CHARLY dit "ZIGOUIOUI"

16 décembre 2018

"Etant philosophe, j'ai un problème pour chaque solution"

"On devrait mettre autant d'ardeur à simplifier sa vie qu'on en met à la compliquer"

Avec le temps, je suis devenu plus humain que teckel et franchement c'est une vraie vie de chien ! J'aspire le plus souvent, sur mes vieux jours à redevenir teckel à plein temps...Mon paysage est tout détrempé et bien grisâtre, heureusement qu'il y a un peu de jaune pour ensoleiller mes déplacements, quand je mets la truffe dehors. Ça c'est pour la note optimiste !! Mon pote a décidé de mettre de la couleur dans notre "sweet home". Les bonhommes de neige et père Noël ont envahi mon territoire et les guirlandes me font risette. Il manque pourtant à ce rendez vous, mes amies les épices et ma préférée : cannelle. Comme d'habitude c'est toujours les mêmes qui bossent et toujours pas de vieille aux fourneaux pour égayer mon après midi. Mon pote met la touche finale à sa déco, suspendant des boules à tire-larigot au point de m'en donner la nausée ! Moi qui ai perdu les miennes sans espoir de retour, je trouve l'allusion déplacée...J'ai le coeur en rade et l'âme rebelle, quand soudain un éclair de génie me traverse : je vais vous emmener au pays des merveilles et not'misère sera moins pénible au soleil....

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"On l'a déjà fait cette balade !" Ben oui, moi aussi, mais comptez sur moi pour la bonifier. Vous avez déjà la chance de vous promener au paradis en compagnie de votre porte bonheur Charly, alors n'allez pas, vous aussi, ronchonner! J'ai l'exclusivité de ce privilège dont j'use et abuse selon mon bon plaisir. Après avoir sacrifié à l'inévitable photo souvenir, on s'est permis, comme d'habitude, une petite infidélité au Tirol en patrouillant sur les hauteurs de Mittenwald en Allemagne. Nous avons choisi l'option télésiège pour prendre un peu d'avance. On a bien fait, car la vieille a de suite traîné les pieds dès qu'elle a eu vent de nos projets. Du haut de mon coffre grand ouvert, j'ai failli attendre ! Le Kranzberg s'est mis en route rien que pour nous. A peine envolé dans les airs, j'ai dû tourner le dos au paysage. Je n'ai rien perdu au change, encore que ! J'avais pour toile de fond, la ville à mes pieds et comme une verrue au milieu de ce décor, ma vieille se balançant tétanisée sur son siège. Compatissant, j'ai capté son regard pour ne plus le quitter, l'exhortant par mes petits cris plaintifs à ne pas lâcher prise. Une quinzaine de minutes plus tard, nous débarquons sur la terre ferme. Je laisse mon pote à son cheminement silencieux et ma vieille à ses fleurs et autres voleurs de miellat. Quand à moi, je prends le parti de zigzaguer sur notre route, quasi à la verticale. C'est à bout de souffle que l'on atteint le sommet... Nom de Dieu, une odeur de cannelle ! J'vous lâche un instant, pour jeter un oeil en cuisine. En attendant, faites une pause, prenez vos aises, installez vous sur ces chaises longues en bois et profitez du spectacle, je reviens de suite !!

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Le sol, bien plat celui-là, est jonché de petits débris pailletés un peu partout, vestiges d'une décoration rouge et or enfin en place. L'aspirateur ronfle et rode, je dois prudemment manoeuvrer pour atteindre la cuisine. J'arrive juste à temps pour passer l'inspection ! Ma vieille me regarde fièrement, contente de sortir du four, le fruit de son travail. Je n'aurais qu'un mot à dire : "peut mieux faire !" Ne jamais faire de compliments, ça incite, pour qui les reçoit, à se reposer sur ses lauriers. Mais, il ne faut pas non plus dissuader les efforts et les tentatives, quelles qu'elles soient... Je goûterais donc, avec enthousiasme, à sa tarte aux pommes poudrées de cannelle, pour l'encourager à donner "le meilleur d'elle-même" c'est à dire ce dont j'ai envie : mes gâteaux de Noël ! Alors les amis bien reposés ? Pas facile quand on sort gonflé à bloc du remonte-pente, de se retrouver devant un dénivelé qui nous nargue sur deux cent mètres et tout ça sans échauffement. J'en ai vu certains sur les rotules avant d'arriver au sommet ! Vous n'auriez pas vu mon pote ? J'ai passé tous les bancs en revue, personne ! Un étrange insecte capture toute mon attention et j'en oublie déjà l'objet de mes recherches, c'est le hasard qui me l'a fait découvrir, bien planqué derrière le chalet. Mon pote me gratifie souvent de ses réflexions sur le monde et ses travers. Je lui prête toujours une oreille complaisante. Mon regard bien ancré dans le sien, le conforte dans ses idées et lui donne la certitude d'avoir enfin un auditeur à la hauteur de ses pensées philosophiques. A force de l'écouter, j'ai très vite pris conscience que la perfection n'était pas de ce monde. À partir de ce constat, j'ai décidé de garder certains de mes défauts, auxquels je suis très attaché, pour en faire une valeur ajoutée à mes nombreuses qualités...

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Perdu dans ses pensées, qu'il a cette fois gardé pour lui, nous nous sommes assis sur un banc. Toujours en symbiose, avec la nature comme fil conducteur, nous nous sommes nourris spirituellement. Hypnotisés par l'horizon, nos paupières s'alourdissaient à force de "marcher" si près du ciel, vers l'éternité. C'est alors qu'un arrogant petit volatile est venu s'installer à nos côtés, piaillant sans gène. J'ai baîllé à m'en décrocher la mâchoire, lui signifiant mon ennui et cette cervelle d'oiseau m'a toisé de son oeil noir. Mon sang n'a fait qu'un tour et je l'ai mis en fuite. Content de moi, j'ai rejoint mon pote qui s'était retranché dans le chalet, étrange attitude ! Ce pourrait-il qu'il se cache de not'vieille ? Nous deux, c'est à la vie à la mort, enfin je le croyais... J'ai fait le guet pour lui et il en a profité pour me fourguer son sac à dos ! C'est elle, qui finalement m'a soulagé d'un grand poids. Ce n'est pas à mon âge que je vais travailler comme un forçat! Je les ai entendu glousser derrière mon dos, ça me hérisse toujours autant le poil. J'ai repris la route, les laissant loin derrière moi, il n'est plus temps de le perdre en enfantillage.

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L'heure est venue de chercher un emplacement confortable, susceptible de recevoir nos augustes postérieurs. Mon ventre pourra alors se poser sur mes cuisses, près à se gaver. Toutes mes suggestions ont reçu une fin de non recevoir, décourageante. J'ai lambiné à l'arrière, un peu à la traîne, comme vous d'ailleurs !! Mon ouïe fine, me fait dresser l'oreille, à l'écoute d'un bien étrange conciliabule et me voilà sur leurs talons. Il est question de remplacer quelqu'un, lorsqu'il aura disparu, mais ils se demandent par quoi ??? "Qu'est ce que tu dirais d'un colley ?" dit mon pote, "maintenant que je suis tombée amoureuse des teckels, je n'en veux pas d'autres" mais qu'est ce qu'elle raconte ? "J'en prendrais un plus petit que Charly !" Ils ne vont quand même pas me donner un ptit frêre à mon âge ?! Ma parole ! Ils sont entrain de lui chercher un nom, la menace est réelle : Pagaille, Picsou, Pantoufle... On ne me demande jamais mon avis, mais je le donne : je préfère mandarine, tartine, clafoutis... "T'en fais pas, il a encore de belles années devant lui not'vieux Charly !" dit-il pour rassurer ma vieille. J'en ai perdu la santé quand j'ai compris qu'il faisait des projets de remplacement alors que je n'avais pas encore un pied dans la tombe. Dieu merci, on n'en est pas encore à l'oraison funèbre ... Profitant d'une halte à la petite chapelle, j'ai quémandé auprès de ma vieille, quelques éclaircissements, sur mon état de santé. Elle est restée très évasive sur le sujet et m'a suggéré, ansi qu'à mon pote, une activité sportive qui ne nous ferait pas de mal ! Le voilà qui m'appelle et prend un bâton, j'me poste face à lui pour jouer le jeu. Une fois le bâton lancé au loin, je cours marquer l'endroit où il a atterri, puisque sa vue baisse et je reviens au pied. Ça c'est fait !!

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Je connais la chanson, il me fait le coup à chaque fois ! Mais je ne sais toujours pas pourquoi mon pote, veut que j'aille récupérer ce qu'il a jeté, alors que de toute évidence, il n'en a plus besoin !! On marche sur la tête... Et voilà, ça lui reprend ! La vieille hilare, nous photographie sous toutes les coutures et mon pote ne cesse de répéter : "Va chercher Charly !" Je ne bouge pas et prends mon air bête...Et quoi encore, qu'il aille le récupérer lui-même, j'suis teckel, pas larbin !! Il lui a fallu encore deux tentatives avant qu'il comprenne qu'il n'y a rien à gagner à faire suer quelqu'un qui n'a rien à perdre... Cette récréation sportive m'ayant quelque peu fatigué les pattes comme la tête, j'ai préféré prendre un peu de repos dans mes appartements. Lorsque nous sommes arrivés à hauteur de la deuxième chapelle, mes vieux ont enfin fait une halte pour manger. Mon pote a débarrassé le dos de mon sherpa, de son chargement, puis a déposé ma studette au sol sans m'en déloger. Ma vieille m'a proposé ma ptite gamelle de flotte et de croquettes, repas à peine digne d'intérêt. Je m'apprétais à descendre pour avaler cet hors d'oeuvre, quand j'ai réalisé que mes deux vieux, debout face à moi, s'étaient figés dans l'attente d'on ne sait quoi. Ils semblaient peu enclin à se restaurer, me privant ainsi, du seul repas intéressant : le leur! Malgré leurs injonctions "Allez Titi, dépêche toi, mange !" je n'ai pas bougé d'un ïota. Nous étions mon pote et moi, face à face, chacun campant sur ses positions, tandis que la vieille comme d'habitude a préféré se défiler, nous laissant nous dépatouiller avec nos problèmes de cantine...C'est un ptit rouquin, déluré et vif comme un écureuil, qui a mis fin à notre désaccord ! J'ai vidé mon écuelle en un rien de temps avant que ce faux jeton ne vive à mes dépens...

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                                                                           Notre retour, s'est fait le ventre vide ! J'ai joué de malchance en vous proposant cette balade aujourd'hui. C'est toujours pareil, chaque année, à l'approche des fêtes, je vis dans une sorte d'impatience et d'inquiètude mêlées. J'en perds le sommeil, mais pas l'appétit qui s'en va grandissant au point de me dévorer tout entier. Je vis, je pense, vanille, cannelle, épices, sucre et fromage pour le dessert... Je n'ai pas été un guide à la hauteur cette fois, heureusement que les photos parlent pour moi ! Un ange veille sur nous, nous avons de la chance, il semble qu'on ne prenne pas encore le chemin du retour. Notre itinéraire se poursuit vers Garmisch-Partenkirchen, je ne vous en dis pas plus, mais il reste une petite possibilité de finir cette sortie en apothéose...Il n'est pas interdit de reprendre le pouvoir lorsque cela s'avère nécessaire et même vital ! Dans cette ville, pas besoin de tâter le terrain, je le connais comme mon estomac ! Ma truffe joue une valse endiablée entre mes deux yeux, levés face au vent. Le goût de miel est déjà sur ma langue, j'en salive comme un Mastiff. Il va falloir ruser. À force de détours pour tromper l'ennemi, j'ai finalement atteint mon but, m'arrêtant devant chez Krönner, magnifique pâtisserie installée depuis 1759. J'aime que les bonnes choses soient immuables.

