CHARLY dit "ZIGOUIOUI"

10 avril 2018

«"Moi lorsque je n'ai rien à dire je veux qu'on le sache" »

 

"les jours passent lentement à une allure folle"

 

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Ce jour là, un peu fatigué et quelque peu incertain quand à la météo, nous avons opté pour notre traditionnelle "infidélité" au tirol, en allant déguster les délikatessen chez krönner à Garmisch-Partenkirchen... La bouche et le ventre plein, je suis bien en peine de vous faire la conversation et vous propose une petite balade digestive dans la ville. Je flâne devant les belles maisons aux façades peintes, l'orgue de barbarie au coin de la rue me berce.  Je m'en vais alors en quête d'un banc pour m'y prélasser et c'est dans le beau parc du centre ville que j'ai trouvé mon bonheur. Las, le temps n'est plus à la fête, nous reprenons déjà la route,  mes vieux traînent avec eux, des relents de culpabilité : avoir cédé à la gourmandise !! Le hasard fait bien les choses, parmi tous les panneaux indicateurs, on peut lire le doux nom évocateur d'un lac (see). Cela s'annonce comme une balade facile, sans dénivelé, qui nous absoudra d'un péché, somme toute, véniel ! Je ne suis pas convaincu de la nécessité d'obtenir une absolution, faisons contre mauvaise fortune, bon coeur...

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Je vous laisse découvrir en même temps que moi, ce lac nommé Eibsee (lac des ifs) à 973 mètres d'altitude, au pied du Zugspitze (2962mètres) c'est une des frontières naturelles entre l'Allemagne et l'Autriche.

 

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La plage est magnifique, pour moi tout seul encore que... Je me sens épié et le seul visiteur que j'ai finalement aperçu sortant de l'eau, c'est un coin-coin aussi dubitatif que moi. Le soleil n'est pas venu chauffer les petits galets, cédant sa place à madame la pluie ! Sous nos ponchos, nous étions en pleine réflexion sur le fait de poursuivre ou non la balade autour du lac, ignorant le temps que cela nous prendrait d'en faire le tour. Le babillage d'un groupe de japonaises, équipées chacune d'un parapluie et d'un appareil photo nous a fourni les infos qui nous manquaient! Tantôt devant, tantôt derrière leur enthousiasme communicatif, nous avons découvert ensemble, ce lieu qui vaut le détour. Je lui ai toutefois volé la vedette, en posant modestement sous les feux des projecteurs !! Je vous laisse profiter seul de cet interlude, entre deux averses, car je me dois à mon nouveau public...

 

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"Pour que je travaille, il me faut m'enfermer à double tour dans l'ennui"

 

 


20 mars 2018

"Je me demande si la mort vaut vraiment le coup d'être vécue...."

 

« La véritable indépendance consiste à dépendre de qui l’on veut »

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Nom de Zeus ! Où c'est t'y qu'ils sont passés ? J'suis pourtant certain qu'on s'était fixé rendez-vous ici pour cette balade. J'ai le leadership dans le sang comme tout un chacun ! J'aime à booster mes troupes en me mettant en retrait, histoire de les valoriser. Mais j'assure toujours mes arrières, pas question de perdre mon poste. Pour ce faire, j'use d'une stratégie infaillible : lorsque la balade se termine sans soucis, je repasse au premier rang pour récolter caresses et compliments qui me sont dus. Mais si ça chauffe, je reste à couvert, en observateur, pour voir comment ma dream team passe l'épreuve. C'est ça le travail d'équipe... Mais là, je suis bien en peine, je vais quand même pas aller au charbon tout seul !  Parons d'abord au plus pressé. Il y a une tâche importante que je dois accomplir avant que mon lift ne redescende dans la vallée. J'y dépose quelques repères olfactifs pour le retrouver plus facilement. C'est notre porte de sortie, fort utile, lorsqu'on doit céder du terrain. Pour être franc, la raison principale de ce stratagème, c'est que j'ai la vessie pleine. Dans ces cas là, je perds tout mes moyens, ça m'obscurcit l'esprit et je n'y vois goutte. Dans la vie, il y a des priorités, chaque chose en son temps...

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Je tourne le dos une seconde et c'est la débandade, mes deux scouts ne sont plus là pour m'éclairer de leurs lumières. C'est fâcheux ! Maintenant que je suis livré à moi-même, ce que j'aime par dessus tout, je n'ai pas le temps d'en profiter. Le travail m'attend...J'ai bien souvent et ô combien refusé toutes ses invitations. L'éternel optimiste que je suis, ne désespère pas de trouver plus qualifié que moi pour répondre à ses avances. Pour l'instant, c'est mal parti : vous me faites défaut et mes deux retraités manquent à l'appel. Je grimpe en haut des collinettes environnantes, les unes après les autres, sans apercevoir âme qui vive. Quelques nuages blancs s'ennuient dans un ciel qui ne paye pas de mine et se sont pris à ce qu'ils croient être un jeu. A chaque fois que j'entreprend une montée, les blancs moutons viennent affleurer la butte, puis se cache à nouveau dés mon approche, sans me laisser le temps de les recruter pour un brin de compagnie !

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Je suis épuisé ! On se fait toujours avoir par le boulot dès qu'on veut l'éviter. Il faut faire preuve d'ingéniosité, de persévérance, d'assuidité pour s'en débarrasser et ce faisant, on s'aperçoit qu'on travaille dix fois plus que si on lui avait cédé de suite... Je ne vous cache pas que vous me manquez, je me faisais une joie d'avoir votre compagnie pendant cette promenade. C'est vrai que je comptais aussi sur votre appui pour vous envoyer en éclaireur, tâter le terrain. Ce matin, tombé du lit mais rassasié par quelques viennoiseries, mon pote m'avait gratifié de quelques confidences, alors que j'etais encore somnolent. J'avoue qu'à ce moment là, je n'ai pas bien assimilé son propos, ayant déjà du mal à digérer l'absence de petit déjeuner !! De plus, il tenait à me confier ses états d'âme, relatifs à un bourdon volumineux, dont tout à fait entre nous, je m'en bats les absentes ! C'est un fait, ce matin je me suis levé de la patte gauche et je comptais beaucoup sur vous pour dérider cette journée. Puisque je dois me résoudre à faire cette balade seul, autant que ce soit en bonne compagnie, la mienne !

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La tête ailleurs, j'ai batifolé un moment au gré du vol d'un papillon. Le temps passant, j'ai pris réellement conscience de ma solitude et de ce qu'elle pourrait avoir de définitive... En faisant brièvement le compte de ce qu'il me restait de mes racines, j'ai eu un choc ! Je suis le dernier d'une belle lignée. Mon cousin Jules de Bretagne, le meilleur d'entre nous, nous a quitté il y a peu, pour prendre sa retraite au paradis des chiens. Le seul avantage à mourir, c'est l'assurance d'obtenir une absolution rétroactive. Elle fait de vous un "regretté" et dans la foulée, un saint ! Mon ambition est d'obtenir ce label tout en restant en vie, je suis en passe de réussir...Dans son nouvel Eden, il ne perd rien au change, avec toutefois une différence de taille, c'est qu'il va pouvoir se gaver librement et sans retenue. C'est une belle action qu'il a fait là, en cédant sa bonne planque à un nécessiteux de tout poil, Dieu sait qu'ils sont légions ! Je ne suis pas encore disposé à cet ultime sacrifice, malgré les alléchantes propositions d'un paradis dont personne n'est encore revenu pour m'en prouver l'existence. Je ne lâche jamais la proie pour l'ombre. Avec mes vieux, je navigue suffisamment dans l'hypothétique pour ne pas me hasarder dans le spéculatif. Il parait qu'une teckel SDF, nommée Girolle, serait tentée par le poste qu'il a laissé vacant. J'ai déjà hâte de faire sa connaissance. Jules avait belle allure, la taille fine et le port altier mais c'est bien beau tout ça, qui c'est t'y qui soutient l'ossature !! Ceussent qui veulent garder la ligne pour faire le beau feraient mieux d'y réfléchir à deux fois : il faut manger pour vivre ET vivre pour manger. C'est ma doctrine, j'en martèle inlassablement le message. Même si ma vieille, obsédée de diététique, y est encore réfractaire, je ne désespère pas de la remettre dans le droit chemin quand je remettrai la patte dessus !

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En parlant de mes deux éclaireurs, mon coeur s'assombrit, se pourrait-il que je sois orphelin sans le savoir! Que va t-il advenir de moi ? Suis-je couché sur leur testament ? Qui va hériter de mes paniers, mes joujoux, ma gamelle et surtout qui va la remplir...J'angoisse à l'idée de me retrouver à l'ancienne place de Girolle et pris de panique, je fonce tête baissée, comme un dératé. J'ai retrouvé mes chers disparus, indemnes, à dire vrai, je les ai tout simplement rattrapé !  Si je perdais mes deux faire-valoir, je ne serais plus qu'un cabot anonyme. Il faudrait, en plus, que je bosse à plein temps et que je sois mon propre chef : tous les deux on ne peut pas s'entendre ! De nous deux qui va commander ? qui va obéir ? Je préfère ne faire qu'un... Rien ne vaut le lien qui nous unis tous les trois. Notre triumvirat a réglé le problème récurrent de l'autorité une fois pour toutes. Ma vieille me dit souvent quand je ne cède pas à ses caprices : "non mais Charly, qui c'est le chef ici ?". Ce n'est pas faute de l'avoir longuement instruite à ce sujet, depuis le temps, elle connaît la réponse. Elle persiste malgré tout à approfondir la question, espérant naïvement changer la face des choses. Avec mon pote, c'est différent, il ne s'interroge jamais à ce propos, il est aux commandes et pis c'est tout ! Comme il est mon meilleur ami, je ne veux pas le décevoir...En ce qui me concerne je campe sur mes positions, tout en relâchant du lest dans les moments critiques comme aujourd'hui, je leur laisse leur quart d'heure de célébrité et je reviens quand tout danger est écarté. On a jamais vu un chef aller au casse-pipe, il reste en arrière pour encourager et couvrir ses troupes...

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Depuis que je patrouille au Tirol, nous avons fait et refait certaines balades, avec "variante" comme disent les gens du cru. La vieille prononce ce mot avec délectation et le glisse mine de rien dans son baratin, histoire de nous faire passer, au mieux, la prochaine randonnée comme une surprise...au pire, une mauvaise ! Je n'ai qu'une chose à souhaiter : pourvu que rien ne cloche. Nous avons enfin fait une halte à Mösern, j'ai eu droit à l'inévitable attente, seul au bout de ma laisse, le temps qu'il visite l'église et son cimetière. J'y suis personna non grata et je me demande bien pourquoi. Je sais me tenir, j'vais pas creuser de trou, y'en a bien assez comme ça ! C'est plein de taiseux ici, je ne suis pas bien sûr qu'ils apprécient le dérangement. On n'est jamais trop prudent, il ne faut pas réveiller un mort qui dort. Il suffit que je donne un bon conseil pour qu'on ne le suive pas, une cloche sonne le glas. Je me demande pour qui, il n'y a que nous ! La vieille s'empresse de suivre cet appel et nous abandonne au premier banc venu. Le monologue dont m'a gratifié mon pote au saut du lit, prend enfin tout son sens ! De mon poste d'observation, j'aperçois un gros bourdon sous lequel  se tient ma sherpa, admirant la vue panoramique. La vieille va se prendre une volée qui va la sonner pour de bon ! Désabusé, je m'installe sans attendre, dans mes appartements, bien décidé à voyager aux frais de la princesse, si elle est encore de ce monde ...

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Je me demande ce qui les fait sortir du droit chemin, on pourrait croire qu'avec l'âge, mes vieux deviendraient sages mais que nenni ! Oui je sais, je manque quelquefois d'impartialité. Il y a tout de même des limites à ne pas franchir : celle du supportable... On navigue toujours un peu dans le flou dans ce domaine, c'est pourquoi je me suis imposé comme référence. Maintenant, je suis juge et partie. J'aime à me promener dans la vie avec nonchalance. Je n'ai besoin que de certitudes pour pouvoir goûter aux saveurs du temps présent, dés qu'une contrariété s'impose à moi et me chagrine, je la noie dans l'oubli. Mais là, impossible d'effacer la vision cauchemardesque entrevu dans le feuillage dense de la forêt que l'on traverse. Une silhouette blanche glisse sur la mousse tendre. Tout en approchant du möserer see, je la devine fuyante à mes regards, mais toujours sur mes traces. Je trouve que ce cadre idyllique a perdu de son charme depuis ma dernière visite, la forêt n'est plus enchantée mais hantée !!

