capable de tout. Après avoir pesé les deux sacs pleins, avant notre départ, persuadée qu'elle était de se taper le plus lourd, elle a dû rabattre son caquet : 9kg200 chacun. Elle a choisi son sac la première et ne peut donc se plaindre. D'autant plus qu'elle ne manque jamais de me mettre à la diète quelques semaines avant notre départ. Malgré ses jérémiades et quoiqu'elle dise, elle ne m'a pas sur le dos toute la sainte journée !! Enfin installé dans ma studette, j'ai pu contempler le paysage, malgré un léger roulis. Le personnel n'est plus ce qu'il était, mon porteur n'a pas le pied bien sûr. Mes yeux embarquent sans effort sur les montagnes aux sommets de plus en plus élevés, glissant sur leurs courbes jusqu'aux cimes enneigées qui marquent le confins de mon paradis. La vieille nous interpelle et presque à portée de ses doigts tendus, je devine l'immense croix de Jacob (Jakobkreuz) dressée vers le ciel. Elle surplombe la verte vallée où serpente le pillersee, les vaches y viennent en troupeaux, les pieds à la fraîche, tenir colloque et ruminer sur le bon vieux temps qui n'est plus...

P1400775P1400798

P1400671P1400677

P1400675

P1400689P1400692

P1400696P1400697

 P1400707P1400710

P1400711

Nous avons finalement atteint le sommet et c'est tant mieux !Chargée d'âme (la mienne !) et de son masque "mater dolorosa", la vieille avait réussi à inverser la tendance. De nombreux randonneurs avaient fait montre d'une trop grande attention à son égard pendant notre ascension, elle m'avait volé la vedette !! Comme à mon habitude, j'ai fait preuve d'abnégation en mettant pied à terre quelques minutes avant de franchir la ligne d'arrivée. Je ne suis pas chien, je lui ai laissé la première place. Quand à moi, j'ai pu récupérer mon public, rien qu'en traînant la patte derrière elle !! Devant la jolie chapelle, nous avons contemplé à perte de vue, le travail accompli. Comme toute peine mérite salaire, un fumet de saucisses patates grillées est venu chatouiller ma truffe pour m'en donner confirmation. Là encore, j'ai dû me résoudre à subir les caprices de notre coach, qui soutenait que le meilleur était à venir, il fallait pour cela faire le tour du lac. Pour ma part le meilleur est là, dans cette belle hûtte aux volets rouges et blancs, où un nombre inquiétant de morfales s'agglutinent. On va se faire voler notre ration de survie... A mi-chemin, je me suis retrouvé face à l'objet de mes convoitises. La vieille s'est installée en équilibre sur une pierre pour faire cette photo dont elle rêvait. J'admets que le spectacle vaut le détour, mais en prendre plein les yeux ne vaut pas autant que s'en mettre plein la panse !! Nous sommes restés admiratifs tout en faisant servilement son éloge, lui reconnaissant le talent de nous avoir traîné jusqu'ici. Mon pote a perçu très vite un autre danger, la vieille avec inconstance avait déjà zoomé vers deux autres sommets, situés de chaque côté du lac. Dieu merci, le temps d'hésitation qu'elle a eu pour faire son choix, nous a permis de la rappeler à des nécessités certes plus terre à terre : manger !!

P1400716P1400729P1400728P1400730

P1400731P1400732

Nous avons très rapidement trouvé un emplacement pour un piquenique. Je me suis consolé, en catimini, me promettant de faire une pause sucrée à ma hûtte sur le chemin du retour. Le petit groupe de jeunes autrichiens, arrivé quasi en même temps que nous, s'est jeté à l'eau, sous nos yeux médusés. Les marmottes en goguette, postées sur les éboulis un peu plus haut, ont cessé leurs jeux, pour assister d'un oeil intéressé au spectacle. Las des eaux glacés, ils en sont sortis, s'ébrouant avec force. Le temps d'une bière, de quelques éclats de rire et le soleil les a séché. Ils ont aussitôt revêtu leur culotte de peau et godillot de marche, pour entamer une autre montée en surplomb du lac...Je n'ai pas laissé l'opportunité à mon vieux de me mettre à l'eau, car moi aussi je préfère la bière comme tout Autrechien qui se respecte. J'ai tourné autour de mon pote, avec une exaspération grandissante, je lui reconnais un grand nombre de qualité qui font mon bonheur, mais l'art de la table pour bouffer trois croquettes, j'm'en tape !! Ça prend un temps fou, mon maître est minutieux et organisé tandis que la vieille comme d'hab, n'en fout pas une ramée. Et votre ami Charly ! Qu'est ce qu'il fait ? Hé bien, je soupire en regardant avec envie la Hûtte, ignorée par mes vieux et qui persiste par vagues successives, à m'envoyer des invitations portées par le vent, à la hauteur de mes envies. Pour soutenir l'effort fourni par mon pote, tout en lui suggérant qu'il n'est pas nécessaire d'en faire autant pour passer à table, je me suis installé au beau milieu du tapis de sol, d'où il m'a aussitôt délogé sans ménagement. Infatigable, j'ai mené une guerre de harcèlement, digne d'une mouche bleue dite à viande, au point de brûler plus de calories que je n'en ai consommé ! 

P1400733P1400737

 

P1400738P1400748

P1400745P1400751

P1400758P1400760

Notre repas a été expédié en deux temps, trois mouvements ! Je reste sur ma faim et le peu d'énergie encore en réserve, ne me permet pas d'aller chasser la marmotte, tout au plus, celui de me poster devant mon pote avec mon regard le plus expressif et lui demander aimablement : "on s'tire ou quoi ?" Et bien sûr, c'est toujours celle à qui on ne demande rien qui l'ouvre, si vous voyez ce que je veux dire ! "Charly ! Tu nous tyrannise !" On croit rêver, je ne dis pas que, bien souvent, j'ai rêvé d'usurper sa place, mais je n'ai pas les qualités requises qui sont les siennes : autoritaire, dominatrice, exigeante... Je ne suis qu'un compagnon fidèle, dévoué affectueux et soumis, la preuve, j'ai deux boulets que je traîne avec moi depuis 11 ans déjà. J'hésite encore, mais je songe à me défaire de l'un deux...Lorsque j'ai adopté inconsidérément ces deux olibrius, j'étais jeune frais et dispos. Mais, à l'heure de la retraite, je me fais souvent la réflexion que mon pote et moi avons beaucoup en commun, je vous laisse tirer les conclusions qui s'imposent... Je crois qu'il est de mon devoir de laisser une seconde chance à ma vieille : il est temps de la déposer à la SPA pour qu'un autre de mes congénères nécessiteux l'adopte à son tour...

P1400740 P1400720

P1400772P1400767

P1400667

P1400779

P1400796P1400794

P1400795P1400173

Je crois qu'elle lit dans mes pensées ! La patronne semble contrariée et donne le signal de départ. Au pas de charge, les coudes au corps et droite comme un i, elle passe indifférente devant mon auberge qui embaume. Tandis que suis au supplice lorsque la vanille ouvre le bal et se mêle aux fleurs douces et poudrées de nectar. Ce délicieux mélange olfactif, se pare, dans un final puissant, de l'abricot chaud et d'un soupçon de cannelle. C'est le parfum que les hüttes portent pour embellir les après-midi du randonneur. J'en ressens encore sur le chemin du retour, la subtile note crémeuse qui me sert d'amuse-gueule et va se perdre hors des sentiers battus. Malgré ma déception, il est temps de rejoindre ma vieille et faire amende honorable, on ne sait jamais ! A force de lui tourner autour, au risque il est vrai de la faire tomber, je me suis fait rabrouer. Je venais humblement faire allégeance espérant par là-même, un revirement de sa part, peu de choses en vérité : qu'elle me prenne à son bord ou m'offre des sucreries. Peine perdue, la vieille a fait fi de mes efforts, je vous livre en vrac, ses propos grossiers : trop lourd, fainéant...Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle a de la conversation ! Vous êtes témoin, j'ai fait mon possible, mais je crois que l'heure de la séparation est venue. J'ai marché bien longtemps avec un pincement au coeur. Le seul ami fidèle qui me reste est venu me rejoindre, à l'ombre d'un banc. Nous sommes restés ensemble à contempler les meuglantes toutes proches qui cherchaient à se fondre dans le paysage. Les nuages au loin s'amoncellaient, la patronne avait disparu au détour du virage tout proche, mes oreilles se sont mises en mode radar. Mon pote a fait baisser ma vigilance d'un cran, avec quelques caresses et m'a révélé un secret : "Il faut s'y faire Titi, ta maîtresse est attachiante, c'est pour ça qu'on la garde !" Cette mise en lumière n'était pas loin de me faire changer d'avis, plus encore quand le ciel m'a foudroyé d'un éclair de lucidité : j'avais besoin de ma vieille ! Quand le premier coup de tonnerre a résonné, ricochant et s'amplifiant sur les sommets environnants, la panique m'a fait tourner la tête. Ma vieille mère s'était subrepticement glissée derrière le banc après avoir contourné la colline et je n'ai eu qu'à me blottir dans ses bras, généreusement offerts. Me couvrant de baisers, elle murmura : "n'aie pas peur mon ptit zigouioui...

P1400802

"Je n'admets pas que l'on contrarie mes projets, surtout quand j'ai la certitude de ne jamais les mettre à exécution"

 

*cone of shame : entonnoir en plastique, qui entoure la tête de nos chiens, pour éviter qu'ils ne se martyrisent, aprés avoir subi une opération, par exemple.

 

Enregistrer

02 mai 2018

"Né très jeune, j'entends mourir très vieux"

 

" L’optimiste ne refuse jamais de voir le côté négatif des choses ; il refuse simplement de s'y attarder ."