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J'ai travaillé sur deux fronts aujourd'hui et ça mérite...deux récompenses! Tendre l'oreille pour guetter un hypothétique bruit de casserole dans ma cuisine et dans le même temps vous avoir à l'oeil ainsi que mes vieux, très motivés à dévaliser ma pâtisserie préférée. Mais oublions tout ça, on a du pain sur la planche ! Il y a des moments dans la vie où on ne peut plus faire preuve de sentimentalisme, version Roméo et Juliette. Il faut s'entraider, alors les Voraces et les Coriaces même combat, à table !! Mon pote préfère le chocolat... qui m'est interdit. Je vais manger avec mesure pour garder la ligne, comme ma vieille. Mon choix est fait, pour nous deux ce sera : des amandes, noix, noisettes, pralin, moka, un peu de meringue et tutti quanti. Et pour finir, un petit gâteau avec le café... Allez, j'suis pas chien, faites votre choix, c'est moi qui invite....Mais pas pour la tarte aux pommes, y'en a tout juste assez pour moi et mon pote !!

 

"C'est Dieu qui a créé le monde, mais c'est le diable qui le fait vivre."


26 novembre 2018

"La vie n'est pas un long fleuve tranquille..."

 

"A mon âge ce n'est plus moi qui vieillis, c'est le passé qui recule"

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Chose promise, chose due, enfin une balade ! Comme vous, je n'y croyais plus. Le froid de l'hiver par petites vagues successives tape l'incruste. L'automne ne l'entend pas de cette oreille et entre en résistance. Quelques fulgurances estivales viennent troubler la partie qui se joue. L'été qui jour après jour, a fait de moi un phoque échoué sur une plage des Antilles, a bien du mal à plier bagages! Traînant sa parure quelque peu ternie et oubliant ici et là quelques rayons de soleil, il a finalement pris congé de moi. Tous ce monde là se bouscule au portillon des quatre saisons et c'est grand plaisir de les voir se tenir tête. Les champignons, chapeaux bas me saluent mouillant ma truffe de rosée et les châtaignes jonchent traîtreusement le sol pour compliquer ma progression, il n'y a pas qu'eux qui me hérissent le poil ! Depuis que ma vieille est revenue, elle a changé quelques uns de mes rituels sans me demander mon avis, ce qui est très dommageable pour moi qui entre dans le grand âge...

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Elle se refuse à me porter, que ce soit dans ses bras ou sur son dos... A chaque fois que j'ai besoin de ses services, elle me regarde d'un air embarrassé. J'ai beau lui tourner autour, la harceler, rien n'y fait : elle ne comprend plus rien ! Son incompétence gagnant du terrain, elle a finalement délégué ses pouvoirs à mon pote, qui me porte ou me dépose aux différents endroits où je dois me rendre tout au long d'une journée : mon fauteuil, à table, pour ma séance journalière de toilettage, la randonnée si nécessaire ou pour méditer sur les genoux cagneux de ma vieille...Par contre, grâce à elle, nous faisons de petites balades dilettantes sur terrain plat qui me donnent le temps de saluer tous mes amis. Je profite de ma tournée pour faire du maraudage, domaine dans lequel j'excelle. Tous ces changements sont liés, à sa visite chez un véto pour deux pattes qui l'avait kidnappé, ça n'arrive pas qu'aux teckels, enfin la parité !! Bien que son absence nous a fait ressentir un petit, mais rien qu'un petit manque, on est passé d'un extrême à l'autre, car maintenant qu'elle est revenue, on l'a dans les pattes du soir au matin et inversement. Le besoin d'espace, de liberté nous taraude, mon pote et moi. Elle persiste à nous coller aux basques même pendant nos virées bucoliques, mais à l'allure d'escargot ! Mine de rien, l'écart a fini par se creuser et on a pris la poudre d'escampette. Profitant des deux jours d'absence de la patronne, j'avais agrémenté ma vie de quelques nouveaux rituels et voilà qu'à peine rentrée, madame veut me remettre au pas !! Les absents ont toujours tort et maintenant c'est moi qui décide...J'en profite pour vous raconter vite fait ma ptite révolution !

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Lorsque j'ai fini de manger...aux deux râteliers, j'invite mes vieux à se débarrasser au plus vite de leurs corvées. Qu'ils mâchent la besogne pour qu'enfin on en vienne à l'indispensable : mon installation sur mon fauteuil rouge où j'y découvre, sans surprise, trois croquettes cachées dans l'oreille de mon poêt-poêt. Aussitôt que tout mon monde reprend sa place respective, le calme s'installe à nouveau. J'adore cette fin de journée où je peux enfin déconnecter. Mon pote met en route le traditionnel zapping, programme d'une platitude égale à mon encéphalogramme (que j'ai mis à niveau pour l'occasion !) ce qui a, invariablement, pour effet de nous endormir dans tous les sens du terme...J'ai repris ma vie en "main"!  Depuis que je passe mes nuits au pied du lit de mon pote, je demande à quitter mon fauteuil de plus en plus tôt, pour soi-disant boire un coup, mais sitôt fait, je vais me poster devant la porte de "ma chambre" attendant qu'elle s'ouvre ! La vieille se marre et mon pote râle. "Si on le laisse faire, on se couchera bientôt comme les poules " dit-il. Hé alors, il n'est pas interdit de suivre de bons exemples...J'ai enfin grand plaisir à m'installer dans mon panier du soir. Je plie mes pattes sous ma carcasse, qui descend lentement, recouvrant mes quatre fidèles soutiens pour les mettre au chaud, un peu comme si je couvais "la chair de ma chair". Ensuite, mon cou s'engonce entre mes deux épaules et ma tête pensante reprend sa place ! Et c'est aux premières loges, que j'assiste au rituel du couchage de mon pote qui est pour moi source d'émerveillement...La fenêtre toujours ouverte invite l'hiver à dormir avec nous, je ne suis plus qu'une boule de poils impatiente d'être anesthésié par le froid glacial. Mes ronflements prennent de l'ampleur histoire d'accueillir la vieille en fanfare, quand elle se décidera à nous rejoindre...ou pas !! Dans ma grande mansuétude, je lui ai laissé porte ouverte, mais je ne manque jamais de lui réserver un grognement de mécontentement quand elle se pointe tardivement et dérange mon sommeil. Coucher tôt, lever tôt ! C'est une méthode qui a du bon, je suis disponible aux aurores pour emmener mon pote faire sa sortie matinale, une bonne heure au moins, afin qu'il finisse de se réveiller en douceur...

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Je vous ai fait miroiter une promenade pépère et voilà déjà que j'y glisse quelques apartés, à ce rythme là on est pas rendu. Ha! voilà mon copain vacher, il a en charge un petit cheptel tout droit venu d'Ecosse. Me connaissant, il m'invite à une quête...de nourriture. Tout au long du chemin, les arbres habillés de jaunes et rouges, se délestent généreusement d'un excès de poids, pommes et poires jonchent le pré et leurs chairs éclatées nappent le sol. On s'est gavé de cette manne en compagnie des belles vaches des Highlands. Elles se sont très bien adaptée à l'alcool de fruits, ayant été engraissées en des temps bien lointains, avec les résidus des distilleries de whisky !! Mes vieux nous ont retrouvé quelque peu chaloupant, grisés par le sucre devenus alcool. Pour finir leur repas, après ces mises en bouche enivrantes, les vaches folles ont fait une razzia sur le foin, l'envoyant paître d'un coup de corne, histoire d'enguirlander les branches du pommier ! Ces décorations, rehaussées de belles pommes rouges encore suspendues aux branches, m'ont donné un avant-goût de Noël. Ce drôle de spectacle nous a distrait un bon moment jusqu'à ce que le taureau ronchon et peu disposé à la rigolade, mette le holà à la fiesta. Non loin de là, mes vieux se sont, eux aussi, laissés tenter par un distributeur providentiel... de schnapps! La température est remonté d'un cran et dédaignant la petite cahute mise à disposition pour cuver ou poursuivre la dégustation bien à l'abri, mes vieux ont préféré un banc avec point de vue, alors que le froid s'évertuait en pure perte à les geler sur place. Les meilleures choses ont une fin et j'ai repris la route !

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Nous étions bien nombreux à mettre le nez dehors et l'occasion était trop belle pour rendre visite à quelques pur-sang. Ce n'est pas la modestie qui les étouffe, ces bourrins prétentieux m'ont battu froid, moi qui suis de si bonne compagnie et toujours attendu avec impatience. Certes, je ne suis pas à cheval sur les principes, mais je trouve le procédé quelque peu cavalier, j'ai aussitôt tourné casaque, les laissant à leur triste pâture ! Soudain, une ribambelle de poulettes caquette dans mon dos, elles m'aguichent et m'éveillent les sens. J'ai pour elles quelques gourmands projets et m'apprète à revenir sur mes pas ! Un emplumé un peu enroué mais vindicatif m'interpelle et fait le coq. J'apprends que lui aussi à des intentions louables qui me semblent dénuées d'intérêt, chacun ses goûts !! Ce bellâtre ne mérite qu'une basse-cour que je lui abandonne volontiers...N'empêche que ce petit intermède m'a laissé sur ma faim et voilà que mon estomac réclame son dû. J'ai rejoint mes vieux pour leur faire part de l'info et je les ai trouvé bien installé, un peu plus loin, prêts à se goinfrer...sans moi. J'ai d'abord eu ma ration de dopant. C'est une cure anti-douleur, toujours bienvenue pour pallier aux défaillances mécaniques de mon petit corps, qui ceci dit, en toute modestie, continue de s'embellir en vieillissant ! Puis, après avoir vidé consciencieusement toutes les gamelles, j'ai été déposé quelques sms ici et là en attendant que mes vieux s'harnachent.

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Alors qu'on prenait lentement le chemin du retour, j'ai contemplé avec envie un petit groupe de biches sous l'ombrage des pommiers, en train de siester paisiblement. Mais le temps s'est gâté, le soleil a eu un moment d'absence inattendu, plus question de s'attarder. Dans un petit jardinet, le long de la route que nous devions traverser, trois petits chats se planquaient dans les fourrés, effrayés par je ne sais quoi. Le vent s'est levé, quelques belles bourrasques nous ont secoué tout autant que les noyers sous lesquels nous étions ! Par chance, nous n'avons pas été pris pour cible, quand un déluge de grelots noirs s'est abattu sur nous. Aussitôt mes vieux se sont mis à courir dans tous les sens pour ramasser ces coques, tombées du ciel. Je n'ai vu aucun intérêt à cette débauche d'énergie et perplexe me suis interrogé sur le pourquoi de toute cette agitation. C'est l'arrivée d'une voiture jouant les casse-noix qui m'a donné la réponse. Après son départ, elle a laissé sur l'asphalte, une odeur de noisette et de pain frais beurré qui m'a précipité sur la route pour profiter de l'aubaine. Ça n'a pas duré longtemps, mes vieux faisaient une razzia d'enfer de leur côté, mais la vieille m'a repéré puis mis à l'attache. Le reste de notre trajet s'est fait en douceur ou presque ! J'avais encore en bouche, ce délicieux trésor dont je fus très vite frustré, mais sans aucune rancune, j'ai réclamé consolation dans les bras même de ma tortionnaire. Elle m'a refusé ce réconfort et c'est mon pote qui m'a porté jusqu'au parking !!