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Comble de malchance, c'est l'endroit que mes compagnons ont choisi pour notre pique-nique. On s'est enfoncé dans la forêt et mon fantôme s'est évaporé dans la nature. Soulagé, je suis parti à la recherche d'un endroit reposant pour me remettre de mes émotions. L'heure tourne et le stress m'a affamé, il est grand temps de reprendre des forces. C'est finalement mon pote qui a fait le choix judicieux de prendre de la hauteur. Il nous a déniché un banc isolé, un peu difficile d'accés pour moi car cerné par des racines noueuses et enchevêtrées. Tout compte fait, ça fera une excellente protection à notre havre de paix, un fois que je l'aurai atteint! Un coup d'oeil bref mais perçant aux environs me rassure, rien ni personne pour troubler cet instant. Je plonge la gueule dans ma gamelle et savoure ce bon moment. Maintenant que je suis rassasié, je voudrais vous dire combien ça me désole que vous m'ayez abandonné, j'aurais pu faire une sieste royale sous votre protection. Au lieu de ça, vous m'avez lâché et la vieille est partie en reportage photo. Je suis seul à monter la garde face à d'obscures menaces. Pour couronner le tout, mon pote m'a doublé et fait la sieste à ma place !! Mon acolyte donne à sa perfidie, un air de générosité, en mettant à ma disposition, un confortable "oreiller" sur lequel je pose ma tête pour travailler dans les meilleures conditions. Je m'assure qu'aucun individu louche ne nous prenne à revers, nous privant ainsi d'un possible repli. Mais, des bruits furtifs, insidieux, m'obligent à me retourner. Je fais face au lac, tout en restant en appui sur les jambes de mon pote toujours endormi.  j'espérais me retrouver face à ma vieille, mais ce sont les revenants qui ont profité de ce que j'avais le dos tourné pour manoeuvrer sournoisement. Du haut de mon perchoir, je leur tiens tête. Soumis à mon autorité naturelle, ils baissent la leur! La crainte les a statufié.

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Quand mes vieux ont refait surface, je me suis installé sous le banc pour prendre un peu de repos. Nous avons repris notre route sous le regard médusé des tuniques blanches. J'ai maintenant la quasi certitude que ce sont des esprits qui, dérangés, se sont échappés du cimetière. Ce moment d'égarement leur pèse. Ils déambulent en grand désarroi, espérant retrouver la paix de l'âme. Comme ce lieu s'y prête, nos chemins se sont tout simplement croisés ici, par hasard. Conscient que nous n'étions plus en danger, j'ai pu me laisser porter par la douceur des lieux. Non loin de là, une famille de coin-coin se repose sur un îlot de verdure aquatique. J'observe avec curiosité la mère, qui encourage son grand dadais à prendre un bain. Bien que l'eau soit chaude et propice aux ablutions, le volatile un brin délicat ne veut point de cette immersion en milieu hostile : des poissons de bonne taille rôdent en cercles concentriques autour des pattes palmées de sa mère.. . C'est alors, que la mienne de mère, m'incite à m'aventurer dans l'eau. J'y trempe mes quatre pattes, sans conviction, histoire qu'elle me lâche. J'entrevois du coin de l'oeil deux écrevisses en goguette et ma fin prochaine, lorsque la bouche d'un prédateur à nageoires affleure la surface, cherchant à se mettre sous la dent (si ! si ! il avait des dents !) autre chose que du canard...

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Nous avons poursuivi cette promenade sur la terre ferme en bordure des bois et du joli lac. Une île de verdure s'y baigne en son milieu. Tout autour les plantes viennent y tremper leurs pieds et se chauffer au soleil du printemps qui n'a pas encore réussi à faire rougir les rhododendrons. Les bruyères croisent les canneberges, hélas pour moi, je suis arrivé trop tôt pour la dégustation. Mon attention est détournée par quelques fleurs de couleurs vives qui font le régal de jolis papillons à pois rouges. Notre chemin fait une petite boucle à travers les bois et soudain, adossée à un arbre, l'apparition surnaturelle d'un défunt nous interpelle... Mon pote s'arrête curieux d'en savoir un peu plus. Je me place bien en retrait pour ne pas troubler cette rencontre tout en essayant de ne rien perdre de son histoire. La voici : Pensant bien faire, le pauvre diable a légué tout ses biens à ceux qui sont encore sur terre, semant ainsi la discorde dans le monde des vivants. Depuis il traîne l'âme en peine et comble d'infortune, le voilà déshérité du paradis. Fort de cet échange au combien instructif, j'ai décidé de ne rien donner à mes vieux, ils seraient foutus de se battre pour mes paniers, mes joujoux ou même mes cendres (Ben oui ! je veux être incinéré.  Dans un trou, j'ai peur qu'on vienne ronger mes os ! Y'en a certains qui sont prêts à tout !) Quand je quitterai cette terre, je léguerai tout à la SPA, c'est ma dernière volonté, je fais ce que je veux et pis c'est tout !! J'ai repris ma route, rempli de convictions.

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Un éclat lumineux vient troubler ma vue et me taquine au fur et à mesure de ma progression. En face, de l'autre côté du lac, le soleil se prélasse sur un ponton et darde ses rayons qui glissent comme de fines lames d'argent sur la surface de l'eau. Au milieu des joncs et des molinies, il met joliment en scène, deux grands cercles de feuilles flottantes, d'un vert profond, alanguies sur la face à peine ridée des eaux. Les petits îlots miroitants cache peut-être une nymphe, je quitte le contre-jour pour en avoir le coeur net. C'est alors que m'apparait d'une blancheur éclatante la reine des lacs, beauté fascinante, nommée Nénuphar. Ces petits bijoux flottants sont protégés par le ballet incessant de la libellule bleue aux yeux grenat, le spectacle est paradisiaque. Les blanches silhouettes trouveront l'apaisement dans ce lieu si romantique, on ne pouvait trouver gardiens de la paix plus appropriés !!

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Le retour s'est fait tout en douceur, j'étais comme sur un petit nuage. En quittant mon bel endroit avec regret, je me suis senti libéré d'un étrange sortilège. La forêt s'est réveillée à nouveau et l'écureuil qui a glissé du haut de son arbre pour me dire au revoir m'a guéri de mon désenchantement. Un couple de colombes, cadeau de mes étranges compagnons de voyage, prend déjà son envol. Je jette un dernier regard sur le cimetière du village et son bourdon, qui n'est plus pour moi qu'un mot, un son, un déplaisir que j'ai oublié! A notre retour à Seefeld, pas même la pluie n'a eu raison de ma joie de vivre et c'est avec plaisir que je partage avec vous le dernier cadeau de dame nature pour clore cette étrange journée. Vous avez manqué ce rendez-vous, c'est un heureux hasard ! Il vous a épargné quelques frayeurs que seul un teckel à poils durs, de loin le plus courageux, a pu affronter. Donnez moi de vos nouvelles et tachons de prendre date pour une autre aventure...

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Peut-être qu’à force de retenir le pire, on finit par oublier le meilleur”

 

 

18 février 2018

"C'est le ventre qui porte la tête"

* 1er épisode : :http://miamigocharly.canalblog.com/archives/2017/11/11/34946852.html

"Un bleuet est de trop dans un champ de blé, et pourtant qui peut nier que c'est à lui que celui-ci doit son éclat ?"

Je sais ! ne râlez pas, vous allez me dire "j'ai failli attendre !" J'vous raconte pas tout ce qui s'est mis en travers de mon chemin pour m'empêcher de vous retrouver aujourd'hui pour que nous mettions un point final à mon aventure narrée le 11 novembre de l'année dernière. Bon ok, j'vous raconte, mais vite fait. J'ai assisté impuissant à la lobotomisation de mes deux vieux. D'abord, ils sont entrés dans une secte de procrastination. De lendemain en lendemain, ils ont finalement pris racine dans l'appartement. le cul bien ancré sur sa chaise, face à l'écran bleu qui l'hypnotise, la vieille a calé son dos, bien malmené à la gym, contre une bouillotte chaude. J'assiste impuissant à la fuite du temps et mes soupirs quémandeurs se heurtent à son regard vide. Mon pote s'est trés rapidement greffé sur le même mode de fonctionnement et la petite étincelle qui végétait en eux, ne s'est ranimée que lorsque, Dieu merci, nos trois estomacs au diapason criaient famine. Alors d'un pas pesant, tel des zombies, on prenait le chemin de la cuisine....ça fait peur hein !! Il me fallait les sortir de cette léthargie, leur redonner envie d'avoir envie de s'occuper que de moâ. L'hiver a fini de "nous endormir" et la pluie de nous mener en bateau. La neige s'est enfin invitée et l'occasion était trop belle de nous désengourdir à Durbach qui m'avait tant manqué. Maintenant que nous avons repris le chemin des bonnes résolutions, je peux à nouveau vous emmener avec moi en balade. Je sais que contrairement à ma vieille, vous avez bonne mémoire, mais voici tout de même de quoi vous rafraîchir les idées, avant de prendre la route. Je vois qu'il y en a quand même quelques uns qui ne suivent pas !! Non on ne va pas à Durbach, mais au Tirol! Les dernières paroles de la vieille résonnent encore à nos oreilles comme une menace :" Balade nulle et demain c'est moi qui mène la danse sur le même terrain"...

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Le lendemain, nous quittons le schönblick, toujours à jeun pour ce qui me concerne. La cheftaine décide de passer vite fait à la poste du village de Stumm, voisin du nôtre, pour timbrer son courrier de ministre. Mon pote et moi l'attendons patiemment dans la voiture. En jetant un oeil à la fenêtre, j'ai découvert à ma grande surprise, une belle vache mise sous cloche, fièrement campée sur son lit de paille. J'ai eu beau pleurer pour sortir du véhicule, rien à faire. C'est grand dommage ! Nous avions enfin une occasion de faire plus ample connaissance. La jolie laitière mise sous vitrine, ne risquait pas de me piétiner au cas où elle aurait eu quelques vapeurs rien qu'en me contemplant...Ce pays est le mien, je suis aussi "autrechien". Il est cher à mon coeur et... à mon estomac. Quelque soit l'endroit, il y a toujours de quoi s'installer pour boire et manger. La preuve ! Du producteur au consommateur... La vieille est revenue, le temps de farfouiller je ne sais quoi dans le coffre arrière du véhicule et nous avons enfin repris la route. N'ayant rien d'autre à faire que ruminer, je me faisais la réflexion que les vaches aiment beaucoup les fleurs, mais la bière tout autant, si je vous l'assure ! C'est pourquoi on les retrouve souvent au plus prés des hüttes où curieusement on déguste du bon lait, des gâteaux crémeux et du fromage. J'en déduis que cette magie n'opère que lorsque tous les acteurs entre en scène, dans un décor tyrolien. Pourquoi est ce que je me lance dans une leçon de choses ? Je m'rappelle plus... Si, ça me revient ! Depuis que la vieille est revenue de la poste, une furtive effluve me harcèle, ma truffe a trouvé le challenge distrayant et se met en devoir de découvrir ce qui vient troubler mes pensées d'une haute portée philosophique, voire même scientifique ! Alors que je suis débarqué hors de l'habitacle sans même me laisser le temps de rassembler mes idées, l'opportune émanation vient me gifler le museau tel une révélation. Je serais prêt à parier ma bottine, que dans ce coffre au milieu du barda, un morceau de fromage n'attend que moi et c'est bien volontiers que je tomberais en pâmoison devant ses arômes qui me trouble.

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En sortant du téléphérique, nous avons repris pendant un petit quart d'heure, le même itinéraire qui nous avez mené vers le fameux Enzianhof. Cette échauffement terminé, nous voilà face au carrefour litigieux qui avait permis à mon pote de reprendre la main la dernière fois. Il en profite pour me glisser en aparté, avec un air sous entendu, "prêt pour faire une balade de santé avec ta mère ?". Ne laissant aucune place au débat, la vieille a pris le chemin opposé, celui qui je crois me rappeler, ne grimpe guère ! Il semble tenir ses promesses et je lui trouve un charme particulier. Sincèrement, je pense que nous devrions nous laisser aller entre les mains de notre leader, qui n'a pas son pareil, pour nous dégotter de belles surprises pour les yeux. Vous trouvez que j'en fais trop ? Ça se voit tant que ça que je fayotte ? Mais c'est de famille, la fine mouche m'a mis à sa botte tout en douceur et quoiqu'il advienne je la suivrais fidèlement jusqu'à...l'heure du repas. Le soleil a baissé sa garde et se fait plus caressant. De temps à autre, la fraîcheur d'un ruisseau divague et vient me rafraîchir la couenne et les idées. L'enthousiasme qui me guidait jusqu'à présent se refroidit et je suis pris d'un affreux doute. Ce pourrait-il que la vue de cette belle ruminante m'ait exalté les sens, au point de faire de mes envies, une réalité sans fondement ? Autrement dit : est ce que je me serais fait enfumer par mézigue ?