Hier encore, je donnais la cadence à mes vieux comme au vent frais qui voulait me soumettre et me faire frissonner. Depuis quelques jours, je me sens poisseux, engourdi par un souffle chaud qui me fatigue la respiration. Alors que je tente de récupérer un manque de sommeil ou à défaut, d'engranger quelques réserves au cas où, je suis sans arrêt interrompu sans aucun égard. Les portes et fenêtres de mon chez moi sont ouvertes à longueur de journée. La lumière presque aveuglante, alliée inattendue, m'oblige à garder mes paupières closes. Mais le répit est de courte durée, car dehors le monde s'éveille du grand sommeil hivernal que mon pote et moi aimons tant. Ça jacasse de toutes parts, les merles veulent clouer le bec aux corbeaux, ce qui n'est pas une mince affaire. Mes nombreux collègues ont pris l'air sur leur balcon respectif et se haranguent, tout en faisant la police, surveillant le parking qui nous est commun. Les deux pattes sortis de léthargie, donnent de la voix, parlent du temps passé et à venir, tant et si bien qu'ils me font suer... Je rouspète et râle, changeant de panier et de pièce sans trouver mon bonheur. À force, j'ai filé le tournis à ma vieille qui m'a jeté un oeil scrutateur. Aïe ! Je sens bien que je viens de réveiller le dernier hiberné, le plus dangereux...Charly, mon pauvre gros pépère, t'as chaud ? Je t'ai laissé en jachère bien trop longtemps, le boulot nous attend, je vais te faire une belle coupe printanière...

seelbach suite (5)saalbach chapelle (2)

saalbach chapelle (9)saalbach chapelle (3)

Je ne collabore pas avec l'ennemi, qu'on se le dise ! Je préfère faire le mort sur la table de travail pendant que mon bourreau officie sur ma carcasse. Mon esprit prend le large et je me remémore une de ces balades annonciatrices des beaux jours. Chaque année c'est pareil, on le sait, le printemps est en chemin, pas de quoi en faire tout un plat. La seule chose dont je lui sais gré, c'est d'alterner le chaud et le froid. La vieille s'en régale avec impatience non sans regretter son passage souvent éphémère. C'est une saison paresseuse, ce qui la pousse à pactiser avec l'été bien trop souvent à mon goût, en lui cédant hâtivement la place. Le pire des scénarios... Pas de danger qu'il nous fasse faux bond celui-là, il me rend la vie indigeste !!

seelbach papillon (2)

dorlinbach pediluve (24)

 

dorlinbach pediluve (19)

 

dorlinbach pediluve (20)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dorlinbach pediluve (22)

seelbach papillon (35)

seelbach papillon (37)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

saalbach chapelle (8)saalbach chapelle (10)

J'ai "revisité" pour vous, ma dernière balade et l'ayant finalement trouvé à mon goût, je me propose de la refaire en votre aimable compagnie. Pendant que mon flanc s'offre au trimmer, mon esprit vogue entre rêverie et réalité. Petit à petit le silence reprend du terrain avalant les sons les plus discordants venant de l'extérieur. Il ne reste plus que moi, somnolant, presque heureux d'entendre le merle moqueur pendant que la vieille abat sa besogne. Cette fois pour inaugurer la nouvelle saison, nous avons changé d'horizon, abandonnant Durbach pour un temps. Ce nouveau territoire m'oblige à toutes les attentions : surveiller les alentours, mémoriser les lieux et surtout trouver un banc. Depuis le temps que vous vous promenez avec moi, je ne vous apprends plus rien ! Faisons quand même un bref résumé des premiers kilomètres : 2 ou 3 panneaux indicateurs qu'aucun d'entre nous ne comprend, une jolie forêt, de beaux tas de bois alignés pour un hiver rigoureux que j'appelle de mes voeux et bien sûr, des bifurcations pour le petit moment de suspense... Ha! j'allais oublier, je rajoute une petite fontaine pour nous rafraîchir les idées, un ou deux abris au choix pour agrémenter mon décor et un chemin de terre qui me mènera, n'en doutons pas, vers un joli coin pour un repas champêtre. Stop! On a oublié le principal : les fleurs et les fredonnants pour la chef, elle s'y attardera volontiers pour les photographier. Autant faire d'une pierre deux coups en plaçant mon banc juste à côté...En voilà une idée qu'elle est bonne ! Voyez vous ça, comme le temps passe vite, c'est déjà l'heure du casse-croûte. Bon! Jusque là, ça se tient...

saalbach chapelle (13)saalbach chapelle (14)

saalbach chapelle (15)saalbach chapelle (17)

C'est quand même incroyable, qu'on soit systématiquement dérangé dés qu'on passe à table ! Un paquet de poils encombrants se vautre sur ma truffe et me fait éternuer, la vieille vient brutalement de me rappeler à la réalité en me retournant comme une crêpe. Elle a intérêt à ne pas me louper. Mon côté pile et face doivent jumeler et ne former qu'un tout harmonieux, une fois cet inutile relookage terminé. Où en étais-je ? Des  crêpes! Comment ça, y'a pas de crêpes, qu'est ce qu'on mange alors ? Des croquettes ! Ben ça alors pour une surprise, c'est une surprise. Les deux pattes sont de plus en plus ancrés dans leur certitude. Nous, les quatre pattes, sommes au contraire dans une soif constante de connaissance pour ne pas rester bête. C'est un boulot à plein temps, un de plus. La preuve : il y a maintenant prés de onze ans que je passe mes soirées, blotti dans mon fauteuil à écouter et engranger les inepties télévisuelles. Ce bruit de fond a un pouvoir soporifique encore inexpliqué sur moi. Il arrive toutefois, qu'au milieu de ce fatras, quelques infos capturent mon attention. J'affectionne particulièrement l'idée que manger riche et varié prolonge notre vie et notre bonne santé. Lorsque que je me redresse pour voir si mes vieux ont bien capté le message, je ne peux que constater leur peu d'envie de s'instruire. Ils dorment la bouche ouverte à croire que ça va leur tomber tout rôti dans le bec !! Me voilà une fois de plus, obligé de leur faire un cours de rattrapage. Je profite de cette balade pour fêter le joli mois de Mai comme il se doit ! C'est la période idéale pour les revendications et je décide de faire un sit-in ! Mais les sagouins m'ont laissé gober les mouches pendant qu'ils se gavaient de lard fumé et de fromage, c'est toujours les mêmes qui profitent...

saalbach chapelle (19)saalbach chapelle (20)

 

saalbach chapelle (23)saalbach chapelle (21)

Je me sens de plus en plus allégé, probablement parce que je suis au régime sec. Mais pas que ! Étendu de tout mon long sur ma planche de supplicié, je contemple la vieille brandissant comme un trophée, la laine qu'elle m'a pris sur le dos. Camarades ! On nous spolie, on nous ment ! Non content de me ratiboiser, elle se fout de moi et me remercie pour ma "participation"... Elle cherche à donner à sa perfidie un air de générosité en me couvrant de baisers et de compliments. Je me débats et exige de mettre pied à terre, aussitôt fait, je lui jette un oeil noir qui vaut mieux qu'un long discours et m'en vais rejoindre mon panier. Personne alentour, je tourne trois fois sur moi-même, m'enroule de façon à devenir forteresse, en poussant de nombreux grognements exaspérés et rideau !! A force d'être tout le temps interrompu, je finis par ne plus savoir où j'en suis. Ha vous v'là ! Je vous laisse profiter du banc, le temps pour vous de grignoter, si vous avez de quoi et on se retrouve prés du pont tout à l'heure. En attendant je vais en repérage, c'est souvent pour moi, l'occasion d'améliorer mon ordinaire...

tasfumier (21)

tasfumier (44)

tasfumier (45)

tasfumier (5)

P1460413

P1460417P1460411

Du coin de l'oeil, je contemple deux beaux porcinets, dodus à souhaits, le choix est cornélien... Sachant que je vais devoir livrer bataille, je cherche le bon angle d'attaque : ce doit être décisif et foudroyant. A cet instant précis, il me revient en tête un documentaire qui m'avait fortement contrarié et dans lequel on affirmait, preuve à l'appui, que le cochon est plus intelligent que le chien. Faudrait pas nous faire passer pour des andouilles ! Il y a bien longtemps déjà, que nous avons apprivoisé les hommes et leur avons appris comment vivre, alors que les gorets en étaient encore à se rouler dans la fange et se gaver de glands. Question intelligence on n'a plus rien à prouver !! Malgré tout, allez savoir pourquoi, les deux pattes, s'en sont toqués au point d'en faire un animal de compagnie. Personnellement, j'aurais beaucoup de mal à sympathiser avec mes futures victimes, ça coupe l'appétit...  Puisque mes deux lascars sont en train de siester, j'ai encore le temps de vous raconter cette étude qui n'a de scientifique que le nom... Imaginez une grande pièce nue dans laquelle on fera entrer, chacun son tour, les deux protagonistes : un cochon et un chien. Dans cette pièce, on dispose deux barrières de police en V et pointées vers la porte d'entrée. Dans l'intérieur de cet angle formé par les deux barrières, on dépose une écuelle bien remplie. Pas besoin d'être une lumière pour piger que ce sera la récompense pour service rendu ! Le pourceau entre sans se soucier des deux testeurs, longe la barrière jusqu'à parvenir à la gamelle pour s'empiffrer du contenu, sous les yeux émerveillés des deux "savants".  Même test pour le chien qui fait son entrée. Il visualise la scène, renifle le rata derrière les barreaux, juste pour voir si ça vaut le coup de se fouler. Puis, sagement posé sur son fondement, zieute les deux futés en attendant leurs consignes. Il y a eu exploit... mais lequel ? Le cochon a gagné, pourquoi ? En attendant d'en savoir plus, je me dis qu'il est urgent d'attendre, il vaut mieux connaître son ennemi avant de l'attaquer. Je reste donc sur ma faim...