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Dés notre retour, elle m'a entrepris pour un toilettage minutieux, sous le prétexte fallacieux, que j'étais pouilleux et négligé. Je sais très bien, que c'est parce qu'elle ne veut pas que je dorme dans leur chambre. Il parait qu'il fait trop froid pour moi et que ça lui fait peine, mon oeil !! Évidemment cette épilation ne va pas me faciliter les choses, j'suis plutôt dégarni ! Si elle compte sur moi pour prendre sa bonne décision, elle peut toujours courir... Soudain, je pousse un hurlement et c'est l'affolo, ils sont deux à m'ausculter sous toutes les coutures et ne trouvent rien ! Secouée et penaude, la vieille range ses outils de torture. Tant mieux, il ne me restait plus beaucoup de poils sur le caillou...Le lendemain matin, je ne marchais plus que sur trois pattes, déjà une patte folle et maintenant l'autre qui entre en rébellion. Mes deux arrières m'ont lâchement abandonné, on est jamais trahi que par les siens ! Sans que je puisse prendre mon petit déjeuner, ils m'ont embarqué, je vous le donne en mille...chez mon véto! Chacun son tour, mais moi au moins, ça ne m'a pas pris deux jours... A mon retour en fin d'après midi, j'étais un peu vasouillard. Mais lorsque mon pote, m'a installé sur ses genoux, j'ai fait table rase de tous mes griefs pour que la vieille puisse y déposer un odorant gâteau aux pommes accompagné... de noix. A mon tour d'être le centre d'attention, j'en ai profité pour changer mes rituels, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis! Le soir venu, je suis resté dans mon fauteuil pour la dernière séance avec ma vieille et c'est à minuit passé que j'ai pris mes quartiers pour la nuit. Lorsqu'elle m'a invité à entrer dans leur chambre, je lui tourné le dos pour retrouver ma chambre à moi, et dormir bien au chaud....preuve que je ne suis pas rancunier !!


 

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 "ma santé ne décline pas elle s’incline"

 

 

 

 

04 novembre 2018

« Si vous souhaitez être heureux pour une vie, cultivez des Chrysanthèmes »

"Et si nous n'étions rien de plus que le souvenir de quelqu'un ?"

 

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Un chrysanthème blanc, offert à l’être aimé, lui dira que votre amour est pur et que vous serez toujours fidèle. Les chrysanthèmes rouges, sont parfaits pour envoyer des messages d'amour (la couleur rouge est la plupart du temps associée à l'amour). Un chrysanthème rose est l'expression d'un amour fragile. Comme pour les roses, les chrysanthèmes jaunes symbolisent l'amour dédaigné. Une autre signification est celle de l'éternité.

 

                                                                                                          

 

 

 

 

 

 

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16 octobre 2018

"La vie est un grand livre écrit par un maladroit, m'en fous je sais pas lire !"

 

"Heureusement qu'il y a le malentendu, car sans le malentendu on ne s'entendrait jamais."

   

Tout fout l'camp, les saisons aussi. Réglé comme une horloge, le temps lui aussi, n'attend pas. Moi si ! Je suis prêt à entrer dans l'automne de ma vie, pour un voyage des plus agréables, mais l'été persiste à contrarier mes plans en jouant les empêcheurs de tourner en rond. Il ne me reste plus qu'à me vautrer ici où là en attendant des jours meilleurs...Les vacances sont finies et je me demande quand et où vais-je vous emmener promener ? Il me vient une idée qui devrait nous satisfaire mutuellement. Je me propose de vous faire voyager dans mes souvenirs que j'égrenne à l'occasion, le temps de mettre tout ça dans l'ordre et je vous embarque avec moi ! Je ne vous cache pas que je mets à profit la présence bien matinale et stimulante, de ma vieille en cuisine, pour me motiver. Nous nous sommes mis aux fourneaux sans plus tarder, de quoi exciter notre appétit, on s'en mettra plein la panse "après l'effort". Le tchak tchak du couteau rythmera notre marche évocatrice ... les pattes croisées devant moi, je suis prêt pour un de ces voyages immobiles que j'affectionne. Mon regard perdu vers l'horizon balaie mon album-souvenir, ne regardez pas le désordre, malgré le grain de folie qui trotte dans ma tête, j'ai quelques fils conducteurs pour ne pas me perdre en chemin...

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Première image...Un oiseau de mauvais augure, perché à contre-jour, est dans ma ligne de mire. Il me rappelle, bien malgré moi, une fébrilité que j'ai perçu dans mon sweet home, ces derniers jours. Tout est sens dessus dessous dans ma mémoire. Certaines photos prises au hasard d'un temps passé, loin de m'y entraîner à nouveau, semblent être des messagers d'un futur proche...Mon instinct me serine sans cesse "il y a quelque chose qui cloche !". Pauvres chiens que nous sommes. Pour vous avoir suivis, vous et votre exemple dans la périlleuse entreprise de domestication, on a hérité bien malgré nous de quelques uns de vos travers ! Heureusement, nous avons gardé nos quatre pattes sur terre et finalement, c'est nous qui vous avons apprivoisé. Cette aventure nous a rendu plus humain, c'est pourquoi bien souvent mes vieux font un transfert sur ma petite "personne" ô combien précieuse! J'ai aussi obtenu le statut d'animal domestique, mais je reste exclusivement à mon service...Il y a juste un petit hic, depuis que je me suis humanisé, mon animalité entre en conflit à chaque fois qu'il y a une ouverture...  Non ! Pas maintenant !! Je ne vais pas cracher dans la soupe, c'est pas le genre de la maison, encore moins quand elle embaume tout autant les épices que les aromates. Je vous abandonne un instant pour jeter un oeil sur le travail accompli en cuisine.

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Ma vieille m'accueille en tendant sa main vers moi. Je passe tous ses doigts en revue, c'est prometteur ! Je lui laisse enfin me faire cette caresse auquel elle tenait tant. Mon pote me répète à l'envi de profiter de la vieille et de venir me blottir dans ses bras, car bientôt, il faudra m'en passer un bout de temps...comprends pas ! Encore une devinette qui va me tarauder, comme s'il n'y en avait pas suffisamment dans ma ptite tête. C'est un grand réconfort pour moi, d'avoir votre oreille. Tout ce que vous ne me dites pas, apporte bien souvent, un écho favorable aux réponses que j'ai choisi pour rejoindre mes questions dans une grande farandole, où chacun trouve sa chacune... Mes retraités recommencent à brasser de l'air, me passant devant la truffe sans plus me calculer. Les portes s'ouvrent et se ferment, chacun à son tour relaye l'autre. Qu'est ce qu'ils mijotent ? Je renonce à déchiffrer l'incohérence et pars me réfugier dans mon  panier. A peine le temps d'y installer mon petit corps fragile et vieillissant que le ton impatient de mon pote me réclame au pied. Ils vont me faire devenir chèvre ! Dans le couloir, une vision d'apocalypse : mes deux perturbateurs portent leur tenue "exit" et la vieille à un sac noir sur l'épaule. Ils sont sur le départ et n'attendent plus que moi...à l'heure du goûter !!

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Comme trop souvent à mon goût, après avoir été bisouté à outrance par une hypocrite, je me suis retrouvé en exil à l'arrière d'ma berline. Au retour, j'ai eu l'exclusivité du bavardage inhabituel de mon pote, la vieille ayant fait bande à part. Mais, après réflexions, ce besoin soudain de vouloir me rassurer, comme pour me préparer à Dieu sait quelle catastrophe, m'a filé une angoisse monstre. A tel point que, dés notre arrivée, je n'ai pas respecté le protocole du nettoyage des pattes, laissant mon pote seul, penché avec sa petite serviette sur le paillasson que j'ai déserté... occupé à faire l'inventaire en cuisine. Dans la vie, y'a des priorités, certaines choses passent avant d'autres et pis c'est tout ! Enfin rassuré, je me suis installé sur le tapis devant l'entrée pour attendre ma vieille, partie traîner ses guêtres ailleurs. Profitons de cette interlude, pour continuer à feuilleter mon album-photo et enfin planifier cette balade tant attendue. Pas question d'improviser, je ne peux prendre le risque qu'un vent contraire souffle sur ma popularité.

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Cette façon étrange qu'ont les images à me parler d'aujourd'hui, j'ai beau faire, elles persistent à me raconter une toute autre histoire que celle que je voudrais mienne. Je n'y vois que mon pote et moi, l'un à la recherche de l'autre... L'angoisse me reprend. Il faut que j'en ai le coeur net, mon maître, où est-il ? Les grands esprits se rencontrent, il m'appelle pour me rassurer : "Charly, la soupe !!". Sans plus réfléchir, je fonce vers ma gamelle pour y engloutir vite fait mes croquettes appétentes, puis mon pote m'installe à côté de lui sur le banc...à la place de la vieille !! On se regarde, un peu contrarié de devoir commencer sans elle, alors dans un même élan, comme pour conjurer le sort, on s'est empiffré pour se remonter le moral et supporter son absence. La nuit est tombée, portes et fenêtres sont fermées, dans nos fauteuils respectifs, nous veillons...Mon pote et moi avons souvent rêvé d'être célibataire, état qui a toujours été notre nature profonde, mais contrariée par une enquiquineuse de première. Il semblerait qu'enfin notre voeu se réalise et pourtant, il nous laisse un goût de cendre sur la langue...à moins qu'on ait trop mangé ?!

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A l'heure du coucher, toujours célibataire ou peut-être orphelin, j'ai pris mes quartiers chez mon pote pour la nuit, mon petit panier au pied de son lit. Une lueur de phare, un claquement de portière venait parfois réveiller la nuit pesante. Au travers de ce demi-jour, je distingue le bras de mon maître, pendant le long du lit. C'est un appel pour que je veille sur son sommeil. En glissant ma tête sous ses doigts engourdis pour le réconforter, je sollicite en retour une papouille avec de plus en plus d'instance. Ce fut une caresse fugitive, relayée par un grognement puis suivi de ronflements qui suffirent à me rassurer. Enfin bercé par cette petite musique de nuit, je sombrais dans un sommeil peuplé d'affreux jeu de cache-cache où se mêlaient mes petits cris rageurs tout autant qu'effrayés. Un petit courant d'air m'a réveillé, je l'ai bien volontiers suivi jusqu'au bureau où mon pote prenait le frais, sur le balcon. Je me suis couché à ses pieds pour scruter en contrebas une possible arrivée de notre retardataire. Le froid petit à petit prenait possession de nous tout entier. Au moment de rejoindre la chaleur d'un cocon déserté par une traîtresse, mon pote m'a aperçu, toujours fidèle au poste, petit être frêle, compagnon des bons et mauvais jours (si peu !). A trois heures du matin, je suis peu réceptif, mais j'ai exceptionnellement accepté qu'il me fasse la conversation, sentant chez lui un besoin urgent de s'épancher. "Mon pauvre Titi ! Si tu viens faire le poireau à c't'heure sur le balcon pour attendre ta vieille, c'est que j'ai bien raison de me faire du mouron". Et voilà le travail ! De l'écoute, encore de l'écoute et toujours de l'écoute... C'est un boulot de chien, personne d'autre ne tiendrait sur la longueur, on est des pros dans ce domaine. Je le sens tout à fait rassuré et serein maintenant. Allez aux plumes, demain sera un autre jour....

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Vous l'aurez compris, je n'ai plus le coeur à m'en aller promener, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur ! Je suis accaparé par mon pote ou peut-être est-ce moi qui le monopolise. Le temps, indifférent à ce qui nous bouleverse, s'écoule fluide et sans temps mort, interminablement routinier. Qu'il s'en aille après tout, laissons le temps au temps. Quand à nous, pas question de prendre racine, il faut qu'on avance et le meilleur moyen c'est de mettre la vieille au rayon souvenir!! Faisons table rase, il faut faire un dernier sort à ce repas des condamnés... à l'abandon, hypocritement offert par notre ex-colocataire. Après ma petite sieste, mon pote m'a demandé de garder la maison et s'en est allé en prenant le sac réservé au seul usage des courses, dans lequel je trouve toujours à son retour, un petit os friandise. Les vieux réflexes sont revenus et c'est bon signe. Je l'ai patiemment attendu ainsi que ma récompense, sur le paillasson devant l'entrée.