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Ma vie n'est pas de tout repos, j'engrange tellement d'infos dans une journée que je n'ai guère le temps de mettre de l'ordre dans ma petite tête. Hors de mes sentiers battus, c'est évidemment plus difficile puisqu'il me faut en plus, analyser des nouvelles données. A la maison, il m'arrive de quitter une pièce d'un pas décidé et pressé pour arriver dans l'autre et d'y rester en arrêt, perplexe ! J'avais bien une idée dans mon ciboulot mais impossible de la retrouver ! Il peut régner un certain désordre dans mes hautes sphères, mais rien à voir avec des pertes de mémoire, je vous rassure de suite, juste un petit défaut d'organisation ! Pour y pallier, j'ai installé un panier dans chaque pièce afin d'y faire des escales "remise à plat". Ici, à mille sept cent mètres de hauteur, mes neurones se déshydratent et je n'ai plus ma tête ! Entre mes deux vieux mon coeur balance et je m'abstiens de trancher, l'un porte le pique-nique et l'autre un hypothétique frometon, il est urgent d'attendre ! Mon estomac s'en balance, il mangera aux deux râteliers. Laissons cette idée faire son chemin, pendant que je m'en vais du mien...

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Notre route est belle, elle s'étale généreusement sous un beau ciel azur et nous sommes seuls à en fouler le sol. Je vais clopin-clopant, lorsqu'un petit ru surgit de nulle part et vient se glisser entre mes pattes pour me tenir compagnie. J'étais alors sous le charme d'un lit de fleurs blanches, rosissantes sous mon regard inquisiteur mais une marguerite bien vigilante, me toise sans crainte et mine de rien, je m'éloigne tout en glissant ma truffe sur la mousse couleur pistache. La friponne me chatouille et je suis pris d'éternuements tant et si bien que je me retrouve le cul dans l'eau. Dorénavant, je cheminerai aux côtés de mon nouvel ami afin de rester les pattes au sec. Je ne risque plus de prendre froid et c'est le nez en l'air que je contemple mon royaume tout en étant attentif au bla-bla du ruisselet. Que je lève les yeux vers les crêtes déneigées ou que je scrute les vallées en contrebas, le paysage se recommence à l'infini sans pour autant me lasser. Mais voilà que le filet d'eau se fait la malle, il court, il court, espérant échapper au torrent qui bat le rappel de ses troupes. Le flot torrentiel se rue droit sur moi, menaçant, entraînant avec lui des pierres qui s'entrechoquent. Tout ce fracas pour que je lui cède le passage, mais je n'ai pas faibli et au dernier moment, il a bien été obligé de rentrer sous terre. Sous mes pattes, je sens encore gronder sa colère dans les entrailles de la terre. Le courageux ruisseau revient se jeter à mes pieds, sa joie de serpenter librement à la lumière et un plaisir pour les yeux ! De creux en bosses, il prend de l'élan, saute, gicle, éclabousse les pentes ventées. Il crisse le long de quelques roches recouvertes de lichens jaunes et orangés. Le soleil profite de ce miroir improvisé pour faire le beau et rutiler. Mon ami ruisselant me renvoie ces brillants éclats comme un clin d'oeil complice avant de disparaître hors de ma vue. La nature se donne au printemps et j'en suis le témoin ébloui. Ce spectacle exaltant me fait sentir fort et grand et lorsque mon torrent revient de l'enfer, rejaillissant d'entre les blocs rocheux tout proche de moi, je n'ai pas hésité une seule seconde à dompter les flots furieux !         

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Les flancs de montagne piquetés de buissons d'un vert soutenu se vautrent les uns contre les autres. Les aroles remontent des versants éloignés en longues processions tout de noir vêtus. Plus prés de moi, les pins cembro se dispersent et descendent lentement vers les contreforts dodus et fleuris. Je recherche à leur pied, quelques pignons que m'aurait laissé, par chance, le casse-noix qui sévit dans les parages. Ce charmant volatile est aussi cachottier que l'écureuil, mais sa mémoire est plus fidèle...Il suffit de quelques abeilles en plein travail sur les renouées roses ou la vision inattendue de la sauge bleue violacée, pour échapper de justesse à la séance d'hypnotisme, orchestrée par le tapis végétal de linaigrettes, qui me berce d'un bruissement caressant. Dans cet univers où j'ai tant à faire, je folâtre pour un court instant avec le souffle du vent. Emporté par mon élan, je tombe, roule sur moi-même pour finir ma course à l'orée du chemin. Il vient mettre le holà à ma cavalcade et stopper pour un temps, l'avancée des rondeurs montagnardes. J'ai pris de l'assurance depuis que j'ai dominé les eaux et je me surprends à espérer d'autres conquêtes rondement menées ! Aussi je retourne en embuscade dans ma jungle parfumée. Soudain, je perçois un changement dans l'air ! Je tente de sortir ma tête au dessus de la haute végétation de graminées, mais c'est peine perdue. Alors les oreilles tendues comme des périscopes, faisant fi des papouilles de quelques agaçants brins d'herbe, je capte de puissants souffles, suivis de brusques ronflements. Me frayant un passage dans la prairie pour rejoindre à nouveau le chemin, je stoppe net pour m'aplatir au ras du sol en compagnie du myosotis et nous contemplons ensemble, de l'autre coté du no man's land, un fascinant spectacle !        

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Un magnifique troupeau de géants à quatre pattes est réuni sous l'ombrage des pins. Ils expirent des frémissements tranquilles, les uns contre les autres comme au réveil d'une sieste, d'autres plus voraces se sont déjà remis à la pâture. C'est à peine si deux ou trois d'entre eux nous prêtent attention, il y a bien quelques renâclements pour exprimer un peu de curiosité, mais la crainte n'est pas de mise. Leurs belles crinières blondes rappellent les champs de blé et les oreilles en cônes sont à l'écoute l'une tournée vers l'arrière et l'autre de mon côté ! Je sens bien que mes projets de chevauchées fantastiques sont à mettre au rencart, fini la folie des grandeurs ! Nous nous éloignons doucement sans les perdre de vue l'un baille et se tend, l'autre se masse les deux côtés de l'échine, exactement comme moi, au réveil ! L'alpage, haut en couleur, ne manque pas d'attrait gourmand. Tant d'émotions pour un petit coeur comme le mien, me fait défaillir. Je quitte ces fières montures insoumises, contemplant une dernière fois leur robe couleur brioche dorée. Bon sang de bois, je me disais bien que j'avais oublié quelque chose, la nature, cette traîtresse, me fait perdre de vue l'essentiel ! Je ne sais peut-être pas où je vais, mais je sais pourquoi je marche, hors de question de s'attendrir à nouveau....

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Après ce moment d'égarement, plus question de se laisser aller. Je me suis rapproché de mon pote qui depuis notre départ, n'a pas décroché un mot. Son bâton donne le rythme et je les suis. Le calme est assourdissant, pas même le son d'un cloche. Au détour d'un virage quasi à angle droit, on aperçoit enfin quelques signes de vie. Une ferme nous annonce avec de grandes promesses imagées, du bon lait du Tirol, mais pas une vache alentour, nada !! Un peu plus loin, un îlot de maisons sans âme qui vive, nous confirme que l'endroit est déserté. Quoique, j'aperçois un drapeau qui claque au vent, ce qui ne manque pas d'attirer l'attention de mon pote. Je l'encourage vivement et nous faisons le tour des lieux, mais brusquement, je réalise dans quel guépied je me suis fourré ! Une troisième opportunité pour assouvir ma faim, it's too much. Fromage ou dessert ? Ce n'est qu'un dilemme de plus! Allongé sous l'étendard de cette hütte, je laisse libre choix à mes deux vieux qui se sont rejoints pour en débattre. C'est la croix et la bannière pour qu'il prenne enfin une décision, la vie c'est pourtant simple... Tout ça pour accoucher d'une souris : fermée !! Au tirol !! C'est la fin du monde, l'apocalypse est pour demain... Ben oui, me v'là soudain déçu ! J'ai traîné prés de deux ou trois autres fermes, sans même qu'un bout de rideau aux fenêtres ne se lève, puis j'en ai eu ras le bol et j'ai fini, comme mon pote, à renoncer aux plaisirs de la table. J'ai manqué de flair, me suis bercé d'illusions, mais ça va changer, je serais sans pitié maintenant que la faim me tenaille ! On dit souvent qu'être bête, c'est manquer d'intelligence, croyez moi, c'est le genre de superflu dont je me passe aisément ! Ceusses qui en sont pourvus, s'appliquent à faire de votre vie un jeu de piste fastidieux, suivez mon regard...

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Le coeur gros, la truffe au sol, je ratasse. La voix claire de ma vieille qui n'a dit mot jusqu'ici, se fait soudain entendre. Je crains le pire, du genre : y'en a encore pour une heure ou maintenant ça va grimper ou  pourquoi pas, on a oublié la bouffe... Mais non, elle propose tout simplement une pause déjeuner. Enfin !! Je retiens mon souffle et ne suis pas sûr de survivre à cette journée après tant d'émoi. Mon dieu que c'est long, l'installation de tout ce bataclan, juste pour manger ! J'ai la gorge nouée, l'odeur du fromage que j'ai tant imaginé vient à nouveau me narguer. Mes yeux se plissent un petit moment quand j'entends le bruit prometteur d'un papier qui se froisse. Dans le même temps mon pote installe mon ombrelle pour m'abriter du soleil tapant et je perds un instant de vue, la scène où se joue toute ma vie...Là ! Là mes amis, vous le voyez ? C'est-y pas le plus beau morceau de fromage qu'on ait jamais vu, je ressuscite ! Dans ma gueule, il y tant de saveur qui se répandent, un magnifique voyage rien que dans une bouchée, le paradis tout simplement. Je vous l'avais bien dit, la vieille n'a pas son pareil pour nous épater et pis entre nous soit dit, je suis obligé de le reconnaître, c'est la plus maligne de nous trois ! La vue nous a laissé sans voix, enfin presque ! Mon pote s'est fendu d'un compliment, enfin je crois : " C'est beau !" Voilà tout est dit...

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Apaisé, j'ai pris le chemin du retour. Regardez ! voilà mon ru qui dévale la montagne, il a pris ses aises et semble bien pressé. Je cours vers lui pour partager le bonheur de cette journée, mais il louvoie entre les racines apparentes des sapins, entraînant avec lui, pierres, bois et mousse tendre. Alors que je suis sur le point de le rejoindre, le ruisseau se rue dans une anfractuosité et je sais qu'à son retour il ne sera plus mon ami mais un fier torrent tumultueux. Il ne me calcule plus, de même que mon compagnon de route, que j'ai désavoué le temps de me soumettre à mon seul maître, mon ventre ! Mon pote, des bons et mauvais jours, devrait se rappeler combien, de nombreuses fois, je lui ai rendu moultes services. Notamment, durant mes sorties hygiéniques où tentant de faire demi-tour quand le temps ne m'était pas serviable, mon ami m'encourageait à poursuivre en disant : "Charly, avec tout ce que JE mange, il faut bien que TU marches..." Je ne comprends pas son attitude de promeneur solitaire, ça me tarabuste : il boude ou il est fâché ? Il faut que j'en ai le coeur net. Arrivé à sa hauteur, je l'ai longuement observé pour savoir si c'était du lard ou du cochon. Mais je n'ai rien pu déchiffrer sur son visage, il était trop occupé à se remplir les yeux de souvenirs alors que notre balade touchait à sa fin. Et c'est seulement dans la cabine du téléphérique, qu'il a daigné refaire surface, en me prenant sur ses genoux pour me dispenser de généreuses caresses. Pendant que je ronflais d'aise, il a levé les yeux vers la vieille en disant : t'en as d'autres comme ça ! Un compliment déguisé quoi, une façon de lui dire combien il avait aimé cette balade et qu'elle était reconduite dans ses fonctions de guide alpin. J'ai compris tardivement, que mes vieux m'avait épargné jusqu'au dernier instant, avant de m'annoncer la terrible nouvelle : les vacances sont terminées. C'est à cela que serve les souvenirs, à continuer le voyage à l'infini, sans se fatiguer ! Alors pour vous et moi, l'aventure continue...

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"Est ce possible que partir ne serve qu'à se rappeler quelque chose"

 

 

 

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17 janvier 2018

"Les rumeurs concernant ma mort sont grandement exagérées !"