saalbach chapelle (32)saalbach chapelle (29)

saalbach chapelle (33)saalbach chapelle (36)

saalbach chapelle (27)saalbach chapelle (28)

C'est fortement affaibli mais heureux de vous retrouver, que je franchis le pont sans faiblir grâce à votre présence à mes côtés. Je vous dois quelques explications concernant mon humeur chagrine et m'en vais vous confier une autre raison de mon mécontentement, si, si, j'y tiens ! Il y a une semaine, j'ai rendu visite au vétérinaire, bien malgré moi. Elle m'a piqué et repiqué pour me vacciner, une protection contre Dieu sait quoi, alors qu'on devrait me protéger des coups de vieux ! C'est eux qui m'ont livré à ma tortionnaire. Elle m'a regardé jusqu'au fond des oreilles, et sans ménagement m'a vidé les sacs anaux, ce qui m'a foutu les glandes. J'en ai hurlé de contrariété tout en m'agrippant à la vieille, j'étais quasi sur sa tête pour tenter de m'échapper. Maintenant que je vous ai confié tous mes tourments, je me sens plus léger. Le ciel lui aussi s'est dévoilé lentement, laissant place au roi soleil. La nature m'offre un bouquet final, histoire de me remonter le moral. Sur les hauteurs d'un paisible village, une chapelle carillonne à tout va et assure les campagnards de sa vigilante protection. Un immense tapis de fleurs jaunes embrase la vallée. Je me rapproche d'une table et trois chaises, intelligemment disposés à l'ombre et face au fabuleux spectacle. Sans vouloir pourrir l'ambiance, il manquait quand même à ce charmant décor, une belle dame au tablier de dentelle qui sent bon la vanille, si vous voyez ce que je veux dire ! Je mes suis couché sur l'herbe et au moment où je fermais les yeux, la vieille se fend d'une réflexion acerbe dont elle a le secret : "Charly, tes ronchonnements à tout bout de champ, démoraliseraient un régiment !" Et voilà, on peut jamais être tranquille...

saalbach chapelle (38)saalbach chapelle (39)

saalbach chapelle (41)saalbach chapelle (47)e

saalbach chapelle (51)saalbach chapelle (43)

saalbach chapelle (48)canard chapelle

Je tenais à vous remercier de m'avoir accompagné, malgré mon humeur maussade. Ma vie a aussi comme tout un chacun, ses hauts et ses bas. Et c'est à l'arrière de ma berline où je pestais comme à mon habitude que quelque chose dans la voix de mes vieux, m'a fait tendre l'oreille. Dés que j'entends mon nom, j'interprète au mieux la langue de mes vieux qui n'est pas la mienne ! Je maîtrise une vingtaine de mots pour lesquels ma compréhension est immédiate, pour le reste je fonctionne à l'instinct..."Notre vieux Charly refoule du goulot, c'est de pire en pire" dit la vieille qui a toujours eu la dent dure. "Je crois qu'on a pris la bonne décision, il ne faut pas attendre qu'il soit trop vieux, on ne sait jamais avec l'anesthésie" dit mon pote. Il se tourne vers moi et m'assure que mercredi je vais retrouver ma dentition de bébé !? J'entrave que dalle, mais j'ai l'impression étrange qu'ils mijotent quelque chose... "C'est une bonne idée de lui enlever les boules en même temps..." rajoute la vieille. Là, ça me parle et pour cause : il me reste que le petit chose, mes joyeuses m'ont laissé orphelin depuis belle lurette. J'vois pas ce qu'ils veulent encore m'enlever, ils m'ont déjà tout fait. Au secours ! revenez mes amis, sauvez moi, mes vieux ont tourné fada! L'angoisse me serre le coeur à l'idée de revoir ma tortionnaire, je me sens nauséeux, sur le point de rendre l'âme. En jetant un coup d'oeil à l'extérieur, j'ai vu qu'aucune échappatoire n'était possible, j'étais foutu. Je vis mes derniers instants, adieu monde cruel... Alors que ma fin était toute proche, j'entends presque comme dans un brouillard "Ça lui laissera un ptit mois de convalescence pour se requinquer et être en forme pour le Tirol" Miracle ! Je viens d'obtenir un sursis. Cette inquiétante journée se termine par une autre question, restée elle aussi, sans réponse : je m'demande si on cherche pas à supprimer les vieux dans ce pays ?

saalbach chapelle (66)saalbach chapelle (65)

saalbach chapelle (63)saalbach chapelle (67)

 "Il ne faut pas avoir peur des vagues qui agitent notre âme. C'est ça, la vie."

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

10 avril 2018

«"Moi lorsque je n'ai rien à dire je veux qu'on le sache" »

 

"les jours passent lentement à une allure folle"

 

GARMISCH (2)GARMISCH (4)

 

GARMISCH (5)GARMISCH (6)

Ce jour là, un peu fatigué et quelque peu incertain quand à la météo, nous avons opté pour notre traditionnelle "infidélité" au tirol, en allant déguster les délikatessen chez krönner à Garmisch-Partenkirchen... La bouche et le ventre plein, je suis bien en peine de vous faire la conversation et vous propose une petite balade digestive dans la ville. Je flâne devant les belles maisons aux façades peintes, l'orgue de barbarie au coin de la rue me berce.  Je m'en vais alors en quête d'un banc pour m'y prélasser et c'est dans le beau parc du centre ville que j'ai trouvé mon bonheur. Las, le temps n'est plus à la fête, nous reprenons déjà la route,  mes vieux traînent avec eux, des relents de culpabilité : avoir cédé à la gourmandise !! Le hasard fait bien les choses, parmi tous les panneaux indicateurs, on peut lire le doux nom évocateur d'un lac (see). Cela s'annonce comme une balade facile, sans dénivelé, qui nous absoudra d'un péché, somme toute, véniel ! Je ne suis pas convaincu de la nécessité d'obtenir une absolution, faisons contre mauvaise fortune, bon coeur...

GARMISCH (9)GARMISCH (21)

GARMISCH (14)

GARMISCH (16)

GARMISCH (23)

 

GARMISCH (25)

GARMISCH (24)

GARMISCH (28)

GARMISCH (31)

P1420349P1420351

Je vous laisse découvrir en même temps que moi, ce lac nommé Eibsee (lac des ifs) à 973 mètres d'altitude, au pied du Zugspitze (2962mètres) c'est une des frontières naturelles entre l'Allemagne et l'Autriche.

 

P1420352

P1420363

P1420358

P1420360P1420362

La plage est magnifique, pour moi tout seul encore que... Je me sens épié et le seul visiteur que j'ai finalement aperçu sortant de l'eau, c'est un coin-coin aussi dubitatif que moi. Le soleil n'est pas venu chauffer les petits galets, cédant sa place à madame la pluie ! Sous nos ponchos, nous étions en pleine réflexion sur le fait de poursuivre ou non la balade autour du lac, ignorant le temps que cela nous prendrait d'en faire le tour. Le babillage d'un groupe de japonaises, équipées chacune d'un parapluie et d'un appareil photo nous a fourni les infos qui nous manquaient! Tantôt devant, tantôt derrière leur enthousiasme communicatif, nous avons découvert ensemble, ce lieu qui vaut le détour. Je lui ai toutefois volé la vedette, en posant modestement sous les feux des projecteurs !! Je vous laisse profiter seul de cet interlude, entre deux averses, car je me dois à mon nouveau public...

 

P1420366

P1420371

 

P1420380P1420383

 

P1420411

P1420407

P1420415P1420431

 P1420356

P1420443P1420440

 

P1420446P1420453

P1420455

P1420418

 

"Pour que je travaille, il me faut m'enfermer à double tour dans l'ennui"

 

 


20 mars 2018

"Je me demande si la mort vaut vraiment le coup d'être vécue...."

 

« La véritable indépendance consiste à dépendre de qui l’on veut »

P1360083P1360075

Nom de Zeus ! Où c'est t'y qu'ils sont passés ? J'suis pourtant certain qu'on s'était fixé rendez-vous ici pour cette balade. J'ai le leadership dans le sang comme tout un chacun ! J'aime à booster mes troupes en me mettant en retrait, histoire de les valoriser. Mais j'assure toujours mes arrières, pas question de perdre mon poste. Pour ce faire, j'use d'une stratégie infaillible : lorsque la balade se termine sans soucis, je repasse au premier rang pour récolter caresses et compliments qui me sont dus. Mais si ça chauffe, je reste à couvert, en observateur, pour voir comment ma dream team passe l'épreuve. C'est ça le travail d'équipe... Mais là, je suis bien en peine, je vais quand même pas aller au charbon tout seul !  Parons d'abord au plus pressé. Il y a une tâche importante que je dois accomplir avant que mon lift ne redescende dans la vallée. J'y dépose quelques repères olfactifs pour le retrouver plus facilement. C'est notre porte de sortie, fort utile, lorsqu'on doit céder du terrain. Pour être franc, la raison principale de ce stratagème, c'est que j'ai la vessie pleine. Dans ces cas là, je perds tout mes moyens, ça m'obscurcit l'esprit et je n'y vois goutte. Dans la vie, il y a des priorités, chaque chose en son temps...

P1410951

DroiteP1410959

Je tourne le dos une seconde et c'est la débandade, mes deux scouts ne sont plus là pour m'éclairer de leurs lumières. C'est fâcheux ! Maintenant que je suis livré à moi-même, ce que j'aime par dessus tout, je n'ai pas le temps d'en profiter. Le travail m'attend...J'ai bien souvent et ô combien refusé toutes ses invitations. L'éternel optimiste que je suis, ne désespère pas de trouver plus qualifié que moi pour répondre à ses avances. Pour l'instant, c'est mal parti : vous me faites défaut et mes deux retraités manquent à l'appel. Je grimpe en haut des collinettes environnantes, les unes après les autres, sans apercevoir âme qui vive. Quelques nuages blancs s'ennuient dans un ciel qui ne paye pas de mine et se sont pris à ce qu'ils croient être un jeu. A chaque fois que j'entreprend une montée, les blancs moutons viennent affleurer la butte, puis se cache à nouveau dés mon approche, sans me laisser le temps de les recruter pour un brin de compagnie !