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Un bruit de clé m'a fait sortir de ma somnolence, je me suis de suite préparé à lui faire l'accueil qu'il se doit, mais je suis resté sur l'cul en découvrant la vieille sur le palier et mon pote hilare. J'en avais gros sur le coeur, refoulant mes jappements plaintifs je suis tout de même trahi, par ma queue qui balaye la carpette frénétiquement. Notre premier échange entre quatre yeux fut bref, mais plein de reproches de ma part. message qu'elle reçu cinq sur cinq : trois jours qu'elle est partie la bougresse !!! J'ai passé le reste de la journée (enfin je crois !) à digérer mon amertume tout en la suivant, chaque fois qu'elle quittait son siège de crainte qu'elle ne s'en aille à nouveau. Finalement n'y tenant plus, je suis allé lui dire combien elle m'avait manqué. Mon coeur s'est emballé quand la joie est revenue s'y installer. Je n'ai pas boudé mon plaisir, à faire le mort sur ses genoux pendant de longues heures, grisé par ses caresses. Puis, las de toutes ces émotions, je me suis couché dans mon fauteuil, les observant tour à tour : à deux, en amour, on ne fait plus qu'un. Mais, on peut se demander lequel ? Pour éviter que mes vieux ne se posent cette question et m'en fassent un problème, je les entoure d'un amour indéfectible. Dans ce trio que nous formons à nouveau, nous ne sommes plus qu'un: moi !! Et ça fonctionne au poil ! Fermez portes et fenêtres, le bonheur ne doit point quitter ma maison ! Mon pote et moi allons nous faire une nuit royale et nos ronflements berceront le sommeil de not'vieille.

 
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"Sur les ailes du temps, la tristesse s'envole"

 

 

 

02 septembre 2018

"Quand je pense à tout ce que Dieu a fait : à commencer par moi ..."

 

"Après de longues et vaines recherches, j'ai renoncé à trouver la justification de la haute estime que je me porte."

Le soleil a failli m'avoir, jour après jour il m'a fait courber l'échine sous son ardente affection. Je me sentais comme un phoque, échoué loin de sa banquise et ma couche de graisse fondait à vue d'oeil ... Lueur d'espoir aujourd'hui, l'automne veut prendre le pouvoir, mon pote et votre serviteur lui ont prêté serment d'allégeance, illico. Mon maître semble convaincu de pouvoir passer l'hiver bien plus aisément que ce satané été qui ne sert à rien qu'à nous enfermer dans le noir, sorte d'avant goût de la tombe avant même de rendre l'âme. Bon ! Ce n'est pas le tout de se reposer sur mes lauriers, c'est la rentrée ! Il faut remettre le pied à l'étrier et pour cela rien ne vaut une balade dans la nature. J'oubliais un petit détail, il faudra supporter la compagnie de ma vieille, toujours de ce monde, elle a des appuis dans les hautes sphères... A tous ceux qui se languissent du paradis, viendez au Tirol avec moi ! Ce matin là, pleine d'enthousiasme, elle nous a promis monts et merveilles avec cette nouvelle randonnée, concoctée par ses soins. Notre cheffesse (Lol) nous a guidé jusqu'au parking du téléphérique... qui s'est avéré être un télésiège, pire encore : à deux places. Impossible de faire volte-face quand on est leader. Son sourire s'est figé et lorsque le lift nous a gentiment cueilli et envoyé en l'air, un horrible rictus a grimé son visage... J'adore ces grimpettes ! Tête dans les nuages, je suis confortablement installé pour faire sept cent mètres de dénivelé, rien qu'à profiter de la vue. Cette fois, pas de sapins en rangs serrés de chaque côté de notre doppelsessellift. Ma nacelle balance au gré du vent, la vue est époustouflante et je suis le maître du monde!

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Soudain, mon pote nous montre quelque chose en contrebas, du bout du doigt. Un lapin ! deux, trois, presque sous mes pattes qui me démangent. Je gesticule et gémis de ne pouvoir de suite leur tenir compagnie. Dans un premier temps, surprise et curieuse, la vieille se détend et englobe d'un seul coup d'oeil, les vaches, les lapins, la vue plongeante... Elle perd pied à nouveau et dans un geste désespéré s'arrime, tétanisée, à l'armature métallique de notre balancelle. Son teint est blafard, ses yeux exorbités et humides me fixent. Elle me parle entre ses dents d'une voix blanche : "Pas bouger titi" je la reconnais à peine. Les conseils, les mots d'encouragement ou les tentatives pour la raisonner sont de vaines paroles, qu'elle a renvoyé sans ménagement à mon pote, pourtant plein de bonnes intentions... Et pendant qu'elle murmure sa litanie : "Mon Dieu ! maman !" suspendue entre ciel et terre, je me dis que mon maître a bien raison quand il lui rappelle : "Mais pourquoi est-ce que tu l'as choisi ?!"

 

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Enfin sur le plancher des vaches, mes vieux récupèrent leurs sacs qui ont fait bande à part en prenant la nacelle suivante. Je n'aime pas les perdre de vue, surtout celui de mon pote, aussi j'en profite pour le scanner avec ma truffe : tout est là ! Il est temps de se mettre en route, les nuages moutonnent et s'entassent jusqu'à cacher le bleu du ciel et devenir fumée. Nous démarrons avec un petit passage "casse-pattes" qui m'est déconseillé par la faculté, c'est donc à ma fidèle sherpa de prendre le relais. C'est un job de confiance, qu'elle remplit du mieux qu'elle peut, la perfection n'étant pas de ce monde, encore que ! Moi, par exemple... Nous en reparlons une autre fois, c'est pas le sujet d'aujourd'hui... Ma vieille est confronté à un problème sans solution : l'amour de sa vie, moi! ou le poids qu'elle porte et supporte, moi! Confortablement installé dans mes appartements, je la sens, une fois de plus, contrariée de n'avoir pas le choix. Malgré tout l'attachement que je lui porte, étant accro à cette vie de chien, j'ai réglé la question une fois pour toutes : où il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème... Quand le sentier est devenu plus praticable, la vieille m'a fait mettre pied à terre, j'ai aussitôt collé aux basques de mon pote. Devant nous, le Kitzbüheler Horn du haut de ses deux mille mètres nous jauge avec condescendance. La prochaine fois dit-elle, je partirais de son sommet pour revenir ici. Puisque personne ne lui demande pourquoi, elle répond : "Comme ça, je n'aurais plus à prendre le télésiège" Non mais, vous avez vu le trajet! Mon pote tourne la tête vers moi et dit : "sans nous, hein mon titi !" Rassuré, j'embrasse le spectacle du regard. Je respire à fond et tout mon être se remplit de joie. vous le sentez ce bonheur à pleine brassée ? On va s'asseoir un moment pour mieux en profiter, pendant que mes vieux se désaltèrent !

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Tapi derrière l'azur, le soleil cligne de l'oeil. Il veille à dispenser ses lumières sur chaque parcelle de ces alpages où se côtoient pêle-mêle tous les coloris. Dame nature a signé d'un unique coup de pinceau, l'arrivée du printemps. C'est un trait vif et tranché, un monochrome de fleurs couleur jaune soufre qui enflamme diaboliquement mon paradis, à faire pâlir de jalousie l'astre solaire. Ses rayons déchirent alors le voile nuageux et le maître se met au travail ! Sans rien altérer de l'oeuvre première, il met en lumière l'orangé des asteracées qui pigmentent notre chemin. Il glisse lentement sur le vert des alpages, plein de fraîcheur et réveille quelques raiponces. Contre une pierre plate, un gros bouquet de fleurs rose bonbon s'est allongé, le soleil caressant en révèle toute l'onctuosité. Mon attention toute entière est captée par ces plantes mellifères. Ma patte folle glisse, s'en va abruptement se baigner dans le ru, tout droit sorti dessous cette pierre. N'ayant plus le choix, je fais corps avec elle et me jette à l'eau ! Profitant de la fraîcheur, je broute quelques jeunes pousses d'herbe tendre, éclaboussées d'eau de source et me retrouve nez à nez avec l'orchis vanillé sur laquelle ma truffe reste scotchée ! La "polésie" comme dit l'autre, c'est bien beau, mais ça ne nourrit pas son homme ! D'ailleurs, voilà mon pote qui m'appelle à l'aide. Lui et moi n'avons point besoin de longs discours, je vais de ce pas à la recherche d'un banc. C'est un travail pour lequel j'excelle et qui ne m'a pas pris beaucoup de mon temps. C'est fièrement, que j'ai cheminé à ses côtés pour le guider vers ma découverte. Habituellement, c'est moi qui ferme la marche, derrière mon pote, j'ai donc offert cette place vacante à ma vieille, parce qu'elle le vaut bien... Toutefois, ça reste provisoire, il n'est pas dit que dans un avenir proche, si la nécessité s'en fait sentir, je reprenne ma place favorite dans notre trio : bien à l'abri au milieu ! Une rumeur circule ; les loups sont entrés en grand nombre au Tirol.

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Mon maître a refusé ma trouvaille et j'avoue que je m'en suis offusqué au point de plus vouloir en décaniller. Il a eu beau user de toutes les flatteries, j'ai tenu bon, jusqu'à ce que la voix de ma vieille retentisse derrière mon dos ! C'est une grande manipulatrice, elle a prononcé deux mots, enfin presque, mais j'ai retenu l'essentiel : "va voir papa, on va manger la soupe !" J'ai piqué un sprint pour le rattraper, comme si elle m'avait botté les fesses. Je n'ai eu besoin de l'interroger du regard pour en savoir plus. Au moment de contourner la chapelle en surplomb d'un charmant hameau, j'ai repéré l'objet de tous mes désirs d'un seul coup d'oeil. Un oriflamme tirolien claquait au vent, seul cri de ralliement que je reconnaisse: "A table!". Un bonheur ne vient jamais seul, alors que je n'étais plus qu'à quelques mètres d'assouvir ma faim, un aboiement que j'ai perçu comme amical, s'est fait entendre. Nous, les canidés, formons une grande fraternité et parlons le même langage, quels que soient nos origines. Je n'ai eu aucun mal à comprendre cette confraternelle invitation. Pensant qu'il m'emboiterait le pas, je suis passé devant mon nouvel ami à fond de train pour entrer directement en cuisine, histoire de voir ce qui était prévu au menu d'aujourd'hui ! Je dois dire que l'accueil de son staff était empressé et enthousiaste. Toutefois ce premier contact fut des plus bref. Sans que j'en comprenne la raison, j'ai été raccompagné avec le sourire sur le perron où m'attendait mes vieux. Nous nous sommes alors installés à une table en terrasse, sous les regards amusés des autres visiteurs. Mon congénère nous a rejoint en me glissant à l'oreille : "j't'expliquerais..." pas la peine, j'ai compris : c'est clair qu'il n'est pas maître chez lui ! Alors qu'il tapait l'incruste à ma table, notre amitié a pris fin. A mon tour de lui expliquer que ce petit territoire était dorénavant soumis à mon diktat, en bref, fallait pas qu'il me les gonfle ! J'ai englouti mes croquettes avant que mes vieux ne soient servis. Puis j'ai partagé une délicieuse assiettée-terroir avec eux, il faut savoir entretenir le moral de ses troupes. Cependant, en quittant ces lieux je me suis fait la réflexion, pendant que ma vieille posait avec moi pour la postérité, que c'était le trop peu qui incommode ! Il me restait encore une place pour le dessert...