 

"A vous qui venez me voir des quatre coins du vaste monde, que vous passiez par hasard ou pour le plaisir de ma compagnie, je vous souhaite autant de bonheur et de plaisir, que ceux que je goûte chaque jour, dans ma vie de chien. Mes ami(e)s, grâce à vous, je ne suis plus un promeneur solitaire, grâce à moi, vous avez voyagé au paradis, c'est un bel échange que j'espère renouveler en 2018. Je vous souhaite du haut de mes quatre pattes une belle et heureuse année, portez vous bien ! "

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Ce n'est qu'un éternel recommencement certes ! Encore qu'éternel me semble prématuré et c'est pourquoi, à grand renfort d'encouragement, j'ai souhaité que cette nouvelle page de ma vie soit pour vous une promenade de santé, indispensable pour entamer l'année 2018 ! Pour ma part, j'ai navigué à vue depuis quelques mois, tout n'était que changement autour de moi. Mes rituels, qui rendaient belle, chacune de mes journées, rétrécissaient comme une peau de chagrin et je me sentais presque devenir vieux. Serait-ce une maladie contagieuse ? Comme vous le savez, la vieille en est atteinte et ne prend pas le chemin de la guérison...Chaque fois que je lui insuffle quelques idées ou que je la harcèle pour que les vieux souvenirs de nos balades refassent surface, les mots se mettent pêle-mêle dans sa tête. Quand je les vois enfin s'échapper comme une nuée de moineaux pour se ranger en ligne prêts à partir, je m'estime heureux et fier d'avoir accompli mon devoir et peux enfin me coucher aux pieds de mon biographe pour dormir du sommeil du juste. Mon œil, sur le point de se mettre à l'ombre, entrevoit soudain mon histoire à peine esquissée se défaire comme la toile de Pénélope. Les phrases se disloquent, ne reste que des mots orphelins qui s'évanouissent en laissant à nouveau la page blanche. Le rideau tombe sur l'acteur que je ne suis plus, il me faut à nouveau travailler, inspirer à en perdre le souffle et finalement les doigts de ma vieille se sont remis à courir sur le clavier. Elle a confié le fruit de notre travail à Vista. Je le jalouse depuis un long moment déjà, il vit dans la grande tour noire et ronflante sous le bureau. Je le soupçonne de vouloir me voler la vedette, mais croyez moi, je l'ai à l’œil ! Le sort s'est encore joué de nous. La maudite machine, ayant probablement entendu quelques rumeurs concernant sa probable mise à pied, a pris les devants et refuse tout simplement de nous rendre nos écrits. Les bras de fer ne durent jamais longtemps... A chacun sa façon de gérer les conflits : j'suis reparti me coucher et Vista a généreusement octroyé à ma pôve vieille, un seul droit d’accès aux jeux de cartes et puzzles !!

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Pendant ce temps, mon pote se sclérose car le temps pluvieux nous empêche de partir en balade à Durbach. Pour pallier à cette frustration, il lui reste notre sortie du matin. Elle s'apparente plus à une marche sportive, qu'il tente de renouveler en fin d’après-midi en lieu et place de la patronne qui s'en va à la gym. Elle espère que cette oxygénation par l'effort lui montera jusqu'au cerveau, son objectif étant de se renflouer en neurones dont elle a grand besoin. Dans cette affaire, je vous le donne en mille, qui est ce qui trinque ? MOI ! Normalement, dés l'aube, je pars accompagner mon maître parce que je n'ai pas le choix. Quelque fois je rêve d'être chat et d'avoir ma litière à domicile. Quel bonheur ce doit être, de se recoucher dans la foulée après un pipi vite fait, sans mettre le nez dehors ! Dans l'ascenseur, j'observe mon pote qui me sourit et finalement je me sens heureux de partager ce moment avec lui. Sitôt dehors, le froid me mord et l'humidité me gagne, je frissonne, ma queue retombe vers le sol comme pour jeter l'ancre sous le porche de mon immeuble. Le ciel est sans pitié. Et c'est ainsi que lui sous son parapluie et moi sous un rideau de pluie, nous marchons d'un bon pas.

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 Ma nature optimiste, m'incite à croire jusqu'au bout que ma sortie de l’après-midi se fera en compagnie de la vieille ! Car, dans ce cas, c’est moi qui donne la cadence. Quand l'heure sonne, je tournoie comme une mouche autour de ma maîtresse, jusqu'à l'agacer pour qu'elle me sorte au plus vite, histoire de brûler la politesse à mon pote ! J’aime à mener cette virée tambour battant, je tiens ma vieille au bout de la laisse et l'oblige à se presser, souvent même à prendre le pas de course quand mon chez moi m'appelle. Dés que je me gèle les pattes et l'arrière-train, l’inquiétude prend aussitôt le relais. Je me sens fondre à force de puiser dans mes réserves de calories patiemment accumulé. Encore du boulot en perspective, il va falloir me remettre en mode boulimique, d'autant plus que mes maîtres ont changé mes amuse-gueules sur les conseils "avisés" de "leur" véto. Il m'a classé "senior" maintenant, j'vous d'mande un peu de quoi qu'y s'mèle ! Ma bouffe est beaucoup plus protéinée, j'suis pas fan, ça me gonfle...Par contre ce genre de "visite médicale" dégonfle toujours le portefeuille de la vieille, tant pis pour elle ! On m'aurait demandé mon avis....

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 Il y a du nouveau ! Mon pote quitte son bureau et sollicite ma présence, j'hésite ! A t-il opté pour un tea time, auquel cas y'a urgence, on m'attend en cuisine...Le voilà, qui s'arrête pour une brève causerie avec la patronne, bizarre ! D'ordinaire on ne l'invite pas, y'a pas assez de gâteaux pour trois...J'attends avant de le suivre et je reste à l'écoute: une porte du placard s'ouvre, les clés s'entrechoquent, mon sang ne fait qu'un tour. Je me glisse en vitesse sous le bureau de ma maîtresse et me couche prés de la grosse tour noire qui ronronne. Elle fut autrefois la meilleure amie de ma vieille, mais de nombreux différends ont depuis peu détérioré leur relation. Mon scribe qui manque à ses devoirs, lui crache entre ses dents, des mots dépourvus d’affection "saleté de truc" "matos de..." pour finir bien souvent par l'abandonner à sa médiocrité et moi à mon coach sportif. Puis, elle s'en va "déverser" sa colère à la salle de gym en ramant, ce qui ne la change guère !! Encore que, elle rame au sec et moi je prends l’eau, la vie est mal faite !! Mon entraîneur furète ici et là pour finalement me déloger de ma cachette, pendant que la "feignasse" ronronne de plus belle à l'idée de profiter enfin seule de mon sweet home que nous avons déserté. Devant l'entrée de mon immeuble, sans aucune impatience, la pluie m'attend et me saoule de sa rengaine. Elle entraîne dans son sillage tous les messages d'encouragement déposés par mes congénères, pour cette nouvelle année. Je ne suis pas né de la dernière pluie, hors de question de me faire avoir à chaque fois ! La méfiance me fait raser les murs et je ne m'aventure vaillamment à découvert que lorsque je suis convaincu que mon ennuyeuse compagne s'en est allée pleurnicher sous d'autres cieux. Mais bien souvent, lorsque nous sommes à mi-chemin, la traîtresse nous prend en embuscade ! D’abord le déluge qui nous trempe comme une soupe et pour finir le crachin qui me rebat les oreilles et me tanne le cuir... Je me soumets aux lois de dame nature, ai-je le choix ? Mais je reste invaincu, seuls mes os et mon ventre qui gargouille se plaignent sous l'averse. Moi, esprit libre et rebelle je revis ma dernière balade, mes pattes foulent le moelleux d'un tapis de feuilles aux couleurs d'automne sous un beau temps de chien ! Tombe la pluie, grand bien te fasse, je suis à l'abri au creux de mon rêve et te laisse à ton triste sort, celui de n'être aimé de personne....

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 Les jours passent et "rapassent" sans que rien de notable ne viennent troubler mes journées embrumées, sauf peut-être quelques relents qui envahissent les pièces où je me rends, au point que la patronne me regarde d'un drôle d’œil et fronce le nez qu'elle a fort gros ! Pourquoi est ce toujours moi qu'on regarde de travers quand quelque chose cloche ?! J'avais déjà perçu ces odeurs animales, au point de me demander si mes vieux n'avaient pas décidé de m'offrir un compagnon de jeu exotique, genre rat musqué ou autres...J'me tape déjà l'exaspérante compagnie de Vista la capricieuse avec qui nous devons composer, je voudrais au moins pouvoir choisir le prochain enquiquineur. Je suis pour les plaisirs solitaires, ma compagnie est sans conteste, celle dont je suis le plus friand !! Mais, revenons à nos moutons ! J'ai donc décidé de mener l'enquête sur le terrain, ce qui me sera somme toute une bonne distraction. Ben mes amis, j'ai eu le nez creux, il y a bien une bête qui se planque chez nous. J’entends ses petits cris plaintifs, elle couine et grogne, je la sens toute proche de moi. J'ai même fait un petit tour dans la réserve, parce que c'est là qu'on stocke mes croquettes et je sais par expérience, qu'un animal peut-être roublard et bouffer à tous les râteliers...La vieille s'est aperçu de mon incursion dans les lieux et m'a sermonné, soit disant que je pense qu'à m'empiffrer. Je sais bien ouvrir les portes, un coup de museau et hop ! Mais les fermer, ça j'sais pas faire, elles restent grandes ouvertes et c'est ce qui me trahit. Rien, pas même les reproches, ne pourra me distraire de mon objectif : mettre un point final à cette étrange affaire. Les critiques reprennent : arrêtes de brasser zigouioui ! tu m'agaces à ne pas tenir en place, qu'est ce que tu nous mijotes encore ? Je ne chasse que du petit gibier, du nuisible quoi ! Mais pas question de me frotter à plus gros que moi, à cette seule pensée, j'en ai la chair de poule et me voilà tremblant. Je rêve ou quoi ? Suis-je le seul à entendre ces bruits sourds devenus menaçants qui montent crescendo ? Je vous avoue, tout à fait entre nous, que la peur me noue l'estomac au point que je passe des genoux de mon maître à ceux de ma maîtresse sans trouver d'apaisement !! Finalement, je me suis mis dans un coin, la tête contre le mur, en attendant que le danger passe son chemin. Mes vieux ont cru, dans un premier temps que je boudais. Ensuite ils m’ont interrogé, palpé sous toutes les coutures et comme à chaque fois que je refuse d'expliquer les raisons de mon comportement qualifié d'étrange, ils m'ont emmené voir le véto. La voiture résonnait de mes gémissements et des feulements de la bête qui bien au chaud avait trouvé refuge.... dans mon ventre !!

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Je n'ai guère apprécié la piqûre, encore moins cette horrible emplâtre qui tapisse mon système digestif, mais je dois reconnaître qu'à l'heure où je vous cause, le squatter s'en est allé. J'avais un peu trop vite admis avec tristesse que 2018 serait une année horribilis, mais la chance semble à nouveau me sourire. La patronne me couve de son regard avec une tendresse qui lui faisait défaut ces derniers temps et je l'emmène à nouveau en courte promenade l’après-midi. Mon pote a fait de ma sortie matinale, une flânerie où je peux à loisir tailler la bavette avec des collègues, notamment un malinois hargneux, que j'aime beaucoup et qui me le rend bien ! Ma petite vie bien réglée a repris son cours normal. Mes soucis se sont envolés, ils ne venaient pas d'un coup de froid ou d'une fatigue passagère mais tout simplement du changement de croquettes. L’alimentation "senior" tout à fait inapproprié pour moi, me restait sur l'estomac !! Un bonheur ne vient jamais seul, je suis à nouveau entré dans la fleur de l’âge et j’ai récupéré mes anciens amuse-gueules qui me donne un surplus de graisse abdominale. Je ne vais pas cracher dans la soupe..."cette bouée de sauvetage" me sera bien utile si le déluge s’abat à nouveau sur moi. La patronne a repris les pourparlers avec vista et tente de négocier la restitution de toutes ses photos et autres documents. J'ai bon espoir qu'elle réussisse et cesse de nous jouer la vieille au bois dormant...Je n’ai plus qu’une chose à vous dire : Hasta la vista !!

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"Au commencement Dieu créa l'homme et la femme. Mais voyant leur faiblesse, il leur donna le chien."

23 décembre 2017

"Ce n'est qu'un au revoir...."

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merci

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25 novembre 2017

« Si la vie n'est qu'un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs. »

 

"Les parfums sont les sentiments des fleurs"

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 "Je suis dans la fleur d'un âge qui commence à sentir le chrysanthème"

 

...et sur ces belles paroles, les "vieux" vont rentrer au bercail, car Charly est inquiet d'avoir laissé son gâteau aux pommes tout seul, sans surveillance ! N'en déplaise à zigouioui, il devra partager avec son pote, qui est aussi le mien, mais pas que ...Je profite de cette fraîche journée de la toussaint pour leur souhaiter longue vie...de préférence en ma compagnie !!

 

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11 novembre 2017

"Plus je m'humanise, plus je débloque !"

 

"J'étais sur la route toute la sainte journée, j'ai pas vu le doute en moi s'immiscer..."