P1410961P1410960

Je suis épuisé ! On se fait toujours avoir par le boulot dès qu'on veut l'éviter. Il faut faire preuve d'ingéniosité, de persévérance, d'assuidité pour s'en débarrasser et ce faisant, on s'aperçoit qu'on travaille dix fois plus que si on lui avait cédé de suite... Je ne vous cache pas que vous me manquez, je me faisais une joie d'avoir votre compagnie pendant cette promenade. C'est vrai que je comptais aussi sur votre appui pour vous envoyer en éclaireur, tâter le terrain. Ce matin, tombé du lit mais rassasié par quelques viennoiseries, mon pote m'avait gratifié de quelques confidences, alors que j'etais encore somnolent. J'avoue qu'à ce moment là, je n'ai pas bien assimilé son propos, ayant déjà du mal à digérer l'absence de petit déjeuner !! De plus, il tenait à me confier ses états d'âme, relatifs à un bourdon volumineux, dont tout à fait entre nous, je m'en bats les absentes ! C'est un fait, ce matin je me suis levé de la patte gauche et je comptais beaucoup sur vous pour dérider cette journée. Puisque je dois me résoudre à faire cette balade seul, autant que ce soit en bonne compagnie, la mienne !

P1410995P1410991

La tête ailleurs, j'ai batifolé un moment au gré du vol d'un papillon. Le temps passant, j'ai pris réellement conscience de ma solitude et de ce qu'elle pourrait avoir de définitive... En faisant brièvement le compte de ce qu'il me restait de mes racines, j'ai eu un choc ! Je suis le dernier d'une belle lignée. Mon cousin Jules de Bretagne, le meilleur d'entre nous, nous a quitté il y a peu, pour prendre sa retraite au paradis des chiens. Le seul avantage à mourir, c'est l'assurance d'obtenir une absolution rétroactive. Elle fait de vous un "regretté" et dans la foulée, un saint ! Mon ambition est d'obtenir ce label tout en restant en vie, je suis en passe de réussir...Dans son nouvel Eden, il ne perd rien au change, avec toutefois une différence de taille, c'est qu'il va pouvoir se gaver librement et sans retenue. C'est une belle action qu'il a fait là, en cédant sa bonne planque à un nécessiteux de tout poil, Dieu sait qu'ils sont légions ! Je ne suis pas encore disposé à cet ultime sacrifice, malgré les alléchantes propositions d'un paradis dont personne n'est encore revenu pour m'en prouver l'existence. Je ne lâche jamais la proie pour l'ombre. Avec mes vieux, je navigue suffisamment dans l'hypothétique pour ne pas me hasarder dans le spéculatif. Il parait qu'une teckel SDF, nommée Girolle, serait tentée par le poste qu'il a laissé vacant. J'ai déjà hâte de faire sa connaissance. Jules avait belle allure, la taille fine et le port altier mais c'est bien beau tout ça, qui c'est t'y qui soutient l'ossature !! Ceussent qui veulent garder la ligne pour faire le beau feraient mieux d'y réfléchir à deux fois : il faut manger pour vivre ET vivre pour manger. C'est ma doctrine, j'en martèle inlassablement le message. Même si ma vieille, obsédée de diététique, y est encore réfractaire, je ne désespère pas de la remettre dans le droit chemin quand je remettrai la patte dessus !

P1410968

P1410979

En parlant de mes deux éclaireurs, mon coeur s'assombrit, se pourrait-il que je sois orphelin sans le savoir! Que va t-il advenir de moi ? Suis-je couché sur leur testament ? Qui va hériter de mes paniers, mes joujoux, ma gamelle et surtout qui va la remplir...J'angoisse à l'idée de me retrouver à l'ancienne place de Girolle et pris de panique, je fonce tête baissée, comme un dératé. J'ai retrouvé mes chers disparus, indemnes, à dire vrai, je les ai tout simplement rattrapé !  Si je perdais mes deux faire-valoir, je ne serais plus qu'un cabot anonyme. Il faudrait, en plus, que je bosse à plein temps et que je sois mon propre chef : tous les deux on ne peut pas s'entendre ! De nous deux qui va commander ? qui va obéir ? Je préfère ne faire qu'un... Rien ne vaut le lien qui nous unis tous les trois. Notre triumvirat a réglé le problème récurrent de l'autorité une fois pour toutes. Ma vieille me dit souvent quand je ne cède pas à ses caprices : "non mais Charly, qui c'est le chef ici ?". Ce n'est pas faute de l'avoir longuement instruite à ce sujet, depuis le temps, elle connaît la réponse. Elle persiste malgré tout à approfondir la question, espérant naïvement changer la face des choses. Avec mon pote, c'est différent, il ne s'interroge jamais à ce propos, il est aux commandes et pis c'est tout ! Comme il est mon meilleur ami, je ne veux pas le décevoir...En ce qui me concerne je campe sur mes positions, tout en relâchant du lest dans les moments critiques comme aujourd'hui, je leur laisse leur quart d'heure de célébrité et je reviens quand tout danger est écarté. On a jamais vu un chef aller au casse-pipe, il reste en arrière pour encourager et couvrir ses troupes...

P1420002P1420005

 

P1420025P1420006

Depuis que je patrouille au Tirol, nous avons fait et refait certaines balades, avec "variante" comme disent les gens du cru. La vieille prononce ce mot avec délectation et le glisse mine de rien dans son baratin, histoire de nous faire passer, au mieux, la prochaine randonnée comme une surprise...au pire, une mauvaise ! Je n'ai qu'une chose à souhaiter : pourvu que rien ne cloche. Nous avons enfin fait une halte à Mösern, j'ai eu droit à l'inévitable attente, seul au bout de ma laisse, le temps qu'il visite l'église et son cimetière. J'y suis personna non grata et je me demande bien pourquoi. Je sais me tenir, j'vais pas creuser de trou, y'en a bien assez comme ça ! C'est plein de taiseux ici, je ne suis pas bien sûr qu'ils apprécient le dérangement. On n'est jamais trop prudent, il ne faut pas réveiller un mort qui dort. Il suffit que je donne un bon conseil pour qu'on ne le suive pas, une cloche sonne le glas. Je me demande pour qui, il n'y a que nous ! La vieille s'empresse de suivre cet appel et nous abandonne au premier banc venu. Le monologue dont m'a gratifié mon pote au saut du lit, prend enfin tout son sens ! De mon poste d'observation, j'aperçois un gros bourdon sous lequel  se tient ma sherpa, admirant la vue panoramique. La vieille va se prendre une volée qui va la sonner pour de bon ! Désabusé, je m'installe sans attendre, dans mes appartements, bien décidé à voyager aux frais de la princesse, si elle est encore de ce monde ...

cloche mösernP1420013P1420022

Je me demande ce qui les fait sortir du droit chemin, on pourrait croire qu'avec l'âge, mes vieux deviendraient sages mais que nenni ! Oui je sais, je manque quelquefois d'impartialité. Il y a tout de même des limites à ne pas franchir : celle du supportable... On navigue toujours un peu dans le flou dans ce domaine, c'est pourquoi je me suis imposé comme référence. Maintenant, je suis juge et partie. J'aime à me promener dans la vie avec nonchalance. Je n'ai besoin que de certitudes pour pouvoir goûter aux saveurs du temps présent, dés qu'une contrariété s'impose à moi et me chagrine, je la noie dans l'oubli. Mais là, impossible d'effacer la vision cauchemardesque entrevu dans le feuillage dense de la forêt que l'on traverse. Une silhouette blanche glisse sur la mousse tendre. Tout en approchant du möserer see, je la devine fuyante à mes regards, mais toujours sur mes traces. Je trouve que ce cadre idyllique a perdu de son charme depuis ma dernière visite, la forêt n'est plus enchantée mais hantée !!

P1420039

P1420033

P1420041

P1420045

 

P1420046

P1420050

Comble de malchance, c'est l'endroit que mes compagnons ont choisi pour notre pique-nique. On s'est enfoncé dans la forêt et mon fantôme s'est évaporé dans la nature. Soulagé, je suis parti à la recherche d'un endroit reposant pour me remettre de mes émotions. L'heure tourne et le stress m'a affamé, il est grand temps de reprendre des forces. C'est finalement mon pote qui a fait le choix judicieux de prendre de la hauteur. Il nous a déniché un banc isolé, un peu difficile d'accés pour moi car cerné par des racines noueuses et enchevêtrées. Tout compte fait, ça fera une excellente protection à notre havre de paix, un fois que je l'aurai atteint! Un coup d'oeil bref mais perçant aux environs me rassure, rien ni personne pour troubler cet instant. Je plonge la gueule dans ma gamelle et savoure ce bon moment. Maintenant que je suis rassasié, je voudrais vous dire combien ça me désole que vous m'ayez abandonné, j'aurais pu faire une sieste royale sous votre protection. Au lieu de ça, vous m'avez lâché et la vieille est partie en reportage photo. Je suis seul à monter la garde face à d'obscures menaces. Pour couronner le tout, mon pote m'a doublé et fait la sieste à ma place !! Mon acolyte donne à sa perfidie, un air de générosité, en mettant à ma disposition, un confortable "oreiller" sur lequel je pose ma tête pour travailler dans les meilleures conditions. Je m'assure qu'aucun individu louche ne nous prenne à revers, nous privant ainsi d'un possible repli. Mais, des bruits furtifs, insidieux, m'obligent à me retourner. Je fais face au lac, tout en restant en appui sur les jambes de mon pote toujours endormi.  j'espérais me retrouver face à ma vieille, mais ce sont les revenants qui ont profité de ce que j'avais le dos tourné pour manoeuvrer sournoisement. Du haut de mon perchoir, je leur tiens tête. Soumis à mon autorité naturelle, ils baissent la leur! La crainte les a statufié.