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Sur le chemin du retour, la vieille n'a fait que nous ralentir, prise d'une frénésie de shooting photo. Il n'y a que les fleurs pour capter son attention, je ne suis plus en tête d'affiche. Lorsqu'elle nous a proposé de faire un petit détour pour un autre point de vue, on a cédé de guerre lasse, à son caprice. Question ténacité, elle vaut un teckel et je ne fais pas souvent de compliments ! Je me suis portant donné un mal de chien, j'ai vainement tenté de poser prés de ses "chères" vedettes pour être dans l'objectif, rien n'y a fait. Usant d'une autre stratégie, je me suis fait pourvoyeur, histoire de rentrer dans ses bonnes grâces. Finalement j'ai trouvé une belle plante : haute sur tige, un gratte-ciel habité à tous les étages où mouches et autres gourmands s'y barbouillent de nectar. Fier de moi, je me suis posté à côté de ma découverte et mon photographe m'y a rejoint. Tout content de moi, remuant la queue avec frénésie, je réveille par mégarde les habitants de ce vérâtre blanc. Pfft ! tout ce ptit monde s'envole et me voilà encore expulsé de son champ de vision, sans décrocher le premier rôle de cette histoire ! Apparemment il est mal venu de montrer ostensiblement sa joie...Beaucoup moins motivé, j'ai moi aussi traîné à ma guise, ce qui m'a laissé du temps pour me laisser aller à mes idées fixes. Mon pote s'est installé sur un banc qu'il a bien gagné. En contemplation devant un panorama d'exception, assis sur un beau coussin de fleurs (on se venge comme on peut !) je songe au dessert que je n'ai pas encore pris. Je réalise soudain que notre pique-nique est toujours dans le rucksack et je vais de ce pas, le renifler, pour en avoir confirmation. Étrange idée de vouloir charrier un si lourd fardeau, alors qu'il suffirait de s'en délester en en faisant notre quatre-heures ! Je m'esbaudit de ce trait de génie et souhaite le partager avec mon pote qui, malheureusement, a bien du mal à me comprendre. Il remet son sac sur le dos, en disant à la vieille : " On rentre ! Charly aussi en a marre, allez titi ouvre la marche !"

 

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Il y a des jours où il faut savoir lâcher prise ! J'ai fait mon boulot de pisteur sans demander mon reste. Devant le regard impavide de quelques statues de pierre et la nonchalance de belles brunes bien en chair, j'ai dévalé la pente, pressé d'en finir, parce qu'au Tirol, mes vieux se couchent avec les poules et je voudrais pas louper mon dernier repas ! La vieille n'a pas pu s'empêcher de me mettre des bâtons dans les roues, à quelques centaines de mètres de notre "ascenseur" elle a eu une lubie ...Mon pote et moi avons dû monter la garde et surveiller les vaches, pendant qu'elle prenait un bain de pied à la fraîche. Je doute fortement de l'utilité de cette usage, dans son cas, je crois plutôt à la nécessité de mettre la tête sous l'eau, ça lui rafraîchirait les idées ! A bout de patience, mon maître lui a rappelé que les laitières allaient bientôt s'alléger de leur blanc fardeau à la ferme et qu'il n'est pas bon se trouver sur leur route ! Comme nous devons partager le même chemin étroit, il veut mieux ne pas les contrarier en provoquant un bouchon, certaines avaient déjà un regard belliqueux en s'approchant du pédiluve ! Il y a des arguments qui font mouche, elle a remis chaussure à son pied et nous leur avons brûlé la politesse. Enfin à la gare de départ du télésiège, sur le point de montrer patte blanche pour s'embarquer, elle s'écrie : " on a oublié d'aller voir la chapelle, on ne peut pas partir sans y allumer un cierge !" On a encore cédé, enfin mon pote, pas moi ! Je trouve qu'elle pousse le bouchon un peu trop loin...

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Il semble que plus rien ne s'oppose à ce que l'on rentre chez nous. la bougie diffuse enfin sa petite lumière et sous la protection divine, nous nous mettons en route pour prendre le lift. la vieille dans une dernière tentative désespérée et puérile, dévoile la vraie raison de ses nombreux caprices ; elle se propose de faire la descente les pieds sur terre, pendant que mon pote et moi prendrons l'air. La coupe est pleine et c'est la goutte de trop qui la fait déborder! Mon maître lui répond : "La prochaine fois, on partira du sommet du kitzbüheler horn pour revenir ici, comme tu l'as suggéré. Mais pour ce qui est de t'attendre deux heures au parking, ne compte pas sur nous, pas vrai titi ?" Heureusement que je suis là ! Fine mouche, il rajoute en souriant : " Et maintenant, il va falloir être une grande fille et embarquer." Alors là je dis bravo, on ne va pas laisser son idée fixe nous mener par le bout du nez !! Piquée au vif, les deux pieds sur la ligne de départ, sans un regard en arrière, elle a stoïquement attendu que sa phobie l'emporte pour une descente aux enfers, mais sans nous. En la regardant s'éloigner, une troublante pensée m'effleure, il se pourrait que la vieille nous condamne au purgatoire ses prochains jours, on a peut-être poussé le bouchon un peu trop loin !! Nous embarquons dans le lift suivant et comme je ne suis pas chien, je veille sur elle, sans perdre de vue l'essentiel ! Dés que nous aurons retrouvé le plancher des vaches, nous serons, elle et moi, libérés de nos hantises...Je prendrais enfin mon dernier repas, point final de cette belle journée.                                                 

"En avalant les méchantes paroles qu'on ne profèrent pas, on ne s'est jamais abimé l'estomac"


19 août 2018

"La vie de chateau" un jour de pluie !"

Je vous invite, en complément de cette courte visite, à suivre un vrai guide, via le site de ce beau château du Tratzberg : https://www.schloss-tratzberg.at/index.php/page-daccueil.html

Notre Charly a profité de ce jour de pluie bienvenu, pour rester coucher et se reposer...

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 A très vite !

Posté par kasekuche à 15:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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28 juillet 2018

"Je me demande si j'ai assez d'énergie pour être patient !"

 

"Ce qu'il y a de meilleur dans l'homme, c'est son chien."

Je viens de faire une incroyable découverte ; on se fait vieux ! Pour preuve : on se la coulait douce à la maison, épuisés par la chaleur, quand soudain à la faveur d'un orage, nous avons brutalement refait surface, déconcertés, en constatant la fuite du temps : dans trois jours, nous prenons la route...La livebox a rendu l'âme, nous sommes coupés du monde, impossible de vous dire au revoir ! Tant bien que mal, valise bouclée, on m'a casé à l'arrière du siège conducteur où j'ai eu la désagréable surprise de constater que la vieille allait conduire, ça m'a rendu malade !! Aussitôt arrivé à la Pension Noëlla, j'ai reconnu "ma résidence secondaire" et la transition s'est faite en douceur. J'étais enfin chez moi...ou presque ! Contempler toutes mes petites affaires bien installées dans la chambre m'a mis en joie. Sitôt mangé, j'ai expédié vitesse grand V ma sortie hygiénique pour me précipiter vers mon panier. Trois ptits tours sur moi-même et puis s'en va au pays des songes. La nuit fut fraîche et douce, propice à la rêverie. Je m'imaginais passer de longues heures prés de mon copain Sammy, jetant un oeil dans la cuisine de temps en temps tout en profitant de caresses et compliments des hôtes de ce havre de paix. Mais, c'était sans compter la sangsue à laquelle j'essaie désespérément d'échapper et qui se réjouit de partager ses extravagances avec moi ! Ce matin, J+1, je me tiens sur mes gardes, tout peut arriver, mais le pire n'est pas certain....

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En sortant du téléphérique, de blanches volutes sont venues encercler trois pauvres fous, seuls voyageurs débarquant pour s'émerveiller des lieux. Le paysage s'est chichement dévoilé au fur et à mesure de notre progression. Sur un panneau, en lettre verte fluo, le chiffre 4° fait un clin d'oeil plus qu'appuyé à la vieille, ce qui ne l'a malheureusement pas empêché de commenter le temps qu'il fait. Mon pote et moi avons stoïquement subi son bla bla inutile, sauf à nous les geler, lui plus que moi, soyons honnêtes. Pendant qu'elle en rajoute une couche, j'ai traîné mon pote au bout de ma laisse pour éviter qu'il ne se perde dans le brouillard. Nous avons fait une halte sur une plateforme suspendue au-dessus du vide. J'ai scruté ce plancher, transparent par endroits et troué à d'autres. Je n'y ai découvert que des nuages qui faisaient mumuse sous mes pattes. Le vent s'est engouffré à travers les grilles pour me siffler aux oreilles et me glacer le ventre, j'ai aussitôt pressé le pas pour d'autres horizons. Peine perdue, je suis alourdi par la brume qui se prélasse sur mon dos. Sans cesse elle me taquine, me voilant les yeux : un coup j'te vois, un coup j'te vois plus. En entamant un virage en épingle à cheveux, j'ai deviné une brèche dans cette purée de pois et soudain, j'ai vu... Je veux bien sympathiser avec les vaches, mais une aussi grosse pas question ! Bien qu'en y réfléchissant, j'ai aussitôt envisagé que sa production de lait et de crème serait proportionnelle à sa taille, pas bête le teckel nain ! N'écoutant que mon courage, je me suis faufilé sous son ventre pour constater son inutilité dans ma chaîne alimentaire. Mon pote et moi l'avons abandonné au brouillard, qui l'a englouti. Soudain, dans un coin de ma tête, ça m'a fait tilt ! Il me semble que j'ai mal évalué le bestiau, avec une dentition pareille, il doit bouffer à tous les râteliers. Ma vieille toujours à la traîne, pourrait bien lui servir d'ordinaire. Comme pour confirmer mes soupçons, son hurlement glacé retentit... Ils ont fait connaissance !!

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Je me voyais déjà orphelin de mère, sans encore percevoir si c'était un mal pour un bien. J'ai été frustré de ce débat intérieur fort intéressant. Bien vivante, gesticulant au loin, elle nous a rejoint à fond de train pour nous conter son aventure, dont on se fout puisqu'on en connaît la fin ! De montées en descentes, la plupart du temps n'y voyant goutte, nous avons cherché notre chemin dans cette contrée peuplée de créatures peu sympathiques. Puis on a découvert une terrain, propice à quelques exercices, comme s'il en était besoin ! De suite je me suis planqué derrière mon pote, je ne tenais pas à faire la vedette, jouant l'équilibriste pour le plaisir de mon paparazzi. Seul, mais peinard, j'ai assisté à l'amusant spectacle de deux vieux retombant en enfance, suspendus à leur tyrolienne. C'est alors que mon pote a poussé un cri de douleur en touchant terre, son genou est venu lui rappeler le poids des ans...La fête est finie. Encore que, "un mal pour un bien" prend ici tout son sens : mes vacances farniente comme je les aime, vont enfin commencer. Certes je compatis et malgré la pluie qui vient faire déborder le vase, je ne vous cache pas, que personnellement, mon moral est au beau fixe.

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Mais ce n'est pas parce que la tournure des évènements est à mon avantage, qu'il faut que je baisse ma garde. Je ne vais pas passer le reste de ma journée à humer le vent, les bonnes nouvelles ça creuse ! J'ai pris la tête de ma troupe et la chance me souriant une fois de plus, j'ai découvert une jolie chapelle un peu de guingois, qui m'a donné la direction à suivre pour trouver un abri. Un joli petit chalet nous a offert sa terrasse abritée pour que mon pote s'y repose un peu et l'on a fait d'une pierre deux coups ! Ma tambouille ingurgitée, j'ai pris place sur le banc à côté de ma vieille pour lui tenir compagnie... C'est alors que nous avons été encerclé, puis harcelé par de sinistres charognards. Il parait que lorsqu'ils ouvrent leur bec, ils ne répandent que pestilence ! Un, deux... puis quatre ou cinq, resserrent l'étau, effrontément, l'oeil noir. N'écoutant que mon devoir, j'ai pris place sur les genoux de ma mère, lui faisant un rempart de mon corps, pour la protéger, ainsi que son repas, au péril de ma vie. Les chocards ont tenu le siège pour voler notre ration de survie, mais ils ont dû rabattre leur caquet. Optant pour une autre stratégie, de séduction cette fois ci, ils nous gratifient d'une parade de pattes rouges et de mélodieux sifflements. Ce spectacle, que je trouve de piètre qualité, ne leur a rapporté que quelques miettes, semant la discorde entre eux. Quand à moi, je me suis gavé de ce qu'ils n'ont pas obtenu, juste prix pour ma bravoure.