 

On m'a poussé hors de mon petit panier, moi qui espérait tant me remettre de mes émotions de la veille. Il semble que je n'ai pas le choix, en plus le temps est au beau fixe. Le soleil me fait des clins d'oeil narquois à travers les rideaux. Lui aussi, se ligue contre moi et ne veut point que je roupille. Tout en m'étirant, Je surveille d'un oeil noir les préparatifs. Ne vous y trompez pas, je me serai volontiers réveillé plus tôt, notamment pour petit-déjeuner avec mes vieux, mais, comme je n'y étais pas convié, j'ai rabattu mes paupières sur mes beaux yeux doux, sans même saluer mes vieux quand ils m'ont lâchement abandonné. Lorsqu'ils ont regagné notre chambre, j'étais encore au pays des songes. Je n'ai pas jugé utile de répondre à l'appel de mon nom, puisque mes maîtres m'ont pris à rebrousse poil dés ce matin...à jeun ! Après avoir fini mes étirements, baillé ici et là les relents d'un estomac vide, je suis reparti me lover sur ma couverture avec mon jouet le plus bruyant, peu enclin à l'effort. Mon pote m'a passé sous la truffe, un petit bout de fromage en provenance directe de la salle à manger du Schönblick. J'ai compris qu'il allait me caresser dans le sens du poil cette fois. J'ai accepté cette marque d'allégeance et il m'a retrouvé devant la porte, prés du barda, une patte levée en signe d'absolution. Je suis très sensible à la façon dont on me présente les choses, un minimum de respect s'impose, dû à mon grand âge (j'suis vieux quand j'veux et quand ça m'arrange !). Pour cette balade, je serais premier de cordée et pas de fainéant avec moi, qu'on se le dise !  

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Bon je ne vous fais plus le topo, vous savez comment on procède. Dans un premier temps, c'est l'euphorie du départ, on s'embarque dans le téléphérique au Zillertal arena à Zell am Ziller. Ma vieille nous a trouvé une nouvelle balade, en se promenant sur google maps, le cul sur une chaise, que bien souvent, elle refuse de partager avec moi. Avec cette méthode, tout est facile, un peu trop même ! En général ce qui la sauve et nous avec, c'est un étrange instinct, mâtiné de chance, qui fait qu'elle retombe toujours sur ses pattes. Sur l'écran, la carte est toute plate, les sommets comme les vallées ! Forcément les distances s'apparentent à des lignes droites et "du coup" (j'avais juré que je ne le prononcerais jamais !) le temps n'a plus prise sur notre voyage et passe en second plan... Je vois que vous sentez vous aussi, le coup foireux dans lequel on nous embarque bien malgré nous. Arrivés au terminus, on piétine d'impatience pendant que ma maîtresse consulte sa carte. Elle peste comme à chaque fois : les noms des lieux ont changé, comme par hasard ! les maudits points cardinaux refont surface pour plomber l'ambiance et la tension monte ! Je vous propose de boire un coup avant de repartir, quand à moi, avec cette chaleur, j'vais poser mon arrière-train dans le ruisseau. Ma maîtresse, un brin agacée, déclare avec aplomb que le nord, c'est en haut ! Le sud, en bas et pour le reste : faites vos jeux mes amis ! Il y a là une certaine logique il faut bien le dire. L'essentiel étant de ne jamais perdre le nord, elle est assurée de faire ce pourquoi elle est venue : grimper !!

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Vous êtes inquiet ? Ne vous en faites pas, n'oubliez pas que dans le trio que nous formons, il y a un G.O* et vous pouvez, comme moi, compter sur mon pote qui a choisi le chemin le plus praticable, lisse et plat. Suivez le guide ! Mon job a moi, c'est de sécuriser notre progression par des points d'assurage : je signale, les bancs, les hüttes, les zones d'ombre et les points d'eau !! La rouscailleuse, toujours dans l'opposition, nous a finalement rejoint, tout en se dédouanant des suites de cette balade, qui mène dieu sait où. Bien évidemment, elle tient à nous préciser que le chemin opposé est, certes légèrement pentue, mais tout à fait adapté à nos capacités. Mais poursuivons notre chemin ouvert à tous les horizons. Il traînasse, pépère, sans but précis ( alors que le mien l'est !) tout en faisant de nombreux contours à chacune de ses découvertes. Certes ce n'est pas dénué d'intérêt, mais je me demande s'il n'a pas oublié sa fonction première et qui fait la raison de notre choix : descendre dans la vallée. Nous progressons presque machinalement sur ce grand ruban blanc qui nous joue la valse-hésitation. Pas âme qui vive sur cette voie royale pour l'astre solaire, il ne manquait plus que lui pour faire s'évaporer mon enthousiasme. Il se pare de mille feux et s'admire dans ce miroir où l'on traîne nos pattes sans grande conviction. Il y a des jours où, comme aujourd'hui, je me languis de mon chez moi. Lorsque la froidure et sa lugubre parure souffle et tape l'incruste autour de mon immeuble, je me blotti avec délectation sur mon fauteuil rouge et mesure ma chance. Ce sont des plaisirs simples. Mais quand mon pote vient me rejoindre, pile à l'heure pour un grand moment de télé réalité ; le journal télévisé, mon bonheur est total. Nous savourons ensemble une sucrerie ou deux, tout en regardant mon documentaire animalier préféré. On passe allégrement de la jungle au zoo, sans que je m'en lasse pendant que dehors le brouillard fait des volutes et vient frapper aux carreaux. Je joins l'utile à l'agréable et je parfais ainsi mon instruction....

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J'ai beau m'évader, suivre mon esprit qui vagabonde, je n'en ressens pas moins la brûlure du soleil sur mon dos, ça commence même à m'échauffer les oreilles ! Nous passons notre chemin sans un regard vers les fermes accueillantes, même les bancs sont sans attrait. Pas un coin d'ombre, je contemple tout autour de moi, d'inacessibles sommets enneigés, je ferme les yeux à l'évocation de quelques plaisirs frissonnants. En les rouvrant, mon regard croise celui de la vieille qui regarde avec envie le même horizon que moi, ce pourrait-il que cette fois, j'ai misé sur le mauvais cheval.... Soudain au détour d'un virage en épingle, le soleil a dardé ses rayons droit devant, me laissant un peu de répit. J'ai trouvé, au pied d'un arbre bien solitaire, une bienfaisante pénombre et suis resté en son aimable compagnie. Pour le remercier, je l'ai arrosé du mieux que j'ai pu, étant moi-même bien déshydraté.

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J'ai laissé mes vieux prendre un peu d'avance, mais déjà l'astre luisant les a rejoint. C'est pourquoi,je n'ai pas bougé d'un poil et malgré ma soif de connaissance, je reste insensible aux exclamations de mes compagnons qui se focalisent sur dieu sait quoi au milieu du chemin. Mon ventre posé sur l'herbe, profite de cette accalmie pour me rappeler mon devoir, c'est un maître exigeant et je ne rechigne jamais à lui faire plaisir. J'ai donc jeté un oeil vers mes sherpas et mon repas puis leur étrange comportement a fini par piquer ma curiosité. Qui sait ! Il n'est pas interdit d'espérer un autre repas plus raffiné. "Regarde Titi, la pauvre grenouille elle crève de chaud, tu nous aides à la pousser hors du chemin " Non mais je rêve ! J'me suis déplacé pour ça, déjà que la fréquentation des rainettes me filent des boutons, mais celui là c'est un pustuleux, un vulgaire crapaud. Il ne risque rien, son besoin d'eau n'est utile que pour faire ses fredaines, d'abord c'est pas l'heure et pis c'est un bon marcheur, qu'il se débrouille !! Vexé et un peu jaloux, je suis retourné auprès de mon arbre, j'aurai jamais dû le quitter des yeux, car le voilà maintenant baigné de lumière.

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Ma vieille a de suite compris ce que j'attendais d'elle, c'est dans ses bras que j'ai fait les derniers cent mètres avant qu'elle me mette au frais avec les bouteilles ! Après mon petit bain revigorant, je m'apprêtais à faire une petite sieste en attendant que la table soit mise devant ce décor idyllique pour saucissonner. Mon pote en décide autrement et de son propre chef il reprend la route, ayant aperçu il y a peu, un panneau accrocheur... Une auberge, l'Enzianhof, n'attend que nous pour festoyer à peine à trois kilomètres de là. Je ne peux que me rallier à cette bonne idée, mon appui est total parce que j'y trouve mon compte. De plus, c'est lui qui gouverne et je lui dois ma promotion. En tant que premier de cordée je n'ai pas besoin de me justifier, il me suffit d'ouvrir la voie, vous m'suivez ! Reprenons notre progression, je vous sens requinqués et motivés. La vallée se rapproche et semble presque à nos pieds. De prairies en pâtures, nos yeux dévalent la montagne sans obstacle, glissent sur les toits de quelques granges éparses. Les tapis de fleurs à perte de vue s'étalent jusqu'aux portes des villages de la vallée. Mais il suffit qu'un sous bois apparaisse en contrebas tirant un grand trait sombre sur mon paysage pour que l'horizon se bouche. la haute muraille forestière encercle un beau clocher et le fait disparaître. Sans repère, le doute vient murmurer à mon oreille. Il y a maintenant plus de deux heures que ce maudit panneau a fait son apparition, nous l'avons revu plusieurs fois sur notre chemin, mais sans plus !! La voix froide de la vieille nous intime l'ordre de nous arrêter. Sans rien dire d'autres, elle me sert mes croquettes et me donne à boire, je sens bien que ce n'est pas le moment de discuter ! Aussi sec, elle s'octroie deux saucissons en distribue deux autres à mon pote et sans plus attendre, ils reprennent la route, tout en grignotant. J'ai le nez en l'air, avide de participer à ce repas d'un nouveau genre qui me laisse frustré au final. Les temps sont durs, la vieille a pris le pouvoir !!

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Je retrouve mon clocher qui m'accueille à l'entrée d'un village, mais lequel ? C'est au bord de la route que l' on découvre finalement l'Enzianhof qui trône sans complexe à 1270 mètres d'altitude, face à la vallée et Zell am Ziller, 700 mètres plus bas ! Après nous avoir découragé, l'auberge nous aguiche et nous invite avec plaisir à faire la pause. Son immense terrasse est prise d'assaut par de joyeux drilles. Ils chantent et se désaltèrent, leurs moustaches brillent lorsqu'elles s'enrobent de mousse blonde. Je soupire au passage de jolies dames au parfum de vanille qui font virevolter leurs jupons, tout en portant d'impressionnantes chopes de bière. Ce panneau prometteur nous a fait faire un détour conséquent, nous avons sérieusement dérivé à l'opposé de notre point de départ et ça, ça lui reste sur l'estomac à la patronne... Elle déclare que seul l'emblême (gentiane) de cet établissement aura droit de cité sur notre blog et rien d'autre ! Mon estomac se serre, quand j'emporte avec moi, la vision d'un plateau de cochonnailles, ovationné par les gais lurons. Désolé les amis, mais va falloir serrer notre collier d'un cran, la grande bouffe c'est pas pour aujourd'hui !! Notre chef fait une pause un peu plus loin pour nous mijoter la suite et fin de cette balade. Pendant ce temps, mon pote prépare le ravitaillement en boisson fraîche et me baigne. Le verdict vient de tomber, nous avons tout les deux atteint notre niveau d'incompétence. C'est le lot de tous les hiérarques, Grosso modo quant tu montes trop haut, t'es obligé de redescendre, sauf quand tu fais partie de l'élite, comme mon pote et moi ! Dans ce cas là, on te maintient dans tes fonctions ! Bref, c'est le même job mais fictif, t'as plus la rate au court-bouillon, tu fais le beau, tu causes pour ne rien dire (comme moi en ce moment !) mais surtout tu ne bosses plus...Un beau cadeau quoi !

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C'est la première de cordée qui nous a ramené dans le droit chemin ! On a marché à l'ombre cette fois, avec des bancs tous les cent mètres, l'odeur des roses et des fougères se glissait dans notre sillage. De temps à autres quelques passerelles de bois ont agrémenté la balade. La traversée d'un sous-bois nous a laissé entrevoir, avec un certain soulagement, la possibilité d'un retour au bercail sous peu. J'ai médité assidûment sous les quatorze bancs de ce chemin de croix accompli sans douleur. On a fait une halte à la dernière station où une roche "ensanglantée" pansait ses plaies sous une source fraîche et miraculeuse. Une fois rentré "chez nous" j'ai dû sacrifier au sacro-saint passage en revue. J'ai pris le temps, à tête reposée, de me faire un résumé de cette journée passée. La chose qui me perturbe le plus, c'est le "beau cadeau", je me demande si c'est négociable ! Que je vous explique : "rien foutre" j'en ai la maîtrise, j'en use ou en abuse dés que l'envie s'en fait sentir. Je préférerais obtenir un vrai avantage, en chair et en os, si vous voyez ce que j'veux dire !! Soudain, la voix de mon compère s'est élevé, alors qu'il finissait de ranger nos paquetages. Lui qui n'avait dit mot ou à peine, semblait se réveiller d'une longue rêverie et mine de rien, les pieds dans le plat il déclare avec un grand sourire ravi " On s'est bien fait avoir avec ce satané panneau de 3 kms !"  Il me prend à témoin avec un "hein, mon titi !" Je tourne la tête et fais la sourde oreille, mais je n'en pense pas moins. On va avoir droit à un débriefing je le sens...