P1420064

 

 

P1420060

P1420080P1420116

P1420103

P1420115

P1420102P1420096

Quand mes vieux ont refait surface, je me suis installé sous le banc pour prendre un peu de repos. Nous avons repris notre route sous le regard médusé des tuniques blanches. J'ai maintenant la quasi certitude que ce sont des esprits qui, dérangés, se sont échappés du cimetière. Ce moment d'égarement leur pèse. Ils déambulent en grand désarroi, espérant retrouver la paix de l'âme. Comme ce lieu s'y prête, nos chemins se sont tout simplement croisés ici, par hasard. Conscient que nous n'étions plus en danger, j'ai pu me laisser porter par la douceur des lieux. Non loin de là, une famille de coin-coin se repose sur un îlot de verdure aquatique. J'observe avec curiosité la mère, qui encourage son grand dadais à prendre un bain. Bien que l'eau soit chaude et propice aux ablutions, le volatile un brin délicat ne veut point de cette immersion en milieu hostile : des poissons de bonne taille rôdent en cercles concentriques autour des pattes palmées de sa mère.. . C'est alors, que la mienne de mère, m'incite à m'aventurer dans l'eau. J'y trempe mes quatre pattes, sans conviction, histoire qu'elle me lâche. J'entrevois du coin de l'oeil deux écrevisses en goguette et ma fin prochaine, lorsque la bouche d'un prédateur à nageoires affleure la surface, cherchant à se mettre sous la dent (si ! si ! il avait des dents !) autre chose que du canard...

TI (852)

TI (855)P1420036

 

P1420094P1420090

P1420089

P1420113

P1420086

P1420115

P1420078P1420035

Nous avons poursuivi cette promenade sur la terre ferme en bordure des bois et du joli lac. Une île de verdure s'y baigne en son milieu. Tout autour les plantes viennent y tremper leurs pieds et se chauffer au soleil du printemps qui n'a pas encore réussi à faire rougir les rhododendrons. Les bruyères croisent les canneberges, hélas pour moi, je suis arrivé trop tôt pour la dégustation. Mon attention est détournée par quelques fleurs de couleurs vives qui font le régal de jolis papillons à pois rouges. Notre chemin fait une petite boucle à travers les bois et soudain, adossée à un arbre, l'apparition surnaturelle d'un défunt nous interpelle... Mon pote s'arrête curieux d'en savoir un peu plus. Je me place bien en retrait pour ne pas troubler cette rencontre tout en essayant de ne rien perdre de son histoire. La voici : Pensant bien faire, le pauvre diable a légué tout ses biens à ceux qui sont encore sur terre, semant ainsi la discorde dans le monde des vivants. Depuis il traîne l'âme en peine et comble d'infortune, le voilà déshérité du paradis. Fort de cet échange au combien instructif, j'ai décidé de ne rien donner à mes vieux, ils seraient foutus de se battre pour mes paniers, mes joujoux ou même mes cendres (Ben oui ! je veux être incinéré.  Dans un trou, j'ai peur qu'on vienne ronger mes os ! Y'en a certains qui sont prêts à tout !) Quand je quitterai cette terre, je léguerai tout à la SPA, c'est ma dernière volonté, je fais ce que je veux et pis c'est tout !! J'ai repris ma route, rempli de convictions.

P1420565P1420118

 

 P1420101MoyenneP1420110

Un éclat lumineux vient troubler ma vue et me taquine au fur et à mesure de ma progression. En face, de l'autre côté du lac, le soleil se prélasse sur un ponton et darde ses rayons qui glissent comme de fines lames d'argent sur la surface de l'eau. Au milieu des joncs et des molinies, il met joliment en scène, deux grands cercles de feuilles flottantes, d'un vert profond, alanguies sur la face à peine ridée des eaux. Les petits îlots miroitants cache peut-être une nymphe, je quitte le contre-jour pour en avoir le coeur net. C'est alors que m'apparait d'une blancheur éclatante la reine des lacs, beauté fascinante, nommée Nénuphar. Ces petits bijoux flottants sont protégés par le ballet incessant de la libellule bleue aux yeux grenat, le spectacle est paradisiaque. Les blanches silhouettes trouveront l'apaisement dans ce lieu si romantique, on ne pouvait trouver gardiens de la paix plus appropriés !!

TI (840)P1420029

P1420001

Le retour s'est fait tout en douceur, j'étais comme sur un petit nuage. En quittant mon bel endroit avec regret, je me suis senti libéré d'un étrange sortilège. La forêt s'est réveillée à nouveau et l'écureuil qui a glissé du haut de son arbre pour me dire au revoir m'a guéri de mon désenchantement. Un couple de colombes, cadeau de mes étranges compagnons de voyage, prend déjà son envol. Je jette un dernier regard sur le cimetière du village et son bourdon, qui n'est plus pour moi qu'un mot, un son, un déplaisir que j'ai oublié! A notre retour à Seefeld, pas même la pluie n'a eu raison de ma joie de vivre et c'est avec plaisir que je partage avec vous le dernier cadeau de dame nature pour clore cette étrange journée. Vous avez manqué ce rendez-vous, c'est un heureux hasard ! Il vous a épargné quelques frayeurs que seul un teckel à poils durs, de loin le plus courageux, a pu affronter. Donnez moi de vos nouvelles et tachons de prendre date pour une autre aventure...

P1420132Grande

 

Peut-être qu’à force de retenir le pire, on finit par oublier le meilleur”

 

 

18 février 2018

"C'est le ventre qui porte la tête"

* 1er épisode : :http://miamigocharly.canalblog.com/archives/2017/11/11/34946852.html

"Un bleuet est de trop dans un champ de blé, et pourtant qui peut nier que c'est à lui que celui-ci doit son éclat ?"

Je sais ! ne râlez pas, vous allez me dire "j'ai failli attendre !" J'vous raconte pas tout ce qui s'est mis en travers de mon chemin pour m'empêcher de vous retrouver aujourd'hui pour que nous mettions un point final à mon aventure narrée le 11 novembre de l'année dernière. Bon ok, j'vous raconte, mais vite fait. J'ai assisté impuissant à la lobotomisation de mes deux vieux. D'abord, ils sont entrés dans une secte de procrastination. De lendemain en lendemain, ils ont finalement pris racine dans l'appartement. le cul bien ancré sur sa chaise, face à l'écran bleu qui l'hypnotise, la vieille a calé son dos, bien malmené à la gym, contre une bouillotte chaude. J'assiste impuissant à la fuite du temps et mes soupirs quémandeurs se heurtent à son regard vide. Mon pote s'est trés rapidement greffé sur le même mode de fonctionnement et la petite étincelle qui végétait en eux, ne s'est ranimée que lorsque, Dieu merci, nos trois estomacs au diapason criaient famine. Alors d'un pas pesant, tel des zombies, on prenait le chemin de la cuisine....ça fait peur hein !! Il me fallait les sortir de cette léthargie, leur redonner envie d'avoir envie de s'occuper que de moâ. L'hiver a fini de "nous endormir" et la pluie de nous mener en bateau. La neige s'est enfin invitée et l'occasion était trop belle de nous désengourdir à Durbach qui m'avait tant manqué. Maintenant que nous avons repris le chemin des bonnes résolutions, je peux à nouveau vous emmener avec moi en balade. Je sais que contrairement à ma vieille, vous avez bonne mémoire, mais voici tout de même de quoi vous rafraîchir les idées, avant de prendre la route. Je vois qu'il y en a quand même quelques uns qui ne suivent pas !! Non on ne va pas à Durbach, mais au Tirol! Les dernières paroles de la vieille résonnent encore à nos oreilles comme une menace :" Balade nulle et demain c'est moi qui mène la danse sur le même terrain"...

schönblick

bureau de posteP1420744Moyenne

Le lendemain, nous quittons le schönblick, toujours à jeun pour ce qui me concerne. La cheftaine décide de passer vite fait à la poste du village de Stumm, voisin du nôtre, pour timbrer son courrier de ministre. Mon pote et moi l'attendons patiemment dans la voiture. En jetant un oeil à la fenêtre, j'ai découvert à ma grande surprise, une belle vache mise sous cloche, fièrement campée sur son lit de paille. J'ai eu beau pleurer pour sortir du véhicule, rien à faire. C'est grand dommage ! Nous avions enfin une occasion de faire plus ample connaissance. La jolie laitière mise sous vitrine, ne risquait pas de me piétiner au cas où elle aurait eu quelques vapeurs rien qu'en me contemplant...Ce pays est le mien, je suis aussi "autrechien". Il est cher à mon coeur et... à mon estomac. Quelque soit l'endroit, il y a toujours de quoi s'installer pour boire et manger. La preuve ! Du producteur au consommateur... La vieille est revenue, le temps de farfouiller je ne sais quoi dans le coffre arrière du véhicule et nous avons enfin repris la route. N'ayant rien d'autre à faire que ruminer, je me faisais la réflexion que les vaches aiment beaucoup les fleurs, mais la bière tout autant, si je vous l'assure ! C'est pourquoi on les retrouve souvent au plus prés des hüttes où curieusement on déguste du bon lait, des gâteaux crémeux et du fromage. J'en déduis que cette magie n'opère que lorsque tous les acteurs entre en scène, dans un décor tyrolien. Pourquoi est ce que je me lance dans une leçon de choses ? Je m'rappelle plus... Si, ça me revient ! Depuis que la vieille est revenue de la poste, une furtive effluve me harcèle, ma truffe a trouvé le challenge distrayant et se met en devoir de découvrir ce qui vient troubler mes pensées d'une haute portée philosophique, voire même scientifique ! Alors que je suis débarqué hors de l'habitacle sans même me laisser le temps de rassembler mes idées, l'opportune émanation vient me gifler le museau tel une révélation. Je serais prêt à parier ma bottine, que dans ce coffre au milieu du barda, un morceau de fromage n'attend que moi et c'est bien volontiers que je tomberais en pâmoison devant ses arômes qui me trouble.