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Un rayon de soleil est venu balayé le perron, donnant ainsi le signal du départ. Quelques nuages récalcitrants se refusent à nous montrer la voie et le doute s'installe à nouveau. Ce pourrait-il que la patronne nous ai égaré dans un monde parallèle à notre Tirol, sans que l'on ne puisse jamais s'en échapper ? Armé de jumelles, mon pote s'essaye à la clairvoyance, perte de temps que j'utilise à profit, en allant de l'avant, ma truffe rivée au sol. Rien ne vaut les méthodes naturelles : je tombe nez à nez sur mes meilleures (vraies) amies, quelques mètres plus loin, nichées en contrebas, là où le soleil donne. Elles sont lascivement vautrées dans l'herbe humide tout en prenant un bain de soleil. Tout autour d'elles, en équilibre sur les fleurs, des insectes sèchent et réchauffent leurs ailes. Ils sont sur le départ et ne vont pas tarder à tanner le cuir de mes belles brunettes. D'un coup de tête, faisant tinter sa cloche, la meneuse me montre la marche à suivre. Je bats le rappel immédiatement et adieu Jurassic Park !!

 

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La montée est un peu rude sur ce flanc de montagne heureusement encore ombragé. Un virage nous fait passer de l'autre côté, la lumière rasante nous salue chaudement puis se fracasse et incendie les parois rocheuses qui nous surplombent et rougeoient. Les nuages ont tiré leur révérence, déroulant sous nos pieds le magnifique paysage tant attendu. Le doute n'est plus permis, j'ai retrouvé mon paradis. La vieille vient troubler notre silence extatique et se propose de faire le guide. On n'est pas dupe, depuis le temps qu'on la pratique ! Elle a toujours quelques idées, dont une fixe, derrière la tête. L'échange promet d'être intéressant, mon pote a intérêt à ne pas baisser sa garde, car ma maîtresse est maligne. Tant qu'à faire, asseyons nous. "Tu vois là-bas,le seul coin qui reste encore un peu sous les nuages ?". dit-elle. Je retiens mon souffle. Mon maître fait mine de rien et reste silencieux pour ne pas ajouter d'eau à son moulin...à paroles. Elle s'en fout ! "C'est notre nouvelle et jolie balade comme on aime, prévue pour ces jours-ci, il y a une hütte où on mange un Tiroler Gröstl délicieux... Zut, j'ai oublié ton genou blessé, c'est dommage ! Ce sera peut-être pour l'année prochaine..." Attention, ne cédons pas à la tentation, on joue mes vacances de rêve sur ce coup là, il faut la jouer fine. Mon pote sourit, c'est bon signe ! Il lui demande: " Les marcheurs Autrichiens, ils la font en combien de temps, cette balade ?".  Yes, c'est plié !!!. Au moment même où elle a répondu "4 heures", elle a compris que la partie était perdue ! Soyons clairs, 3 vieux qui vivent à l'année à 140m au-dessus du niveau de la mer, feront "la promenade" en 6 heures. Et encore, si on ne se perd pas !!

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On reprend la route. Après quelques instants de silence, elle s'adresse à moi, sachant que je n'ai pas droit à la parole. "Qu'est ce qu'il en dit le titi, sa maman va profiter du panorama, au sommet prés des croix (1869m) c'est tout prés, ce serait dommage de passer à côté. Tu vas rester avec ton papa et te baigner dans le lac juste à côté". Et pis quoi encore ! Elle ne lâche jamais le morceau, un vrai pitbull. Sa passion pour les hauteurs et son vertige ne sont pas toujours compatibles. Pensant qu'elle renoncerait à faire la grimpette pour cause de poids excédentaire, mon pote lui dit :"Je t'attends sur un banc prés du lac emmène donc Charly avec toi, il sera content". Et pis quoi encore !! Mais rien n'y a fait : "viens mon titi, monte dans tes appartements". Comme d'habitude, qui c'est qui s'y colle, toujours le même qui est de corvée, j'ai une vie de chien ! En nous disant "à plus tard" mon maître, ce traître, lui a juste rappelé qu'elle avait charge d'âme. Ça ne l'a pas empêché de me livrer à la vieille, pour quelle me mette sur la croix. Adieu, monde cruel !

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"Ça valait la peine, hein Titi ?". Ché pas, je tanguais sur ton dos, ça m'a donné mal au coeur. Cette sortie m'a épuisé, à moins que ce ne soit mes vieux... Vivement demain, que mes vraies vacances commencent...

"j'ai passé une excellente journée...mais ce n'était pas celle-ci."

 

01 juillet 2018

"pour moi, la réussite, c'est d'arriver où on veut !"

 

La vue, le toucher, l'ouïe, l'odorat, le goût... Ne font qu'un seul et unique sens... Le plaisir !

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Ça y est ! Nous y voilà, après avoir terminé mon inventaire, je peux vous certifier que tout est là, à sa place, inchangé...Les plus hauts sommets toujours vêtus de blanc, des montagnes chapeautées d'un camaïeu de vert, des sapins-fantassins qui longent mes sentiers et votre serviteur qui s'en va conquérir son paradis...

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Un écureuil joue à cache-cache, mes copines affables portent toujours avec la même élégance, leur robe à fleur, chassez le naturel il revient au galop ! Les voilà déjà, un peu peau de vache... sur les bords de mon chemin, montant la garde tout en me saluant amicalement du joli son des clarines...

 

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Rassurez vous, nous pourrons aussi, si besoin est, faire trempette et se rafraîchir les idées...elles m'arrivent en vrac, pleines de bon sens ! Il se pourrait que, comme mon pote, je prenne de bonnes résolutions. Me nourrir sainement, du gras et du sel pour mon cerveau, un peu de bière pour mes abdominaux et bien sûr de la crème et du fromage pour mes vieux os...

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Le tableau est idyllique vous en conviendrez avec moi, je ne peux que m'en réjouir ! Toutefois, je me coltine en ce moment un parasite sur le dos, pas une tique ni une puce, c'est beaucoup plus envahissant : c'est ma vieille !!

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 "Chaque fois que ma peau pourrait se plisser, je mange un peu plus pour qu'elle se tende."

 

 

Moyenne

 

 

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31 mai 2018

"Ca ne fait jamais de mal de dire du bien. Mais ça fait parfois tant de bien de dire du mal"

 

"Peut-être qu'à force de retenir le pire, on finit par oublier le meilleur"

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Coucou ! C'est Charly ! Y'a quelqu'un ? Je voudrais avant toutes choses, vous remercier pour votre soutien indéfectible, lors de ma dernière opération. Vos encouragements ont pansé mes plaies, bien mieux que tout autre remède. De leur côté, mes vieux ont pris le relais et m'ont aéré deux ou trois fois, faisant en sorte que je me fatigue le moins possible. Avec l'âge, je suis obligé de le dire, ça cafouille un peu question organisation. Il règne une certaine confusion sous leurs casquettes et ça ne s'arrange pas quand le soleil chauffe dessus. Ils ont tendance à tout confondre, moi pas : 18° je sors, 27° je reste chez moi. Mon pote m'a consciencieusement emballé avec des bandages, j'ai cru un court moment que j'allais être momifié. Attifé comme ça,je ne suis plus "sortable", mais question confort, c'est mieux que le "cone de la honte*" comme dit Ann, my friend from Albuquerque. Mes vieux ont choisi notre camp de base au plus proche du parking avec une vue panoramique sur Durbach. Ma serviette magique a trouvé sa place, posée bien au milieu d'un banc. Mon pote a agrémenté celui-ci de deux parapluies ouverts pour lui faire de l'ombre et voilà enfin trois ptits vieux installés. Mais, quand la vieille a sorti du sac un sudoku en lui prêtant une attention quasi hypnotique, j'ai pas compris ! J'ai voulu prendre mon pote à témoin, mais lui aussi m'a fait faux bond, en pleine délectation des piquantes citations de Frédéric Dard... De mon côté, centriste par nécessité et non par facilité, je vacille de droite à gauche et inversement, pour obtenir gain de cause, peu de choses en vérité, juste du pain ! Refusant de me coucher car je ne sieste qu'après avoir mangé, j'ai tenté d'avoir mes vieux à l'usure à force de soupirs plaintifs. En désespoir de cause, je me suis alors assis sur le sudoku et on m'a remis gentillement à ma place. J'ai passé un cran au dessus, en ponctuant le silence de grognements, dans un ordre très précis et sans discontinuer, un peu comme un S.O.S : d'abord trois petits, puis trois plus longs et à nouveau trois petits, dans la plus totale indifférence! Après un temps qui m'a semblé interminable, le carillon de l'hôtel Rebstock s'est mis à babiller joyeusement au loin, nous rappelant l'heure avec délicatesse. Au douzième coup sonné, mon pote a soudain levé les yeux vers moi en disant : "Ha ! Écoute Titi, c'est l'heure de la soupe!" Il y a des jours où je désespère... Après avoir fini les trois gamelles ou presque, j'ai repris du poil de la bête en sirotant quelques lampées de café. Puis l'ombre ayant quitté mon banc pour s'installer au ras du sol, je l'ai suivi en m'installant face à mes vieux. Ça ne vaut pas mes coussins moelleux qui m'attendent à la maison avec la même impatience que j'ai à les rejoindre. Et c'est pour cette raison, que j'ai continué à râler jusqu'à ce que ma litanie m'endorme. Comme de bien entendu, c'est à ce moment là, qu'ils ont décidé de tout remballer pour regagner nos pénates...

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Nous sommes face à de grandes incertitudes en ce moment concernant nos vacances. La patronne s'interroge sur nos capacités respectives à mettre un pied devant l'autre, jour après jour, pour découvrir de nouveaux horizons au Tirol. Mon pote, que je soutiens à cent pour cent, pense qu'il est impératif de noter les jours de congé (ruhetag) de nos hûttes préférées... Ce serait rageant de se pointer la gueule enfarinée, le jour de fermeture! D'ailleurs, dit-il en me souriant, vu qu'on est déjà bien préparé... à rien faire, c'est indispensable d'avoir un endroit approprié pour continuer à s'entrainer ! La vieille me jette un regard qui en dit long et déjà je  sens que ce sera pour ma pomme ! C'est tout de même curieux que je sois pris à partie à chaque fois, moi qui ne dit mot ! Cette fois encore je fais office de bouc émissaire, haro sur le pôve Charly : trop lourd, bouffe trop, fainéant, toujours le même refrain, du radotage quoi !! Je tiens tout même à rétablir ma vérité, la seule digne d'intérêt. Si, à aujourd'hui, on n'est pas aux taquets, je n'en porte pas la responsabilité. Quand la froidure a fait son apparition, on n'était pas contre l'idée de partir en balade, mais se geler les fesses pour un pique-nique à nos âges, c'était prendre le risque de ne pas passer l'hiver. Mais, après de longues semaines d'inactivité, on s'est longuement concerté, pour finalement reprendre notre bâton de pèlerin. La vieille usant de faux-fuyant a très vite sabordé notre enthousiasme : "j'ai mal ici et j'ai mal là... gna gna...mon dos.." Toujours à râler, alors que c'est mon privilège, une sorte de compensation puisqu'on ne me donne jamais la parole ! Je la soupçonne de vouloir se débarrasser de moi et ça m'étonnerait pas qu'elle m'offre un séjour en colonie de vacances. En y réfléchissant, tout est réuni pour faire aboutir son plan machiavélique, ma visite chez le véto, juste avant les vacances comme par hasard... Mon opération et ma convalescence qui m'empêche de m'entrainer en sont la touche finale ! Soudain, tout se met en lumière, le complot savamment ourdi contre moi, a débuté, l'année dernière au Tirol, lors d'une balade bien précise que je vais vous narrer en toute impartialité...