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Dieu merci, elle était tout aussi exténuée que nous et surtout pressée de filer sous sa douche, aussi a t-elle écourté le bilan de cette journée pour en faire une synthèse claire et précise : "balade nulle et demain c'est moi qui mène la danse sur le même terrain !" Puis elle est partie se rafraîchir les idées...Enfin sur notre trente et un, je me suis positionné dans mon petit panier, une oreille baissée en guise de soumission mais l'autre en l'air prêt à réagir aux bonnes nouvelles. Je n'ai aucune limite, aucun scrupule pour arriver à mes fins, j'adhère aux deux partis et me positionne illico derrière celui de mes vieux qui prend le pouvoir !!  Puis j'en ai remis une couche, en levant mes yeux de pôve titi perdu et inquiet. La patronne m'a dit que j'étais le meilleur d'entre nous et que je ne suis pas fautif de ce fiasco (suivez son regard !!) Je n'ai pas attendu la fin du discours, le message m'a semblé fort et clair, j'étais déjà devant la porte, direction la salle à manger du Schônblick !!

"On va d'un pas plus ferme à suivre qu'à conduire"

* (G.O)acronyme sous lequel se cache un gentil organisateur. C'est un employé de club de vacances. Ce nom a été inventé par le club méditerranée.

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12 octobre 2017

"Je ne critique jamais, je diagnostique !"

 

"L'avenir, c'est ce que l'on a devant soi et qui nous botte le cul quand on lui tourne le dos."

 

Je vis une période de désamour depuis de longues semaines et me sens relégué aux oubliettes. Lorsque je m'installe avec difficulté dans mon panier, je lui trouve une odeur de naphtaline, je ne suis plus en odeur de sainteté ! J'avais plein d'histoires à vous conter et toutes mes tentatives de narration sont tombées dans l'oreille d'une sourde. Soudain, alors que je m'étais résigné à sombrer dans l'anonymat, voilà la vieille qui me harcèle, exigeant que sur le champ, je souffle vers elle, l'inspiration qu'elle dédaignait il y a peu. Non mais des fois, je ne suis pas du genre qui accourt au moindre coup de sifflet ! En attendant qu'elle se reprenne en main, je vais la mettre au garde à vous de ce pas ! Il vous faudra être très attentif, lors de cette balade, car je ne pointerai le bout de mon nez que lorsque je le jugerai nécessaire....

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Cette balade au Tirol que je m'en vais vous narrer, reflète bien mon état d'esprit actuel. Un écrivaillon m'a pris en otage pour me voler la vedette, tous les moyens sont bons, quitte à me censurer pendant de longues semaines ! Je voudrais que cette girouette cesse de prendre la parole à tout vent surtout pour ne rien dire... Puisqu'elle y tient, elle aura la rançon de la gloire et pas plus tard que maintenant ! En avant donc pour cette balade au petit bonheur la chance, souhaitant qu'il fasse bien les choses. La vieille a pensé à tout, sauf au téléphérique qui s'avère être un télésiège ! Je goûte longuement le plaisir de survoler mon paradis, les oreilles sous le vent tout en surveillant la mine crispée et brouillée de ma versatile maîtresse. Je glisse lentement vers les hauteurs sans perdre de vue le village de kirchberg qui prend doucement de la distance. Cette petite vengeance improvisée m'a mis du baume au coeur et je me sentais presque disposé au pardon en mettant pied à terre. Sereinement, je me dirige vers la Hütte attenante à notre moyen de transport, sûr de mon bon droit, cette charmante maison porte le doux nom de Gaisberstüberl! Lorsqu'on fait du tourisme, il est judicieux de suivre les autochtones et se plier aux coutumes des lieux que l'on visite : c'est mon point de vue et je le partage. De plus l'altitude ça creuse ! J'ai remarqué qu'un bon nombre d'humains, qui font mon admiration, partent pleins de bonnes intentions sportives, comme nous. Elles se réduisent comme une peau de chagrin lorsque la télécabine s'ouvre sur le champ des possibles ! Ils se prennent à réfléchir, le temps d'une pause photo mensongère aux allures de conquérant des sommets. Finalement satisfaits de cette victoire à bon compte, ils se précipitent pour fêter ça, vers la hütte toute proche, du tout cuit quoi !!

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Ma patronne ne mange pas de ce pain là et j'en suis fort contrarié, je me surprends quelquefois à vouloir changer de crémerie ! Et justement, les places sont chères devant celle-ci ! La vieille, le teint grisâtre, hésitait encore entre rendre ou garder son petit déjeuner. Pendant que certains réfléchissent, d'autres agissent. Notamment les fameux alpinistes chevronnés dont je parlais tout à l'heure, de ceux qui savent mesurer leurs efforts ! Ils m'ont brûlé la politesse pour me souffler la dernière table, lieu où ces stratèges livrent toutes leurs batailles importantes... Mon pote ne s'est même pas arrêté, montrant le chemin, résigné, le dos voûté. J'ai eu toutes les peines du monde a lui emboîter le pas, je sentais au travers du feuillage, un souffle chaud et lourd qui ne présageait rien de bon. Sur un chemin pas bien malin qui prend la poudre d'escampette, je tente de garder le rythme. Allez savoir pourquoi ce sentier s'entête dans cette fuite en avant! Il gène ma progression tout autant que la sienne, en butant sans arrêt sur les racines voraces. Il se dérobe sous mes pattes bien trop souvent et je ne suis pas loin de renoncer, d'autant que mon plus fidèle ami a décidé de se la jouer perso !

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Au détour d'un virage, en plein cagnard, la vieille a posé mes appartements pile poil à ma portée. Alors qu'elle brassait à la recherche d'un bout de papier, la voilà qui s'éloigne un peu dans les bois, tout en m'ordonnant de ne pas bouger. En teckel obéissant, je me suis exécuté et pour être plus confortable, me suis installé chez moi! A son retour, elle n'a pas eu d'autre choix que de fermer ma porte et me hisser à sa hauteur. Dans ma grande mansuétude, j'ai décidé de faire le veilleur, mais que d'un oeil, parce que je suis crevé. Mon sherpa m'assaisonne d'une voix poussive et s'en prend très injustement à mon poids de forme. Elle manque pas d'air ! Il a bon dos le pôve Charly, autant vous dire la vérité toute nue, je suis le "sans dent" de ma maman : je sens un enième régime qui me pend au nez !!

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Il ne fait pas beau vieillir ! Vous allez voir que ma radoteuse va se plaindre de m'avoir sur le dos toute la sainte journée. Qu'est ce que je disais, ses bougonnements ont fini par m'épuiser et j'ai préféré camper mes quatre pattes sur cette bonne vieille terre. Le plus dur était fait de toutes façons ! Devant moi, un autre sentier, plus engageant celui-là, me fait un appel du pied, enlaçant le flanc d'une montagne, puis d'une autre, encore et encore, à perte de vue. Levant la tête, tout en me grattant la couenne, j'évalue un à un les sommets flanqués de leur croix érigées qui me toisent. A pareille arrogance j'ai tourné le dos et rejoint mes compères pour boire un coup. Dédaignant ces trophées, bien trop lourd à porter, je me rends de bonne grâce aux sollicitations du petit chemin qui flâne et fait musette ! Mes yeux ont beaucoup voyagé et avec le temps, ils se voilent, partisans du moindre effort. Ma mémoire me reste encore partiellement fidèle mais dans l'éventualité où elle voudrait me faire défaut, j'enregistre au plus vite, toutes les données nécessaires à mon "bien vivre". Ces infos sont analysées, répertoriées puis condensées sous forme de rituels. J'orchestre alors leurs déroulements selon mon bon vouloir, toujours à bon escient mais de façon récurrente pour être certain de ne rien oublier !! Heureusement il me reste un domaine où je n'ai rien perdu et n'ai aucun rival, c'est mon sens olfactif !

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Des effluves sucrées salées frappent ma truffe de plein fouet, s'ensuit un feu d'artifice dans mon cortex qui me rend fou. Vous allez me dire : "on connaît la chanson, y a une hütte, des gâteaux etc..." Ben justement ! Çà devrait, mais nada ! niente ! walou ! rien qui corresponde aux plaisirs annoncés ! Ce satané soleil a dû griller mes neurones ! Le doute me ronge, je tourne comme un derviche, j'en appelle finalement à mes deux vieux qui m'ignorent. Vaincu et désespéré, je me réfugie prés d'un banc en suivant des yeux mes deux guides qui s'éloignent. Le petit chemin zigzaguant les entraîne loin de moi, jusqu'à les faire disparaître. L'urgence d'une décision se fait clairement entendre, la voix de mon maître aussi! Renonçant à enquêter plus longtemps sur ce casse-tête, je me range à la raison. J'ai beau secouer ma caboche tout en marchant, je ne peux échapper aux molécules qui me harcèlent d'enivrantes senteurs.

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Il faut se laisser divertir quand on a le coeur gros. C'est au pied de la montagne que je longe depuis un bon moment, que mes pensées, faisant fi d'un déjà vieux chagrin, se sont posées sur le tapis de fleurs jaunes. Elles jouent sur tous les tons pour rivaliser avec le soleil. Mais, la seule qui captive mon regard est une petite orchidée rouge qui sans être la plus belle, me fait pourtant gravir la montagne ! Cette ensorceleuse met tous mes sens en émoi, même mon estomac gargouille car la belle révèle un atout de taille ; son parfum de vanille ! Honteusement trompé, je peux néanmoins mettre un point final à mon enquête. Je m'ébroue, jette un oeil autour de moi. Ce que je ne pouvais apercevoir de mon chemin en contrebas, se dévoile enfin, à ma plus grande joie. Un petit creux s'est formé à mi-flanc de ma montagnette, ma hütte s'y est douillettement nichée, probablement ignorée du plus grand nombre ce qui fait bien mon affaire. C'est une cachottière... rien que pour moi ! Fier de jouir à nouveau de toutes mes facultés mentales, je me précipite pour annoncer la bonne nouvelle à mes compagnons si peu méritants. Le sort s'acharne sur moi, la chaleur les a rendu zombis et c'est tout juste si la vieille a trouvé la force de me balancer sa phrase favorite : "non Charly ! tu pèses déjà assez lourd comme ça..." A quoi ça sert de disposer ici ou là, sur le bord des chemins des échantillons de paradis, si on n'en profite pas ? Mon pote, à quelques enjambées de là, m'a ramassé sous son bras comme un sac de croquettes, sans même me dire un mot, en poursuivant son chemin. Là, mon sang n'a fait qu'un tour, je vous le dis tout net, ils ne sont pas prés de goûter au charme de ma présence car je ne vais pas remontrer le bout d'ma truffe avant longtemps !!

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Pour autant, j'm'interdis pas d'causer... Je peux pas vous laissez seuls avec mes vieux croûtons, vous allez vous perdre et peut-être même vous ennuyer, c'est des taiseux et des pas marrants... Y'a que moi qui tient le coup à leur contact prolongé ! A chacune de nos balades, il faut toujours qu'ils fassent une halte à la chapelle ou l'église, remarquez, moi je m'en fous, y'a toujours des bancs à côté pour faire une micro sieste. A force d'observation, je les ai surpris un jour, dans ces lieux de fraîcheur, allumant des petites bougies, pour silencieusement se concentrer sur les flammes vacillantes. Je crois avoir levé, en partie, le voile sur ces étranges visites quasi systématiques. Ça m'a fait prendre conscience que nous avions le même mode de fonctionnement, fait d'habitudes, de marottes !

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Ces petits jalons lumineux, les aident à se souvenir... ce procédé me semble primitif et aventureux, un coup de vent est si vite arrivé !!! Mes petites manies sont essentiellement mis en oeuvre pour faire travailler la mémoire de mes compagnons. Hé oui, il faut que je pense à tout ! Cette gymnastique de l'esprit mise en place par mes soins, comporte toutefois une faille, un point faible, mes aînés sont réfractaires à toutes instructions relatives à mon hygiène alimentaire, pour faire clair : ma survie ! Je vous donne un exemple : Le matin,je mange! quand ma vieille mange: je mange !  quand mon pote mange: je mange ! quand... Ha bon ! vous le saviez déjà! Ne croyez pas que je radote, je n'ai pas encore l'âge ! Mais je dois matraquer cette bonne parole au point que ça me fatigue. Je n'ai pas encore trouvé la bonne pédagogie. Que pensez vous d'une formation plus ludique, du style : "Charly a dit" dont je serais le maître de jeu ? Il me tarde qu'ils m'obéissent et me servent presque par automatisme. Je n'en abuserai pas n'ayant pas l'âme d'un dictateur...