P1430733P1430899

P1430744P1430805

P1430750P1430799

En sortant du téléphérique, nous avons repris pendant un petit quart d'heure, le même itinéraire qui nous avez mené vers le fameux Enzianhof. Cette échauffement terminé, nous voilà face au carrefour litigieux qui avait permis à mon pote de reprendre la main la dernière fois. Il en profite pour me glisser en aparté, avec un air sous entendu, "prêt pour faire une balade de santé avec ta mère ?". Ne laissant aucune place au débat, la vieille a pris le chemin opposé, celui qui je crois me rappeler, ne grimpe guère ! Il semble tenir ses promesses et je lui trouve un charme particulier. Sincèrement, je pense que nous devrions nous laisser aller entre les mains de notre leader, qui n'a pas son pareil, pour nous dégotter de belles surprises pour les yeux. Vous trouvez que j'en fais trop ? Ça se voit tant que ça que je fayotte ? Mais c'est de famille, la fine mouche m'a mis à sa botte tout en douceur et quoiqu'il advienne je la suivrais fidèlement jusqu'à...l'heure du repas. Le soleil a baissé sa garde et se fait plus caressant. De temps à autre, la fraîcheur d'un ruisseau divague et vient me rafraîchir la couenne et les idées. L'enthousiasme qui me guidait jusqu'à présent se refroidit et je suis pris d'un affreux doute. Ce pourrait-il que la vue de cette belle ruminante m'ait exalté les sens, au point de faire de mes envies, une réalité sans fondement ? Autrement dit : est ce que je me serais fait enfumer par mézigue ?

P1430741P1430748GrandeP1430757P1430747

Ma vie n'est pas de tout repos, j'engrange tellement d'infos dans une journée que je n'ai guère le temps de mettre de l'ordre dans ma petite tête. Hors de mes sentiers battus, c'est évidemment plus difficile puisqu'il me faut en plus, analyser des nouvelles données. A la maison, il m'arrive de quitter une pièce d'un pas décidé et pressé pour arriver dans l'autre et d'y rester en arrêt, perplexe ! J'avais bien une idée dans mon ciboulot mais impossible de la retrouver ! Il peut régner un certain désordre dans mes hautes sphères, mais rien à voir avec des pertes de mémoire, je vous rassure de suite, juste un petit défaut d'organisation ! Pour y pallier, j'ai installé un panier dans chaque pièce afin d'y faire des escales "remise à plat". Ici, à mille sept cent mètres de hauteur, mes neurones se déshydratent et je n'ai plus ma tête ! Entre mes deux vieux mon coeur balance et je m'abstiens de trancher, l'un porte le pique-nique et l'autre un hypothétique frometon, il est urgent d'attendre ! Mon estomac s'en balance, il mangera aux deux râteliers. Laissons cette idée faire son chemin, pendant que je m'en vais du mien...

P1430753

 

P1430754P1430772

 

P1430773P1430769

Notre route est belle, elle s'étale généreusement sous un beau ciel azur et nous sommes seuls à en fouler le sol. Je vais clopin-clopant, lorsqu'un petit ru surgit de nulle part et vient se glisser entre mes pattes pour me tenir compagnie. J'étais alors sous le charme d'un lit de fleurs blanches, rosissantes sous mon regard inquisiteur mais une marguerite bien vigilante, me toise sans crainte et mine de rien, je m'éloigne tout en glissant ma truffe sur la mousse couleur pistache. La friponne me chatouille et je suis pris d'éternuements tant et si bien que je me retrouve le cul dans l'eau. Dorénavant, je cheminerai aux côtés de mon nouvel ami afin de rester les pattes au sec. Je ne risque plus de prendre froid et c'est le nez en l'air que je contemple mon royaume tout en étant attentif au bla-bla du ruisselet. Que je lève les yeux vers les crêtes déneigées ou que je scrute les vallées en contrebas, le paysage se recommence à l'infini sans pour autant me lasser. Mais voilà que le filet d'eau se fait la malle, il court, il court, espérant échapper au torrent qui bat le rappel de ses troupes. Le flot torrentiel se rue droit sur moi, menaçant, entraînant avec lui des pierres qui s'entrechoquent. Tout ce fracas pour que je lui cède le passage, mais je n'ai pas faibli et au dernier moment, il a bien été obligé de rentrer sous terre. Sous mes pattes, je sens encore gronder sa colère dans les entrailles de la terre. Le courageux ruisseau revient se jeter à mes pieds, sa joie de serpenter librement à la lumière et un plaisir pour les yeux ! De creux en bosses, il prend de l'élan, saute, gicle, éclabousse les pentes ventées. Il crisse le long de quelques roches recouvertes de lichens jaunes et orangés. Le soleil profite de ce miroir improvisé pour faire le beau et rutiler. Mon ami ruisselant me renvoie ces brillants éclats comme un clin d'oeil complice avant de disparaître hors de ma vue. La nature se donne au printemps et j'en suis le témoin ébloui. Ce spectacle exaltant me fait sentir fort et grand et lorsque mon torrent revient de l'enfer, rejaillissant d'entre les blocs rocheux tout proche de moi, je n'ai pas hésité une seule seconde à dompter les flots furieux !         

P1430794P1430760

P1430815P1430813

P1410092

Les flancs de montagne piquetés de buissons d'un vert soutenu se vautrent les uns contre les autres. Les aroles remontent des versants éloignés en longues processions tout de noir vêtus. Plus prés de moi, les pins cembro se dispersent et descendent lentement vers les contreforts dodus et fleuris. Je recherche à leur pied, quelques pignons que m'aurait laissé, par chance, le casse-noix qui sévit dans les parages. Ce charmant volatile est aussi cachottier que l'écureuil, mais sa mémoire est plus fidèle...Il suffit de quelques abeilles en plein travail sur les renouées roses ou la vision inattendue de la sauge bleue violacée, pour échapper de justesse à la séance d'hypnotisme, orchestrée par le tapis végétal de linaigrettes, qui me berce d'un bruissement caressant. Dans cet univers où j'ai tant à faire, je folâtre pour un court instant avec le souffle du vent. Emporté par mon élan, je tombe, roule sur moi-même pour finir ma course à l'orée du chemin. Il vient mettre le holà à ma cavalcade et stopper pour un temps, l'avancée des rondeurs montagnardes. J'ai pris de l'assurance depuis que j'ai dominé les eaux et je me surprends à espérer d'autres conquêtes rondement menées ! Aussi je retourne en embuscade dans ma jungle parfumée. Soudain, je perçois un changement dans l'air ! Je tente de sortir ma tête au dessus de la haute végétation de graminées, mais c'est peine perdue. Alors les oreilles tendues comme des périscopes, faisant fi des papouilles de quelques agaçants brins d'herbe, je capte de puissants souffles, suivis de brusques ronflements. Me frayant un passage dans la prairie pour rejoindre à nouveau le chemin, je stoppe net pour m'aplatir au ras du sol en compagnie du myosotis et nous contemplons ensemble, de l'autre coté du no man's land, un fascinant spectacle !        

P1430764P1430766

 

MoyenneGrandeP1430887P1430886

Un magnifique troupeau de géants à quatre pattes est réuni sous l'ombrage des pins. Ils expirent des frémissements tranquilles, les uns contre les autres comme au réveil d'une sieste, d'autres plus voraces se sont déjà remis à la pâture. C'est à peine si deux ou trois d'entre eux nous prêtent attention, il y a bien quelques renâclements pour exprimer un peu de curiosité, mais la crainte n'est pas de mise. Leurs belles crinières blondes rappellent les champs de blé et les oreilles en cônes sont à l'écoute l'une tournée vers l'arrière et l'autre de mon côté ! Je sens bien que mes projets de chevauchées fantastiques sont à mettre au rencart, fini la folie des grandeurs ! Nous nous éloignons doucement sans les perdre de vue l'un baille et se tend, l'autre se masse les deux côtés de l'échine, exactement comme moi, au réveil ! L'alpage, haut en couleur, ne manque pas d'attrait gourmand. Tant d'émotions pour un petit coeur comme le mien, me fait défaillir. Je quitte ces fières montures insoumises, contemplant une dernière fois leur robe couleur brioche dorée. Bon sang de bois, je me disais bien que j'avais oublié quelque chose, la nature, cette traîtresse, me fait perdre de vue l'essentiel ! Je ne sais peut-être pas où je vais, mais je sais pourquoi je marche, hors de question de s'attendrir à nouveau....