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Ça faisait déjà deux ans qu'elle voulait voir de plus prés le magnifique paysage du Wildseelodersee à Fieberbrunn. Rien de mieux que d'aller déjeuner sur l'herbe à plus de 1800 mètres, pour avoir le meilleur point de vue, nous n'étions d'ailleurs pas les seuls à avoir la même idée !! Nous avons eu durant tout notre séjour ou à peu prés, un temps merveilleux, chaud et ensoleillé. Mon intolérance aux fortes températures et la santé fragile de mon dos, a mis ma vieille face à ses responsabilités: moi! Pas question de porter à vide mes appartements pendant que je me traîne misérablement sur des chemins de fortune, sous les yeux indignés et compatissants de nombreux randonneurs. Quoique, j'adore être l'objet de toutes les attentions et suis sensible aux faveurs qu'on voudrait m'accorder. (Ça reste entre nous !) Ne croyez pas qu'elle soit notre souffre douleur, c'est une rusée capable de tout. Après avoir pesé les deux sacs pleins, avant notre départ, persuadée qu'elle était de se taper le plus lourd, elle a dû rabattre son caquet : 9kg200 chacun. Elle a choisi son sac la première et ne peut donc se plaindre. D'autant plus qu'elle ne manque jamais de me mettre à la diète quelques semaines avant notre départ. Malgré ses jérémiades et quoiqu'elle dise, elle ne m'a pas sur le dos toute la sainte journée !! Enfin installé dans ma studette, j'ai pu contempler le paysage, malgré un léger roulis. Le personnel n'est plus ce qu'il était, mon porteur n'a pas le pied bien sûr. Mes yeux embarquent sans effort sur les montagnes aux sommets de plus en plus élevés, glissant sur leurs courbes jusqu'aux cimes enneigées qui marquent le confins de mon paradis. La vieille nous interpelle et presque à portée de ses doigts tendus, je devine l'immense croix de Jacob (Jakobkreuz) dressée vers le ciel. Elle surplombe la verte vallée où serpente le pillersee, les vaches y viennent en troupeaux, les pieds à la fraîche, tenir colloque et ruminer sur le bon vieux temps qui n'est plus...

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Nous avons finalement atteint le sommet et c'est tant mieux !Chargée d'âme (la mienne !) et de son masque "mater dolorosa", la vieille avait réussi à inverser la tendance. De nombreux randonneurs avaient fait montre d'une trop grande attention à son égard pendant notre ascension, elle m'avait volé la vedette !! Comme à mon habitude, j'ai fait preuve d'abnégation en mettant pied à terre quelques minutes avant de franchir la ligne d'arrivée. Je ne suis pas chien, je lui ai laissé la première place. Quand à moi, j'ai pu récupérer mon public, rien qu'en traînant la patte derrière elle !! Devant la jolie chapelle, nous avons contemplé à perte de vue, le travail accompli. Comme toute peine mérite salaire, un fumet de saucisses patates grillées est venu chatouiller ma truffe pour m'en donner confirmation. Là encore, j'ai dû me résoudre à subir les caprices de notre coach, qui soutenait que le meilleur était à venir, il fallait pour cela faire le tour du lac. Pour ma part le meilleur est là, dans cette belle hûtte aux volets rouges et blancs, où un nombre inquiétant de morfales s'agglutinent. On va se faire voler notre ration de survie... A mi-chemin, je me suis retrouvé face à l'objet de mes convoitises. La vieille s'est installée en équilibre sur une pierre pour faire cette photo dont elle rêvait. J'admets que le spectacle vaut le détour, mais en prendre plein les yeux ne vaut pas autant que s'en mettre plein la panse !! Nous sommes restés admiratifs tout en faisant servilement son éloge, lui reconnaissant le talent de nous avoir traîné jusqu'ici. Mon pote a perçu très vite un autre danger, la vieille avec inconstance avait déjà zoomé vers deux autres sommets, situés de chaque côté du lac. Dieu merci, le temps d'hésitation qu'elle a eu pour faire son choix, nous a permis de la rappeler à des nécessités certes plus terre à terre : manger !!

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Nous avons très rapidement trouvé un emplacement pour un piquenique. Je me suis consolé, en catimini, me promettant de faire une pause sucrée à ma hûtte sur le chemin du retour. Le petit groupe de jeunes autrichiens, arrivé quasi en même temps que nous, s'est jeté à l'eau, sous nos yeux médusés. Les marmottes en goguette, postées sur les éboulis un peu plus haut, ont cessé leurs jeux, pour assister d'un oeil intéressé au spectacle. Las des eaux glacés, ils en sont sortis, s'ébrouant avec force. Le temps d'une bière, de quelques éclats de rire et le soleil les a séché. Ils ont aussitôt revêtu leur culotte de peau et godillot de marche, pour entamer une autre montée en surplomb du lac...Je n'ai pas laissé l'opportunité à mon vieux de me mettre à l'eau, car moi aussi je préfère la bière comme tout Autrechien qui se respecte. J'ai tourné autour de mon pote, avec une exaspération grandissante, je lui reconnais un grand nombre de qualité qui font mon bonheur, mais l'art de la table pour bouffer trois croquettes, j'm'en tape !! Ça prend un temps fou, mon maître est minutieux et organisé tandis que la vieille comme d'hab, n'en fout pas une ramée. Et votre ami Charly ! Qu'est ce qu'il fait ? Hé bien, je soupire en regardant avec envie la Hûtte, ignorée par mes vieux et qui persiste par vagues successives, à m'envoyer des invitations portées par le vent, à la hauteur de mes envies. Pour soutenir l'effort fourni par mon pote, tout en lui suggérant qu'il n'est pas nécessaire d'en faire autant pour passer à table, je me suis installé au beau milieu du tapis de sol, d'où il m'a aussitôt délogé sans ménagement. Infatigable, j'ai mené une guerre de harcèlement, digne d'une mouche bleue dite à viande, au point de brûler plus de calories que je n'en ai consommé ! 

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Notre repas a été expédié en deux temps, trois mouvements ! Je reste sur ma faim et le peu d'énergie encore en réserve, ne me permet pas d'aller chasser la marmotte, tout au plus, celui de me poster devant mon pote avec mon regard le plus expressif et lui demander aimablement : "on s'tire ou quoi ?" Et bien sûr, c'est toujours celle à qui on ne demande rien qui l'ouvre, si vous voyez ce que je veux dire ! "Charly ! Tu nous tyrannise !" On croit rêver, je ne dis pas que, bien souvent, j'ai rêvé d'usurper sa place, mais je n'ai pas les qualités requises qui sont les siennes : autoritaire, dominatrice, exigeante... Je ne suis qu'un compagnon fidèle, dévoué affectueux et soumis, la preuve, j'ai deux boulets que je traîne avec moi depuis 11 ans déjà. J'hésite encore, mais je songe à me défaire de l'un deux...Lorsque j'ai adopté inconsidérément ces deux olibrius, j'étais jeune frais et dispos. Mais, à l'heure de la retraite, je me fais souvent la réflexion que mon pote et moi avons beaucoup en commun, je vous laisse tirer les conclusions qui s'imposent... Je crois qu'il est de mon devoir de laisser une seconde chance à ma vieille : il est temps de la déposer à la SPA pour qu'un autre de mes congénères nécessiteux l'adopte à son tour...

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Je crois qu'elle lit dans mes pensées ! La patronne semble contrariée et donne le signal de départ. Au pas de charge, les coudes au corps et droite comme un i, elle passe indifférente devant mon auberge qui embaume. Tandis que suis au supplice lorsque la vanille ouvre le bal et se mêle aux fleurs douces et poudrées de nectar. Ce délicieux mélange olfactif, se pare, dans un final puissant, de l'abricot chaud et d'un soupçon de cannelle. C'est le parfum que les hüttes portent pour embellir les après-midi du randonneur. J'en ressens encore sur le chemin du retour, la subtile note crémeuse qui me sert d'amuse-gueule et va se perdre hors des sentiers battus. Malgré ma déception, il est temps de rejoindre ma vieille et faire amende honorable, on ne sait jamais ! A force de lui tourner autour, au risque il est vrai de la faire tomber, je me suis fait rabrouer. Je venais humblement faire allégeance espérant par là-même, un revirement de sa part, peu de choses en vérité : qu'elle me prenne à son bord ou m'offre des sucreries. Peine perdue, la vieille a fait fi de mes efforts, je vous livre en vrac, ses propos grossiers : trop lourd, fainéant...Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle a de la conversation ! Vous êtes témoin, j'ai fait mon possible, mais je crois que l'heure de la séparation est venue. J'ai marché bien longtemps avec un pincement au coeur. Le seul ami fidèle qui me reste est venu me rejoindre, à l'ombre d'un banc. Nous sommes restés ensemble à contempler les meuglantes toutes proches qui cherchaient à se fondre dans le paysage. Les nuages au loin s'amoncellaient, la patronne avait disparu au détour du virage tout proche, mes oreilles se sont mises en mode radar. Mon pote a fait baisser ma vigilance d'un cran, avec quelques caresses et m'a révélé un secret : "Il faut s'y faire Titi, ta maîtresse est attachiante, c'est pour ça qu'on la garde !" Cette mise en lumière n'était pas loin de me faire changer d'avis, plus encore quand le ciel m'a foudroyé d'un éclair de lucidité : j'avais besoin de ma vieille ! Quand le premier coup de tonnerre a résonné, ricochant et s'amplifiant sur les sommets environnants, la panique m'a fait tourner la tête. Ma vieille mère s'était subrepticement glissée derrière le banc après avoir contourné la colline et je n'ai eu qu'à me blottir dans ses bras, généreusement offerts. Me couvrant de baisers, elle murmura : "n'aie pas peur mon ptit zigouioui...

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"Je n'admets pas que l'on contrarie mes projets, surtout quand j'ai la certitude de ne jamais les mettre à exécution"

 

*cone of shame : entonnoir en plastique, qui entoure la tête de nos chiens, pour éviter qu'ils ne se martyrisent, aprés avoir subi une opération, par exemple.

 

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02 mai 2018

"Né très jeune, j'entends mourir très vieux"

 

" L’optimiste ne refuse jamais de voir le côté négatif des choses ; il refuse simplement de s'y attarder ."

Hier encore, je donnais la cadence à mes vieux comme au vent frais qui voulait me soumettre et me faire frissonner. Depuis quelques jours, je me sens poisseux, engourdi par un souffle chaud qui me fatigue la respiration. Alors que je tente de récupérer un manque de sommeil ou à défaut, d'engranger quelques réserves au cas où, je suis sans arrêt interrompu sans aucun égard. Les portes et fenêtres de mon chez moi sont ouvertes à longueur de journée. La lumière presque aveuglante, alliée inattendue, m'oblige à garder mes paupières closes. Mais le répit est de courte durée, car dehors le monde s'éveille du grand sommeil hivernal que mon pote et moi aimons tant. Ça jacasse de toutes parts, les merles veulent clouer le bec aux corbeaux, ce qui n'est pas une mince affaire. Mes nombreux collègues ont pris l'air sur leur balcon respectif et se haranguent, tout en faisant la police, surveillant le parking qui nous est commun. Les deux pattes sortis de léthargie, donnent de la voix, parlent du temps passé et à venir, tant et si bien qu'ils me font suer... Je rouspète et râle, changeant de panier et de pièce sans trouver mon bonheur. À force, j'ai filé le tournis à ma vieille qui m'a jeté un oeil scrutateur. Aïe ! Je sens bien que je viens de réveiller le dernier hiberné, le plus dangereux...Charly, mon pauvre gros pépère, t'as chaud ? Je t'ai laissé en jachère bien trop longtemps, le boulot nous attend, je vais te faire une belle coupe printanière...