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Trêve de bavardage, il faut que l'on presse le pas, il y a encore bien du chemin à faire jusqu'au lac. Je n'ai pas jugé utile de vous montrer ici mon aimable personne, car je n'étais pas sous mon meilleur profil. Mes apparitions furent fugitives, je ne suis descendu que pour un besoin urgent. Je me suis planqué dans mes appartements, mon pote s'étant vite lassé de ma compagnie et moi de mon inconfort. La vieille me charrie, mais s'enivre tant du paysage que je cesse d'être un fardeau pour elle.  C'est bien ce qui m'avait semblé, je me trouve, moi aussi, bien léger, peut-être parce que j'ai sauté un excellent repas !! Je vous ai aussi épargné la platitude de notre pique-nique, moi je ne l'ai pas été, au regard de ce que j'avais projeté ! Cette corvée expédiée vitesse grand V, je vous emmène voir le panorama parce qu'il le vaut bien... Mes compagnons prennent des couleurs bien installés sur les fauteuils inclinés. Je leur trouve d'ailleurs une teinte d'orchidée (douloureux rappel d'un festin manqué) laissons les cuire à point, puisque je reste sur ma faim.... 

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Que l'on soit assis sur son fondement ou les pattes bien ancrées sur le plancher des vaches, un petit détail que l'on a tendance à oublier se rappelle à nous; notre petitesse ! Cette évidence me fait à chaque fois l'effet d'une révélation. Sur mon belvédère, sitôt que j'ai pris la première vraie inspiration à m'en faire éclater le palpitant, je vois le monde qui s'étend à mes pieds et j'en suis le roi ! Seul pour m'en enfiévrer un long moment, je tournoie, rêve d'un envol et finalement me dépouille d'une couronne sans laurier. je la regarde dévaler la prairie où mille fleurs s'y accrochent et sacre le printemps... Alors vient ce moment où allongé, faisant corps avec la terre-mère, sans pour autant quitter des yeux, les cieux, l'on est comblé, apaisé et le bonheur vous prend si doux, si fort. Bleu et vert, chaque couleur a son territoire. Jamais l'un n'empiète sur l'autre mais sont indissociables et nécessaires à ma peinture ! Le clocher d'une chapelle y figure déjà, l'entendez vous au loin ? J'y ajoute mes copines qui ruminent... comme moi. Elles montent en biais, le long de la pente, histoire de ne pas perdre pied et se font sonner les cloches par les clarines que le vertige malmène. Les moutons en balade sur le ciel azuré, se comptent et recomptent, 1,2,3 nous irons au bois...Quelques uns se sont déjà assoupis sur les cimes enneigées, bercés par la comptine. Sans mettre une ombre à mon tableau, j'y appose comme une signature : une hütte à peine visible, gardée par un bataillon de sapins. Le décor est parfaitement plantée, reste à vous, mes indispensables compagnons de voyage d'en profiter. J'ai de la suite dans les idées, mes vieux aussi ! La pause est finie, mes endormis ont repris leurs bâtons de marche. Vite, je vous attends ! Devant nous, un raidillon se jette vers l'horizon, lequel ?

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Mes maîtres prennent bien volontiers le chemin des écoliers. J'accepte difficilement qu'on se disperse, sauf si j'en suis l'instigateur. Afin d'avoir gain de cause et parce que je crois que les histoires les plus courtes sont les meilleures, j'aurais tendance à devenir coupeur de route. Je me glisse entre les jambes de mes accompagnants pour stopper leurs élans qui ne sont plus de leurs âges. Je m'imagine souvent être un voleur de grands chemins, seul ceux qui me mèneront à bride abattue là où l'on gueuletonne, resteront en circulation! Hélas, trois fois hélas ! Nous serions forcément plus nombreux à les fréquenter et je n'ai pas dans l'idée de partager ! la réflexion me distrait mais m'épuise aussi, je devrais peut-être tout simplement faire preuve de patience et lâcher prise. D'ailleurs il est temps pour moi, de faire une nouvelle pause ! Ma vieille râle :" monter, descendre, t'es chiant !" la critique est facile... Ce sont mes vieux croûtons, les responsables de cette situation. Comme ça chauffe un max et que je bois trop peu, ils ont trouvé un stratagème pour m'y obliger. Ils me servent une à deux gamelles de flotte, dans laquelle surnage ou coule, selon ma chance, de la mie de pain. Vous me connaissez, je me fais avoir à chaque fois !! Résultat des courses, ça m'oblige à quitter mes appartements plusieurs fois dans la journée, moi j'appelle ça de la torture ! j'ai une vessie pleine à craquer qui me harcèle sans pitié, pas moyen de m'assoupir. La vieille peut s'estimer heureuse que je la prévienne, ce n'est pas facile, croyez moi ! Je gigote, me dandine et pour finir trépigne dans son dos. Je me fais houspiller et selon qu'elle ait la comprenette facile ou non, je réitère ou pas. Mais hors de question que je gémisse ou je pleure ! Mes maîtres ont fait de moi un pissoteux assidu, il faut en payer le prix, jusqu'ici nous avons échappé au pire...

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Je suis finalement resté à terre, cqfd ! C'est aussi et surtout, parce que quand le décor est digne de ce nom. Je peux enfin entrer en scène dans un écrin à la hauteur de ma renommée. Là, je sens que c'est le moment ... Dans la foulée, j'ai aperçu au loin, mon pote en appui sur le dossier d'un banc. J'y ai vu une ouverture, infime certes. L'aubaine d'un ptit goûter qui même tiré du sac, pourrait finalement me contenter. Le cadre est idyllique, au loin les vaches, le tintement d'un clocher et devant moi un bataillon de sapins... juste comme dans mon tableau !! Je crois rêver, mon coeur loupe un battement sur deux, puis s'emballe. Mes quatre pattes font du surplace tant chacune d'elles est en concurrence pour arriver la première et en quelques secondes tout est devenu réalité. Derrière la haie de géants verts, je retrouve enfin ma cachottière. Puisque vous m'avez suivi jusqu'ici, je vous livre son nom, mais ça reste entre nous : le Bärstattalm ! Je me demande pourquoi j'en fais tout un plat quand je n'obtiens pas immédiatement ce que je veux. Je les mène quand même par le bout du nez, la preuve: je pars avec leurs idées mais ils reviennent avec les miennes !!

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Tout est à la hauteur de mon attente ! Peut-être plus encore parce que j'ai attendu et attendu....Couché sur les genoux de mon pote, je fais le guet, surveillant nos arrières dès fois qu'un fâcheux, un casse-pied, vienne pourrir le plus fantastique moment de cette satanée journée. Mon pote discute avec la dame qui porte des frou-frou aux couleurs de bonbons. La serveuse sent la vanille, la crème, la... une senteur délicieuse quoi ! Cerise sur le gâteau, le visage de mon pote s'illumine enfin d'un sourire, le premier de cette journée! La vieille rit aux éclats, surexcitée. C'est pas les mêmes !! Pourquoi on ne passe pas nos journées ici au lieu de perdre notre temps en formalités ? En attendant le premier service, mon pifomètre ne se trompe jamais, il y aura un deuxième service, ne serait-ce que pour confirmer ce que je savais déjà au sortir du télésiège : ce gâteau fait maison est une tuerie !!!!

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Je disais donc, en attendant, j'ai réfléchi au fait que mes patrons n'en font qu'à leur tête et qu'ils sont long à la détente. Ce n'est pas ce qu'ils portent sur leur dos qui les ralentit. Mon compagnon se charge du ravitaillement, trousse de secours, vêtements d'été, de neige, de pluie, l'eau, ma bouffe, ma serviette etc... le strict nécessaire, rien de bien méchant ! La râleuse se pavane avec le nerf de la guerre, ses papiers, because une mémoire fuyante et moi, son teckel de compagnie qui se fait poids plume ! Je ne vois qu'une chose qui peut tout expliquer, je vous livre mon diagnostic tel quel : c'est parce qu'ils sont chargés d'ans... 

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"S'il fallait tolérer aux autres tout ce qu'on se permet à soi-même, la vie ne serait plus tenable." 

 

Je dédicace ma nouvelle aventure à Patou51 et Domino de Bruxelles pour m'avoir si patiemment attendu !

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18 septembre 2017

"Peut, mais peut peu !"



« Parler pour ne rien dire


Mesdames et messieurs ... je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire.
Oh! je sais! Vous pensez :
« S'il n'a rien à dire ... il ferait mieux de se taire! »
Evidemment! Mais c´est trop facile! ... C´est trop facile!
Vous voudriez que je fasse comme tout ceux qui n´ont rien à dire et qui le gardent pour eux?
Eh bien, non! Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n´ai rien à dire, je veux qu´on le sache!
Je veux en faire profiter les autres!
Et si, vous-mêmes, mesdames et messieurs, vous n´avez rien à dire, eh bien, on en parle, on en discute!
Je ne suis pas ennemi du colloque.
Mais, me direz-vous, si on en parle pour ne rien dire, de quoi allons-nous parler?
Eh bien, de rien! De rien!
Car rien ... ce n´est pas rien
La preuve c´est qu´on peut le soustraire.
Exemple: Rien moins rien = moins que rien!
Si l´on peut trouver moins que rien c´est que rien vaut déjà quelque chose!
On peut acheter quelque chose avec rien!
En le multipliant
Un fois rien ... c´est rien
Deux fois rien ... ce n´est pas beaucoup!
Mais trois fois rien! ... Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose ... et pour pas cher!
Maintenant, si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien:
Rien multiplié par rien = rien.
Trois multiplié par trois = neuf.
Cela fait rien de neuf!
Oui ... Ce n´est pas la peine d´en parler!
Bon! Parlons d´autres choses! Parlons de la situation, tenez !
Sans préciser laquelle!
Si vous le permettez, je vais faire brièvement l´historique de la situation, quelle qu´elle soit!...."

Raymond Devos.

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La situation, la voilà, je suis en plein brouillard et je marche seul !! La parution de ma dernière aventure au Tirol "les vaches se rebiffent..." a eu du mal à se frayer un chemin vers vous, chers compagnons de balade. Je pensais que Canalblog avait enfin déblayé le terrain pour que l'on puisse au plus vite se retrouver, mais depuis le 10 août, à peu prés, Canalblog bugge !! le staff technique fortement réduit par les départs en vacances n'a pas arrangé les choses, à tel point, que nous nous sommes retrouvés en black-out total... Finalement fin août, début septembre, nous avons pu reprendre le cours normal des choses, enfin presque ! Nous avons pris quelques jours, le temps de retrouver nos marques la vieille et moi, pour être au même diapason afin de vous raconter une autre "Charlystory". Histoire avortée avant même d'avoir vu le jour et pour cause; un nouveau problème s'est profilé à l'horizon vers le 8 septembre. Rien que pour l'ajout des photos, il faut progresser selon le format des images et une par une (ex : 3 photos en 1 heure !!) bref galère, galère...

Voici donc, la seule photo téléchargée, qui somme toute, symbolise parfaitement la situation et mon état d'esprit. La vieille a fait un clic sur "publier" hier 17 septembre à 17h00 et depuis ça tourne en attente de publication. La nuit tombe, il est 21h00 on attend toujours, j'me casse regarder la télé avec mon pote, quand à la vieille : elle a buggé, elle est partie se coucher !!

à bientôt - Copie

07 août 2017

" les vaches se rebiffent...."

 

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Entre nous, une supposition, hein ! Je dis bien une supposition qu'on rencontre des vaches ! En admettant, c'est toujours une supposition hein ! qu'on sympathise : qu'est ce qui se passerait ? "Un coup de corne et Charly éparpillé par petits bouts, façon puzzle" me dit la vieille !

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Bien que déçu par ces conseils soi-disant avisés, j'ai décidé qu'aujourd'hui je n'en ferais qu'à ma tête ! Passer de 140 à 1350 mètres, nécessite un petit temps d'adaptation, ce qui fait le bonheur de mon pote. Point n'est besoin de le répéter, mais je le fais quand même car je suis un teckel rebelle, mon fidèle comparse préfère les descentes et c'est probablement le seul jour où il pourra en profiter ! Je n'ai pas eu le temps de réfléchir à ce qui ferait mon plaisir, qu'il était déjà gâché. Mes vieux ont voulu immortalisé cette première journée de vacances au Tirol, en m'obligeant à poser avec Ellmi. Vous connaissez ma méfiance envers ces êtres verts, qui se disent à l'aise sous l'eau et feraient mieux d'y rester, au lieu de tenir le crachoir et nous bourrer le mou d'un verbiage qui nous coasse les oreilles, assis le cul sur des nénuphars ! Bref, j'la sentais pas cette journée et croyez moi j'ai l'instinct !!