P1430823P1430824MoyenGGr

P1430802P1430821

P1430829P1430833

P1430836P1430850

Après ce moment d'égarement, plus question de se laisser aller. Je me suis rapproché de mon pote qui depuis notre départ, n'a pas décroché un mot. Son bâton donne le rythme et je les suis. Le calme est assourdissant, pas même le son d'un cloche. Au détour d'un virage quasi à angle droit, on aperçoit enfin quelques signes de vie. Une ferme nous annonce avec de grandes promesses imagées, du bon lait du Tirol, mais pas une vache alentour, nada !! Un peu plus loin, un îlot de maisons sans âme qui vive, nous confirme que l'endroit est déserté. Quoique, j'aperçois un drapeau qui claque au vent, ce qui ne manque pas d'attirer l'attention de mon pote. Je l'encourage vivement et nous faisons le tour des lieux, mais brusquement, je réalise dans quel guépied je me suis fourré ! Une troisième opportunité pour assouvir ma faim, it's too much. Fromage ou dessert ? Ce n'est qu'un dilemme de plus! Allongé sous l'étendard de cette hütte, je laisse libre choix à mes deux vieux qui se sont rejoints pour en débattre. C'est la croix et la bannière pour qu'il prenne enfin une décision, la vie c'est pourtant simple... Tout ça pour accoucher d'une souris : fermée !! Au tirol !! C'est la fin du monde, l'apocalypse est pour demain... Ben oui, me v'là soudain déçu ! J'ai traîné prés de deux ou trois autres fermes, sans même qu'un bout de rideau aux fenêtres ne se lève, puis j'en ai eu ras le bol et j'ai fini, comme mon pote, à renoncer aux plaisirs de la table. J'ai manqué de flair, me suis bercé d'illusions, mais ça va changer, je serais sans pitié maintenant que la faim me tenaille ! On dit souvent qu'être bête, c'est manquer d'intelligence, croyez moi, c'est le genre de superflu dont je me passe aisément ! Ceusses qui en sont pourvus, s'appliquent à faire de votre vie un jeu de piste fastidieux, suivez mon regard...

P1430788P1430831

Le coeur gros, la truffe au sol, je ratasse. La voix claire de ma vieille qui n'a dit mot jusqu'ici, se fait soudain entendre. Je crains le pire, du genre : y'en a encore pour une heure ou maintenant ça va grimper ou  pourquoi pas, on a oublié la bouffe... Mais non, elle propose tout simplement une pause déjeuner. Enfin !! Je retiens mon souffle et ne suis pas sûr de survivre à cette journée après tant d'émoi. Mon dieu que c'est long, l'installation de tout ce bataclan, juste pour manger ! J'ai la gorge nouée, l'odeur du fromage que j'ai tant imaginé vient à nouveau me narguer. Mes yeux se plissent un petit moment quand j'entends le bruit prometteur d'un papier qui se froisse. Dans le même temps mon pote installe mon ombrelle pour m'abriter du soleil tapant et je perds un instant de vue, la scène où se joue toute ma vie...Là ! Là mes amis, vous le voyez ? C'est-y pas le plus beau morceau de fromage qu'on ait jamais vu, je ressuscite ! Dans ma gueule, il y tant de saveur qui se répandent, un magnifique voyage rien que dans une bouchée, le paradis tout simplement. Je vous l'avais bien dit, la vieille n'a pas son pareil pour nous épater et pis entre nous soit dit, je suis obligé de le reconnaître, c'est la plus maligne de nous trois ! La vue nous a laissé sans voix, enfin presque ! Mon pote s'est fendu d'un compliment, enfin je crois : " C'est beau !" Voilà tout est dit...

P1430854P1430851

P1430857P1430797

P1430788

 P1430879P1430807

P1430898P1430894

Apaisé, j'ai pris le chemin du retour. Regardez ! voilà mon ru qui dévale la montagne, il a pris ses aises et semble bien pressé. Je cours vers lui pour partager le bonheur de cette journée, mais il louvoie entre les racines apparentes des sapins, entraînant avec lui, pierres, bois et mousse tendre. Alors que je suis sur le point de le rejoindre, le ruisseau se rue dans une anfractuosité et je sais qu'à son retour il ne sera plus mon ami mais un fier torrent tumultueux. Il ne me calcule plus, de même que mon compagnon de route, que j'ai désavoué le temps de me soumettre à mon seul maître, mon ventre ! Mon pote, des bons et mauvais jours, devrait se rappeler combien, de nombreuses fois, je lui ai rendu moultes services. Notamment, durant mes sorties hygiéniques où tentant de faire demi-tour quand le temps ne m'était pas serviable, mon ami m'encourageait à poursuivre en disant : "Charly, avec tout ce que JE mange, il faut bien que TU marches..." Je ne comprends pas son attitude de promeneur solitaire, ça me tarabuste : il boude ou il est fâché ? Il faut que j'en ai le coeur net. Arrivé à sa hauteur, je l'ai longuement observé pour savoir si c'était du lard ou du cochon. Mais je n'ai rien pu déchiffrer sur son visage, il était trop occupé à se remplir les yeux de souvenirs alors que notre balade touchait à sa fin. Et c'est seulement dans la cabine du téléphérique, qu'il a daigné refaire surface, en me prenant sur ses genoux pour me dispenser de généreuses caresses. Pendant que je ronflais d'aise, il a levé les yeux vers la vieille en disant : t'en as d'autres comme ça ! Un compliment déguisé quoi, une façon de lui dire combien il avait aimé cette balade et qu'elle était reconduite dans ses fonctions de guide alpin. J'ai compris tardivement, que mes vieux m'avait épargné jusqu'au dernier instant, avant de m'annoncer la terrible nouvelle : les vacances sont terminées. C'est à cela que serve les souvenirs, à continuer le voyage à l'infini, sans se fatiguer ! Alors pour vous et moi, l'aventure continue...

P1430740P1430901

P1430734

 

"Est ce possible que partir ne serve qu'à se rappeler quelque chose"

 

 

 

Enregistrer

17 janvier 2018

"Les rumeurs concernant ma mort sont grandement exagérées !"

 

"A vous qui venez me voir des quatre coins du vaste monde, que vous passiez par hasard ou pour le plaisir de ma compagnie, je vous souhaite autant de bonheur et de plaisir, que ceux que je goûte chaque jour, dans ma vie de chien. Mes ami(e)s, grâce à vous, je ne suis plus un promeneur solitaire, grâce à moi, vous avez voyagé au paradis, c'est un bel échange que j'espère renouveler en 2018. Je vous souhaite du haut de mes quatre pattes une belle et heureuse année, portez vous bien ! "

010007

 

001031027

Ce n'est qu'un éternel recommencement certes ! Encore qu'éternel me semble prématuré et c'est pourquoi, à grand renfort d'encouragement, j'ai souhaité que cette nouvelle page de ma vie soit pour vous une promenade de santé, indispensable pour entamer l'année 2018 ! Pour ma part, j'ai navigué à vue depuis quelques mois, tout n'était que changement autour de moi. Mes rituels, qui rendaient belle, chacune de mes journées, rétrécissaient comme une peau de chagrin et je me sentais presque devenir vieux. Serait-ce une maladie contagieuse ? Comme vous le savez, la vieille en est atteinte et ne prend pas le chemin de la guérison...Chaque fois que je lui insuffle quelques idées ou que je la harcèle pour que les vieux souvenirs de nos balades refassent surface, les mots se mettent pêle-mêle dans sa tête. Quand je les vois enfin s'échapper comme une nuée de moineaux pour se ranger en ligne prêts à partir, je m'estime heureux et fier d'avoir accompli mon devoir et peux enfin me coucher aux pieds de mon biographe pour dormir du sommeil du juste. Mon œil, sur le point de se mettre à l'ombre, entrevoit soudain mon histoire à peine esquissée se défaire comme la toile de Pénélope. Les phrases se disloquent, ne reste que des mots orphelins qui s'évanouissent en laissant à nouveau la page blanche. Le rideau tombe sur l'acteur que je ne suis plus, il me faut à nouveau travailler, inspirer à en perdre le souffle et finalement les doigts de ma vieille se sont remis à courir sur le clavier. Elle a confié le fruit de notre travail à Vista. Je le jalouse depuis un long moment déjà, il vit dans la grande tour noire et ronflante sous le bureau. Je le soupçonne de vouloir me voler la vedette, mais croyez moi, je l'ai à l’œil ! Le sort s'est encore joué de nous. La maudite machine, ayant probablement entendu quelques rumeurs concernant sa probable mise à pied, a pris les devants et refuse tout simplement de nous rendre nos écrits. Les bras de fer ne durent jamais longtemps... A chacun sa façon de gérer les conflits : j'suis reparti me coucher et Vista a généreusement octroyé à ma pôve vieille, un seul droit d’accès aux jeux de cartes et puzzles !!

011051

022049066

Pendant ce temps, mon pote se sclérose car le temps pluvieux nous empêche de partir en balade à Durbach. Pour pallier à cette frustration, il lui reste notre sortie du matin. Elle s'apparente plus à une marche sportive, qu'il tente de renouveler en fin d’après-midi en lieu et place de la patronne qui s'en va à la gym. Elle espère que cette oxygénation par l'effort lui montera jusqu'au cerveau, son objectif étant de se renflouer en neurones dont elle a grand besoin. Dans cette affaire, je vous le donne en mille, qui est ce qui trinque ? MOI ! Normalement, dés l'aube, je pars accompagner mon maître parce que je n'ai pas le choix. Quelque fois je rêve d'être chat et d'avoir ma litière à domicile. Quel bonheur ce doit être, de se recoucher dans la foulée après un pipi vite fait, sans mettre le nez dehors ! Dans l'ascenseur, j'observe mon pote qui me sourit et finalement je me sens heureux de partager ce moment avec lui. Sitôt dehors, le froid me mord et l'humidité me gagne, je frissonne, ma queue retombe vers le sol comme pour jeter l'ancre sous le porche de mon immeuble. Le ciel est sans pitié. Et c'est ainsi que lui sous son parapluie et moi sous un rideau de pluie, nous marchons d'un bon pas.