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Je ne collabore pas avec l'ennemi, qu'on se le dise ! Je préfère faire le mort sur la table de travail pendant que mon bourreau officie sur ma carcasse. Mon esprit prend le large et je me remémore une de ces balades annonciatrices des beaux jours. Chaque année c'est pareil, on le sait, le printemps est en chemin, pas de quoi en faire tout un plat. La seule chose dont je lui sais gré, c'est d'alterner le chaud et le froid. La vieille s'en régale avec impatience non sans regretter son passage souvent éphémère. C'est une saison paresseuse, ce qui la pousse à pactiser avec l'été bien trop souvent à mon goût, en lui cédant hâtivement la place. Le pire des scénarios... Pas de danger qu'il nous fasse faux bond celui-là, il me rend la vie indigeste !!

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J'ai "revisité" pour vous, ma dernière balade et l'ayant finalement trouvé à mon goût, je me propose de la refaire en votre aimable compagnie. Pendant que mon flanc s'offre au trimmer, mon esprit vogue entre rêverie et réalité. Petit à petit le silence reprend du terrain avalant les sons les plus discordants venant de l'extérieur. Il ne reste plus que moi, somnolant, presque heureux d'entendre le merle moqueur pendant que la vieille abat sa besogne. Cette fois pour inaugurer la nouvelle saison, nous avons changé d'horizon, abandonnant Durbach pour un temps. Ce nouveau territoire m'oblige à toutes les attentions : surveiller les alentours, mémoriser les lieux et surtout trouver un banc. Depuis le temps que vous vous promenez avec moi, je ne vous apprends plus rien ! Faisons quand même un bref résumé des premiers kilomètres : 2 ou 3 panneaux indicateurs qu'aucun d'entre nous ne comprend, une jolie forêt, de beaux tas de bois alignés pour un hiver rigoureux que j'appelle de mes voeux et bien sûr, des bifurcations pour le petit moment de suspense... Ha! j'allais oublier, je rajoute une petite fontaine pour nous rafraîchir les idées, un ou deux abris au choix pour agrémenter mon décor et un chemin de terre qui me mènera, n'en doutons pas, vers un joli coin pour un repas champêtre. Stop! On a oublié le principal : les fleurs et les fredonnants pour la chef, elle s'y attardera volontiers pour les photographier. Autant faire d'une pierre deux coups en plaçant mon banc juste à côté...En voilà une idée qu'elle est bonne ! Voyez vous ça, comme le temps passe vite, c'est déjà l'heure du casse-croûte. Bon! Jusque là, ça se tient...

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C'est quand même incroyable, qu'on soit systématiquement dérangé dés qu'on passe à table ! Un paquet de poils encombrants se vautre sur ma truffe et me fait éternuer, la vieille vient brutalement de me rappeler à la réalité en me retournant comme une crêpe. Elle a intérêt à ne pas me louper. Mon côté pile et face doivent jumeler et ne former qu'un tout harmonieux, une fois cet inutile relookage terminé. Où en étais-je ? Des  crêpes! Comment ça, y'a pas de crêpes, qu'est ce qu'on mange alors ? Des croquettes ! Ben ça alors pour une surprise, c'est une surprise. Les deux pattes sont de plus en plus ancrés dans leur certitude. Nous, les quatre pattes, sommes au contraire dans une soif constante de connaissance pour ne pas rester bête. C'est un boulot à plein temps, un de plus. La preuve : il y a maintenant prés de onze ans que je passe mes soirées, blotti dans mon fauteuil à écouter et engranger les inepties télévisuelles. Ce bruit de fond a un pouvoir soporifique encore inexpliqué sur moi. Il arrive toutefois, qu'au milieu de ce fatras, quelques infos capturent mon attention. J'affectionne particulièrement l'idée que manger riche et varié prolonge notre vie et notre bonne santé. Lorsque que je me redresse pour voir si mes vieux ont bien capté le message, je ne peux que constater leur peu d'envie de s'instruire. Ils dorment la bouche ouverte à croire que ça va leur tomber tout rôti dans le bec !! Me voilà une fois de plus, obligé de leur faire un cours de rattrapage. Je profite de cette balade pour fêter le joli mois de Mai comme il se doit ! C'est la période idéale pour les revendications et je décide de faire un sit-in ! Mais les sagouins m'ont laissé gober les mouches pendant qu'ils se gavaient de lard fumé et de fromage, c'est toujours les mêmes qui profitent...

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Je me sens de plus en plus allégé, probablement parce que je suis au régime sec. Mais pas que ! Étendu de tout mon long sur ma planche de supplicié, je contemple la vieille brandissant comme un trophée, la laine qu'elle m'a pris sur le dos. Camarades ! On nous spolie, on nous ment ! Non content de me ratiboiser, elle se fout de moi et me remercie pour ma "participation"... Elle cherche à donner à sa perfidie un air de générosité en me couvrant de baisers et de compliments. Je me débats et exige de mettre pied à terre, aussitôt fait, je lui jette un oeil noir qui vaut mieux qu'un long discours et m'en vais rejoindre mon panier. Personne alentour, je tourne trois fois sur moi-même, m'enroule de façon à devenir forteresse, en poussant de nombreux grognements exaspérés et rideau !! A force d'être tout le temps interrompu, je finis par ne plus savoir où j'en suis. Ha vous v'là ! Je vous laisse profiter du banc, le temps pour vous de grignoter, si vous avez de quoi et on se retrouve prés du pont tout à l'heure. En attendant je vais en repérage, c'est souvent pour moi, l'occasion d'améliorer mon ordinaire...

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Du coin de l'oeil, je contemple deux beaux porcinets, dodus à souhaits, le choix est cornélien... Sachant que je vais devoir livrer bataille, je cherche le bon angle d'attaque : ce doit être décisif et foudroyant. A cet instant précis, il me revient en tête un documentaire qui m'avait fortement contrarié et dans lequel on affirmait, preuve à l'appui, que le cochon est plus intelligent que le chien. Faudrait pas nous faire passer pour des andouilles ! Il y a bien longtemps déjà, que nous avons apprivoisé les hommes et leur avons appris comment vivre, alors que les gorets en étaient encore à se rouler dans la fange et se gaver de glands. Question intelligence on n'a plus rien à prouver !! Malgré tout, allez savoir pourquoi, les deux pattes, s'en sont toqués au point d'en faire un animal de compagnie. Personnellement, j'aurais beaucoup de mal à sympathiser avec mes futures victimes, ça coupe l'appétit...  Puisque mes deux lascars sont en train de siester, j'ai encore le temps de vous raconter cette étude qui n'a de scientifique que le nom... Imaginez une grande pièce nue dans laquelle on fera entrer, chacun son tour, les deux protagonistes : un cochon et un chien. Dans cette pièce, on dispose deux barrières de police en V et pointées vers la porte d'entrée. Dans l'intérieur de cet angle formé par les deux barrières, on dépose une écuelle bien remplie. Pas besoin d'être une lumière pour piger que ce sera la récompense pour service rendu ! Le pourceau entre sans se soucier des deux testeurs, longe la barrière jusqu'à parvenir à la gamelle pour s'empiffrer du contenu, sous les yeux émerveillés des deux "savants".  Même test pour le chien qui fait son entrée. Il visualise la scène, renifle le rata derrière les barreaux, juste pour voir si ça vaut le coup de se fouler. Puis, sagement posé sur son fondement, zieute les deux futés en attendant leurs consignes. Il y a eu exploit... mais lequel ? Le cochon a gagné, pourquoi ? En attendant d'en savoir plus, je me dis qu'il est urgent d'attendre, il vaut mieux connaître son ennemi avant de l'attaquer. Je reste donc sur ma faim...

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C'est fortement affaibli mais heureux de vous retrouver, que je franchis le pont sans faiblir grâce à votre présence à mes côtés. Je vous dois quelques explications concernant mon humeur chagrine et m'en vais vous confier une autre raison de mon mécontentement, si, si, j'y tiens ! Il y a une semaine, j'ai rendu visite au vétérinaire, bien malgré moi. Elle m'a piqué et repiqué pour me vacciner, une protection contre Dieu sait quoi, alors qu'on devrait me protéger des coups de vieux ! C'est eux qui m'ont livré à ma tortionnaire. Elle m'a regardé jusqu'au fond des oreilles, et sans ménagement m'a vidé les sacs anaux, ce qui m'a foutu les glandes. J'en ai hurlé de contrariété tout en m'agrippant à la vieille, j'étais quasi sur sa tête pour tenter de m'échapper. Maintenant que je vous ai confié tous mes tourments, je me sens plus léger. Le ciel lui aussi s'est dévoilé lentement, laissant place au roi soleil. La nature m'offre un bouquet final, histoire de me remonter le moral. Sur les hauteurs d'un paisible village, une chapelle carillonne à tout va et assure les campagnards de sa vigilante protection. Un immense tapis de fleurs jaunes embrase la vallée. Je me rapproche d'une table et trois chaises, intelligemment disposés à l'ombre et face au fabuleux spectacle. Sans vouloir pourrir l'ambiance, il manquait quand même à ce charmant décor, une belle dame au tablier de dentelle qui sent bon la vanille, si vous voyez ce que je veux dire ! Je mes suis couché sur l'herbe et au moment où je fermais les yeux, la vieille se fend d'une réflexion acerbe dont elle a le secret : "Charly, tes ronchonnements à tout bout de champ, démoraliseraient un régiment !" Et voilà, on peut jamais être tranquille...

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Je tenais à vous remercier de m'avoir accompagné, malgré mon humeur maussade. Ma vie a aussi comme tout un chacun, ses hauts et ses bas. Et c'est à l'arrière de ma berline où je pestais comme à mon habitude que quelque chose dans la voix de mes vieux, m'a fait tendre l'oreille. Dés que j'entends mon nom, j'interprète au mieux la langue de mes vieux qui n'est pas la mienne ! Je maîtrise une vingtaine de mots pour lesquels ma compréhension est immédiate, pour le reste je fonctionne à l'instinct..."Notre vieux Charly refoule du goulot, c'est de pire en pire" dit la vieille qui a toujours eu la dent dure. "Je crois qu'on a pris la bonne décision, il ne faut pas attendre qu'il soit trop vieux, on ne sait jamais avec l'anesthésie" dit mon pote. Il se tourne vers moi et m'assure que mercredi je vais retrouver ma dentition de bébé !? J'entrave que dalle, mais j'ai l'impression étrange qu'ils mijotent quelque chose... "C'est une bonne idée de lui enlever les boules en même temps..." rajoute la vieille. Là, ça me parle et pour cause : il me reste que le petit chose, mes joyeuses m'ont laissé orphelin depuis belle lurette. J'vois pas ce qu'ils veulent encore m'enlever, ils m'ont déjà tout fait. Au secours ! revenez mes amis, sauvez moi, mes vieux ont tourné fada! L'angoisse me serre le coeur à l'idée de revoir ma tortionnaire, je me sens nauséeux, sur le point de rendre l'âme. En jetant un coup d'oeil à l'extérieur, j'ai vu qu'aucune échappatoire n'était possible, j'étais foutu. Je vis mes derniers instants, adieu monde cruel... Alors que ma fin était toute proche, j'entends presque comme dans un brouillard "Ça lui laissera un ptit mois de convalescence pour se requinquer et être en forme pour le Tirol" Miracle ! Je viens d'obtenir un sursis. Cette inquiétante journée se termine par une autre question, restée elle aussi, sans réponse : je m'demande si on cherche pas à supprimer les vieux dans ce pays ?

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 "Il ne faut pas avoir peur des vagues qui agitent notre âme. C'est ça, la vie."

 

 

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