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Pendant l'ascension en téléphérique, je rumine les yeux fermés, allongé sur les guiboles à mon pote. Songeant qu'il est bien difficile d'être un quatre pattes quand votre voix compte si peu pour qui l'entend et ne la comprend pas. C'est pourquoi, j'éprouve un grand attachement à côtoyer les vaches, pas les peaux de vache qui, selon mon expérience, n'ont que deux pattes ! Dés les beaux jours, on les envoie gagner leur pitance dans les alpages où elles passent tout leur temps à la tonte méthodique des prairies et la fabrication du bon lait pour leurs veaux et nous autres. Bien évidemment pour ces bestiaux, pas de retraite dorée, elle serait plutôt...anticipée ! Une fois réformée, elles se laissent vivre sans penser à mal, prennent du gras, on les regarde d'un drôle d'air et quand les carottes sont cuites, adieu veaux, vaches.... Je suis un végétarien contrarié, obligé de consommer ce qu'on lui met dans sa gamelle et bien que n'ayant aucune responsabilité dans cette triste fin, je n'ai pas le coeur à révéler cette date butoir à mes paisibles compagnons de balades. 

 

 

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Les bovins sont attentifs et attentistes. Mais, à force d'être pris pour des vaches à lait, ils sont devenus enragés et sont entrés en rébellion contre tous ceux qui viennent leur pomper l'air !! Se déplaçant en troupeau, au gré des sons de cloches, suivant ici ou là une pâquerette, une marguerite ou tout ce qui leur remplira la panse, ils investissent de nouveaux territoires, jusqu'à empiéter sur le macadam, histoire de montrer aux enquiquineurs, combien il est désagréable d'être importuné ! Pendant notre trajet en voiture pour rejoindre la station du téléphérique, nous avons dû stopper net sur la route. Le nez à la fenêtre, j'ai assisté à un sitting des plus pacifique. Nous étions, cinq à six véhicules bloqués par un petit troupeau dont les deux leaders tenaient tête, avec obstination, au capot de la première voiture. Pas très fiers et peu tentés de mettre pied à terre, nous avons courageusement attendu que quelqu'un se dévoue pour négocier avec elles. Finalement après avoir déposé leurs doléances, elles s'en sont allées, impavides, ça a fait un effet boeuf !!

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Évidemment, toutes ces histoires ont déclenché une psychose, dont je suis bien chagrin. Chaque fois que je rencontre des copines, j'ai droit à la laisse avec l'interdiction d'aller leur dire bonjour !! Pire encore, si je pleure (les meuh ça m'émeut !) mes vieux me planque dans mes "appartements" et me cache la tête pour que je passe inaperçu. C'est donc dans ces conditions défavorables, dés mon arrivée au sommet du Hartkaiser, que j'entame cette randonnée. Lorsque j'ai enfin retrouvé le plancher des vaches, c'était trop tard, elles avaient pris le large. Lentement le son de leur clarine s'évanouit dans le silence pendant que ma petite médaille dodelinant à mon cou, prend le relais. Je fais connaissance des lieux au rythme de ma claudication. Quelques désaccords du côté de mes pattes arrière, sèment la zizanie et cette indécision se prolonge jusqu'à mes yeux noisette qui ne savent où se poser tant ils s'extasient du panorama. Je laisse mon premier banc, lieu de repos, sous protection divine et m'en vais parmi les fleurs espérant avoir fait le bon choix...

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En apercevant la vieille en grande conversation avec un géant, j'ai de suite su qu'elle allait nous embarquer dans un coup foireux ! Il a tout du baratineur, l'oeil en coin et les bacchantes prétentieuses ! Ce paltoquet s'est approprié un de mes bancs d'une façon que je n'ai pas aimé et c'est bien parce que la patronne était là, que je n'ai pas pissé à son pied. Heureusement, on ne s'en est pas laissé conter. Délaissant ce raseur, je poursuis ma route et bute contre un tronc d'arbre, trop affairé à garder la truffe au sol en quête d'infos ou de quelques cochonneries à me mettre sous la dent. Un brusque coup de vent me fait lever le nez et je me retrouve face à un autre colosse. Ces yeux, qu'on dirait des valises, se penchent avec bienveillance vers moi. Grossière erreur ! Ce que je prenais pour un sourire n'est qu'un rictus, sa lèvre pendante et bavouilleuse salive à l'idée de faire de moi son ordinaire. La fuite est souvent salutaire. Je n'ai pas hésité, emportant mon courage avec moi! Selon toute apparence la vieille a eu le même réflexe et m'a laissé choir. Elle s'est volatilisée !! Je cours un peu partout, la chaleur qui se fait pesante m'handicape dans mes recherches, une sorte de murmure chuintant se glisse à mon oreille et n'est pas pour me rassurer. Un coup d'oeil alentour et je découvre à côté d'un banc, sous lequel je peux à peine me glisser, un malabar avec un ptit bonnet qui lui donne l'air benêt, mais les deux crocs qui le font zozoter ne m'incite pas à me foutre de lui !

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Je récupère de mes émotions, un peu plus loin, sous abri. Il est vital que je quadrille les environs afin de retrouver "mes appartements" et accessoirement, celle qui m'a mis dans le pétrin ! Soudain, des plaintes lugubres portées par le vent me parviennent. Je reconnais la voix aimée de ma maîtresse et oubliant tous griefs, je vole à son secours. Je sais où est mon devoir, mais je n'écoute que mon courage qui m'enjoint de prévenir mon pote (à deux on est plus fort!) J'ai joué de malchance, mon compère, que j'avais perdu de vue un moment, a creusé l'écart entre nous en marchant d'un bon pas. Soudain un horrible soupçon me trouble sournoisement et s'ajoute à mon inquiétude : serait-ce un abandon de poste ? Il me faut partir seul au combat et comme dit l'autre : je sens que ma dernière heure est arrivée et je voudrais bien la passer avec vous... Ma vieille branche qui n'en rate pas une, s'etait planquée derrière un autre géant avec lequel elle a sympathisé pour me faire une farce et ils s'en sont donné à coeur joie! J'étais si heureux d'être en vie et de l'avoir retrouvé que je ne me suis pas mis en colère de suite. Ma maîtresse m'a saisi et couvert de baisers pour s'excuser de m'avoir tant effrayé, puis m'a présenté son compagnon d'amusement en m'expliquant le pourquoi de cette couillonnade. C'est un subterfuge pour faire rire ce pauvre colosse au coeur tendre qui a la larme à l'oeil et s'attriste de jour en jour, l'âme solitaire. Vous n'allez le croire, mais nous avons en commun, le même penchant pour la race bovine. Malheureusement pour lui, elles ont changé de crémerie !! Les géants qui ont élu domicile sur ce versant de la montagne sont peu aimables mais craignent par dessus tout les bêtes à cornes, sauf notre nouvel ami qui est fleur bleue ce qui lui a valu d'être banni...

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Pour me rendre service et se faire pardonner d'avoir ri de moi, il m'a laissé m'exprimer à travers lui, pour rallier à ma cause, les troupeaux environnants. Nous nous sommes amusés à tour de rôle à jouer à "la boite à meuh" avec ma vieille. L'écho a porté nos mugissements vers les quatre derniers gardiens, les plus vindicatifs et monstrueux qui nous attendaient au tournant. Ils étaient tétanisés et aussi inoffensifs que du bois mort lorsque j'y ai déposé quelques sms bien senti !!(envie qui me tenaillait depuis un bon moment). Plus loin, on a profité des "tours de guet" mises à notre disposition pour s'y hisser tout deux et faire un repérage, ce ne fut pas une mince affaire, croyez moi! Un troupeau se trouvait effectivement en contrebas du lac, au beau milieu du seul et unique chemin à emprunter, j'en piaffait d'impatience. J'ai de suite senti une certaine nervosité chez la vieille qui soudain n'était plus pressée d'arriver, la frousse venait de changer de camp ! Toutes les conditions étaient enfin réunies pour que mon bonheur soit total...Encore que ! Je n'ai toujours pas repéré mon pote ce qui met une ombre à mon tableau.

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Puis soudain, le voilà ! Nous retrouvons notre compagnon avec plaisir. Il ne semble pas s'être aperçu de notre absence et encore moins de l'aventure que nous avons vécu. Assis sur son banc, plongé dans sa rêverie, il contemple le monde à ses pieds et goûte au silence, maintenant troublé par la vieille. Elle lui fait part de son inquiétude a traverser le chemin envahi par les laitières et leurs petits, suggérant que quelques heures à rêvasser dans ce coin paradisiaque, serait bien agréable, après tout dit-elle "il y a pas le feu au lac!" Pour le prouver, elle décide de prendre un bain de pied auquel elle m'invite d'autorité. Mon pote et moi avons d'autres objectifs :  marcher d'un bon pas, progresser en silence, et faire fi des dangers et désagréments. Puisqu'on ne me demande jamais mon avis, je le donne : ce qui mérite encore quelques préoccupations à cette heure, c'est de savoir quand est-ce qu'on mange. Il y a des moments dans la vie où il faut prendre le taureau par les cornes, c'est une question de survie !! Pour me punir de ma rébellion, ma maîtresse m'a renvoyé dans mes foyers, malgré cela la truffe à ma fenêtre, j'ai quand même pu échanger un regard qui en dit long avec un bel ours, du genre de ceux que j'ai dans mon panier, moins disproportionné bien sûr...

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Mes belles amies ont revêtu leur plus belle robe pour ce retour à l'alpage, le pied montagnard, elles flânent les mamelles gonflées. Leurs têtes plongent avec délice dans le champ fleuri où foisonnent une multitude de petits habitants. Au gré de leur préférence alimentaire le lait change de saveur, reste mystère et surtout plaisir pour le broutard qui vient encore profiter de ce breuvage. Malgré un nez imposant, elles font leur choix sans difficulté et leur langue s'enroule délicatement autour du bouquet de fleurs multicolores qu'elles ont choisi. De temps à autre, l'une d'entre elles, la tête levée, tousse, puis se lèche le mufle et nettoie ses naseaux puis replonge à nouveau en pays de gourmandise. A force de jappement plaintif, je me suis fait reconnaître par mes copines, celles qui n'étaient pas occupées à allaiter leur petit, sont venues me faire les yeux doux. Ma patronne s'est prise quelques suées, m'exhortant à me taire, tout en traversant le troupeau d'un pas rapide, style marche nordique ! Finalement, elle atteint la forêt de pins avec soulagement en s'essuyant le front et me laisse enfin mettre pied à terre tout en me sermonnant. La fraîcheur me saisi et la pénombre étrangement m'aveugle. Instinctivement, je me retourne vers la clarté du jour que les conifères ont auréolé de dentelle noire, magnifique écrin pour ce versant de la montagne que je quitte à regret. Il m'offre le spectacle dont jamais je ne me lasse, celui du ciel et de la terre cheminant ensemble sous la lumière... 

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Nous avons repris notre route, sans crainte, car là-haut les gardiennes qui broutent, fidèles à leur poste, ne céderont pas le passage aux géants belliqueux. Seuls ceux qui aiment les animaux auront droit de cité de ce côté-ci de la montagne. J'en ai croisé quelques uns avec qui j'ai sympathisé et beaucoup ri. "Il est poli d'être gai" c'est ce que dit souvent mon pote... mais où est-il d'ailleurs ? Il s'est fait rare et distant. J'ai peur d'avoir montré trop d'attachement à mes vaches et qu'il en ait conçu quelque chagrin. Nous n'avons pas non plus, comme à notre habitude, tracé la route ensemble, moi mettant mes pas dans les siens. Se pourrait-il qu'il m'ait cru capable de l'abandonner ? Je n'ose y croire, même si de mon côté, un long moment je l'ai soupçonné de pareille infamie ! J'étais encore à m'interroger tout en forçant l'allure, quand soudain mon coeur s'est emballé en apercevant sa silhouette solitaire, un peu voûté sous le poids de... Mon casse-croûte! Chassez le naturel, il revient au galop. Désolé ! je n'y suis pour rien, mon estomac me rappelle souvent à l'ordre et pas toujours au bon moment.

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J'ai rattrapé mon compagnon de route et me suis glissé à ses côtés, il m'a jeté un bref coup d'oeil, comme si nous ne nous étions pas quittés de la journée et m'a dit : "qu'est ce que t'en penses zigouioui, ce serait pas l'heure de manger ?" La vache !!! Il est comme ça mon pote, il sait tout, comprend tout, fidèle au poste, même dans la tempête il perd pas le nord. Je jette un regard derrière moi, pour voir où en est ma vieille, ce serait ballot que je la perde ! Rassuré, je me laisse bercer par les lointaines sonnailles, quelques parasols rouges attirent mon regard, un drapeau claque au vent et me salue et quelques odeurs diablement tentantes réjouissent mon estomac qui grogne d'envie. Et moi, le coeur gonflé d'une joie sans pareil, bombant fièrement la poitrine, je regarde ce géant qui marche prés de moi et m'aime tant. Une serveuse toute vêtue de pastel, dispose sur la table, bon nombre de victuailles, je jette un coup d'oeil protecteur autour de notre table, pour apercevoir, cerise sur le gâteau, une belle vache rien que pour moi, prés de laquelle je me suis endormi une fois mon ventre bien rempli !

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"Une jolie fleur dans une peau d'vache
Une jolie vache déguisée en fleur
Qui fait la belle et qui vous attache
Puis, qui vous mène par le bout du cœur..."


 

 

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