033075

030016

038

 Ma nature optimiste, m'incite à croire jusqu'au bout que ma sortie de l’après-midi se fera en compagnie de la vieille ! Car, dans ce cas, c’est moi qui donne la cadence. Quand l'heure sonne, je tournoie comme une mouche autour de ma maîtresse, jusqu'à l'agacer pour qu'elle me sorte au plus vite, histoire de brûler la politesse à mon pote ! J’aime à mener cette virée tambour battant, je tiens ma vieille au bout de la laisse et l'oblige à se presser, souvent même à prendre le pas de course quand mon chez moi m'appelle. Dés que je me gèle les pattes et l'arrière-train, l’inquiétude prend aussitôt le relais. Je me sens fondre à force de puiser dans mes réserves de calories patiemment accumulé. Encore du boulot en perspective, il va falloir me remettre en mode boulimique, d'autant plus que mes maîtres ont changé mes amuse-gueules sur les conseils "avisés" de "leur" véto. Il m'a classé "senior" maintenant, j'vous d'mande un peu de quoi qu'y s'mèle ! Ma bouffe est beaucoup plus protéinée, j'suis pas fan, ça me gonfle...Par contre ce genre de "visite médicale" dégonfle toujours le portefeuille de la vieille, tant pis pour elle ! On m'aurait demandé mon avis....

056036

043072063

 Il y a du nouveau ! Mon pote quitte son bureau et sollicite ma présence, j'hésite ! A t-il opté pour un tea time, auquel cas y'a urgence, on m'attend en cuisine...Le voilà, qui s'arrête pour une brève causerie avec la patronne, bizarre ! D'ordinaire on ne l'invite pas, y'a pas assez de gâteaux pour trois...J'attends avant de le suivre et je reste à l'écoute: une porte du placard s'ouvre, les clés s'entrechoquent, mon sang ne fait qu'un tour. Je me glisse en vitesse sous le bureau de ma maîtresse et me couche prés de la grosse tour noire qui ronronne. Elle fut autrefois la meilleure amie de ma vieille, mais de nombreux différends ont depuis peu détérioré leur relation. Mon scribe qui manque à ses devoirs, lui crache entre ses dents, des mots dépourvus d’affection "saleté de truc" "matos de..." pour finir bien souvent par l'abandonner à sa médiocrité et moi à mon coach sportif. Puis, elle s'en va "déverser" sa colère à la salle de gym en ramant, ce qui ne la change guère !! Encore que, elle rame au sec et moi je prends l’eau, la vie est mal faite !! Mon entraîneur furète ici et là pour finalement me déloger de ma cachette, pendant que la "feignasse" ronronne de plus belle à l'idée de profiter enfin seule de mon sweet home que nous avons déserté. Devant l'entrée de mon immeuble, sans aucune impatience, la pluie m'attend et me saoule de sa rengaine. Elle entraîne dans son sillage tous les messages d'encouragement déposés par mes congénères, pour cette nouvelle année. Je ne suis pas né de la dernière pluie, hors de question de me faire avoir à chaque fois ! La méfiance me fait raser les murs et je ne m'aventure vaillamment à découvert que lorsque je suis convaincu que mon ennuyeuse compagne s'en est allée pleurnicher sous d'autres cieux. Mais bien souvent, lorsque nous sommes à mi-chemin, la traîtresse nous prend en embuscade ! D’abord le déluge qui nous trempe comme une soupe et pour finir le crachin qui me rebat les oreilles et me tanne le cuir... Je me soumets aux lois de dame nature, ai-je le choix ? Mais je reste invaincu, seuls mes os et mon ventre qui gargouille se plaignent sous l'averse. Moi, esprit libre et rebelle je revis ma dernière balade, mes pattes foulent le moelleux d'un tapis de feuilles aux couleurs d'automne sous un beau temps de chien ! Tombe la pluie, grand bien te fasse, je suis à l'abri au creux de mon rêve et te laisse à ton triste sort, celui de n'être aimé de personne....

Grande061070

 

089091

113

 Les jours passent et "rapassent" sans que rien de notable ne viennent troubler mes journées embrumées, sauf peut-être quelques relents qui envahissent les pièces où je me rends, au point que la patronne me regarde d'un drôle d’œil et fronce le nez qu'elle a fort gros ! Pourquoi est ce toujours moi qu'on regarde de travers quand quelque chose cloche ?! J'avais déjà perçu ces odeurs animales, au point de me demander si mes vieux n'avaient pas décidé de m'offrir un compagnon de jeu exotique, genre rat musqué ou autres...J'me tape déjà l'exaspérante compagnie de Vista la capricieuse avec qui nous devons composer, je voudrais au moins pouvoir choisir le prochain enquiquineur. Je suis pour les plaisirs solitaires, ma compagnie est sans conteste, celle dont je suis le plus friand !! Mais, revenons à nos moutons ! J'ai donc décidé de mener l'enquête sur le terrain, ce qui me sera somme toute une bonne distraction. Ben mes amis, j'ai eu le nez creux, il y a bien une bête qui se planque chez nous. J’entends ses petits cris plaintifs, elle couine et grogne, je la sens toute proche de moi. J'ai même fait un petit tour dans la réserve, parce que c'est là qu'on stocke mes croquettes et je sais par expérience, qu'un animal peut-être roublard et bouffer à tous les râteliers...La vieille s'est aperçu de mon incursion dans les lieux et m'a sermonné, soit disant que je pense qu'à m'empiffrer. Je sais bien ouvrir les portes, un coup de museau et hop ! Mais les fermer, ça j'sais pas faire, elles restent grandes ouvertes et c'est ce qui me trahit. Rien, pas même les reproches, ne pourra me distraire de mon objectif : mettre un point final à cette étrange affaire. Les critiques reprennent : arrêtes de brasser zigouioui ! tu m'agaces à ne pas tenir en place, qu'est ce que tu nous mijotes encore ? Je ne chasse que du petit gibier, du nuisible quoi ! Mais pas question de me frotter à plus gros que moi, à cette seule pensée, j'en ai la chair de poule et me voilà tremblant. Je rêve ou quoi ? Suis-je le seul à entendre ces bruits sourds devenus menaçants qui montent crescendo ? Je vous avoue, tout à fait entre nous, que la peur me noue l'estomac au point que je passe des genoux de mon maître à ceux de ma maîtresse sans trouver d'apaisement !! Finalement, je me suis mis dans un coin, la tête contre le mur, en attendant que le danger passe son chemin. Mes vieux ont cru, dans un premier temps que je boudais. Ensuite ils m’ont interrogé, palpé sous toutes les coutures et comme à chaque fois que je refuse d'expliquer les raisons de mon comportement qualifié d'étrange, ils m'ont emmené voir le véto. La voiture résonnait de mes gémissements et des feulements de la bête qui bien au chaud avait trouvé refuge.... dans mon ventre !!

099116

114086

Je n'ai guère apprécié la piqûre, encore moins cette horrible emplâtre qui tapisse mon système digestif, mais je dois reconnaître qu'à l'heure où je vous cause, le squatter s'en est allé. J'avais un peu trop vite admis avec tristesse que 2018 serait une année horribilis, mais la chance semble à nouveau me sourire. La patronne me couve de son regard avec une tendresse qui lui faisait défaut ces derniers temps et je l'emmène à nouveau en courte promenade l’après-midi. Mon pote a fait de ma sortie matinale, une flânerie où je peux à loisir tailler la bavette avec des collègues, notamment un malinois hargneux, que j'aime beaucoup et qui me le rend bien ! Ma petite vie bien réglée a repris son cours normal. Mes soucis se sont envolés, ils ne venaient pas d'un coup de froid ou d'une fatigue passagère mais tout simplement du changement de croquettes. L’alimentation "senior" tout à fait inapproprié pour moi, me restait sur l'estomac !! Un bonheur ne vient jamais seul, je suis à nouveau entré dans la fleur de l’âge et j’ai récupéré mes anciens amuse-gueules qui me donne un surplus de graisse abdominale. Je ne vais pas cracher dans la soupe..."cette bouée de sauvetage" me sera bien utile si le déluge s’abat à nouveau sur moi. La patronne a repris les pourparlers avec vista et tente de négocier la restitution de toutes ses photos et autres documents. J'ai bon espoir qu'elle réussisse et cesse de nous jouer la vieille au bois dormant...Je n’ai plus qu’une chose à vous dire : Hasta la vista !!

117

"Au commencement Dieu créa l'homme et la femme. Mais voyant leur faiblesse, il leur donna le chien."

23 décembre 2017

"Ce n'est qu'un au revoir...."

blog en pause

 

004

006

007

017

 

 

merci

Posté par kasekuche à 18:10 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

25 novembre 2017

« Si la vie n'est qu'un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs. »

 

"Les parfums sont les sentiments des fleurs"

P1450205P1450219

 

P1450197P1450216

 

P1450230P1450339

 

P1450262P1450250

 

P1450254P1450309

 

P1450422P1450402

P1450246P1450236

P1450249P1450368

P1450369

P1450407P1450278

 

P1450344

P1450229P1450300

P1450299P1450232

P1450214

 

 

P1450210

P1450367P1450336

P1450298P1450416

P1450410P1450206P1450414P1450315

P1450259P1450390

 

P1450396P1450375

P1450268P1450257

 

P1450388P1450238P1450387P1450322

 

P1450291P1450342

 

P1450403P1450296

P1450201P1450221

P1450226P1450302

 

P1450209P1450366

P1450235P1450277

 "Je suis dans la fleur d'un âge qui commence à sentir le chrysanthème"

 

...et sur ces belles paroles, les "vieux" vont rentrer au bercail, car Charly est inquiet d'avoir laissé son gâteau aux pommes tout seul, sans surveillance ! N'en déplaise à zigouioui, il devra partager avec son pote, qui est aussi le mien, mais pas que ...Je profite de cette fraîche journée de la toussaint pour leur souhaiter longue vie...de préférence en ma compagnie !!

 

P1450433

 

 

 

Posté par kasekuche à 22:43 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,