"Il y a pire que moi, il y a mieux que moi, mais il n'y en a pas deux comme moi !"

 

J'ai échappé de justesse à un enfer caniculaire de presque une semaine qui m'a laissé anéanti. Il a fait aussi chaud à l'intérieur qu'à l'extérieur, je ne savais plus où me mettre, impossible de trouver le repos le soir venu, seul, dans mon petit panier. Puis le vent s'est levé, j'espérais alors respirer et me rafraîchir. En suivant la danse hypnotique des rideaux, j'entrevois soudain comme un éclair, qu'un foudre de guerre brandit non loin de la porte fenêtre entrouverte. J'ai compris qu'il me faudrait boire le calice jusqu'à la lie, Zeus hors de lui, m'a fait passer une nuit apocalyptique, me laissant terrorisé et haletant. Pour finir en  apothéose, j'ai eu un léger ennui de vessie aussi gênant qu'inattendu...

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Il était clair qu'après notre dernière sortie ô combien dilettante au bord de l'eau, mes vieux auraient à coeur de relever le niveau ! Nous sommes partis aux premières lueurs de l'aube ou presque, pour faire court disons que ce n'était pas trop tard. Me revoilà donc en vadrouille pour une énième balade et avec un handicap certain : la fatigue ! Malgré tout, nous avons très vite entamé notre montée, laissant derrière nous Wackenbach. Cette grimpette a pour avantage de se faire à l'ombre des feuillus et pendant que devant nous s'entrecroisent des ruisseaux glougloutants, derrière les rares maisons en contrebas s'éloignent, se cachent et finalement disparaissent.

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De large route forestière en petit sentier, nous avons pris de la hauteur. Quelques cabanes de chasseurs assez nombreuses mais désertées et quelques traces et coulées dans la végétation m'ont mis sur mes gardes. Le silence se brise, un bruissement, une brusque bousculade, je lève la tête pour voir un cerf et quelques biches en surplomb quitter leur affût sous les charmes, fuir et s'enfoncer dans les bois. Deux ou trois fois, ils se sont à nouveau fait entendre sans que l'on puisse les entrevoir, au grand dam de ma patronne, qui une fois de plus a loupé "la" photo !

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Nous avons enfin débouché sur un plateau balayé par le vent, sous un soleil radieux, et là, nos discrets compagnons de voyage, se sont montrés à l'orée du bois, face à la grande prairie fleurie. Trois petites taches brunes au milieu du pâturage, malgré tout trop éloignées pour le zoom de ma vieille...

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La vue sur le massif du Donon et les sommets environnants, nous a permis de reprendre notre souffle. Mes vieux ne semblent pas m'en vouloir d'avoir perdu mes moyens cette nuit, mais je les trouve quand même différents, scrutateurs, m'épiant de furtive façon. J'ai comme l'impression de passer un examen, mais lequel ? Je ne vais pas me plaindre, comme je ne me suis pas montré à la hauteur ces derniers jours, je dois donner le change et faire oublier mes baisses de régime et caprices. On aperçoit enfin les maisons de Malplaquet, mais toujours pas question de halte.

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Nous retrouvons le prolongement de la route forestière un instant délaissée et finalement après vingt minutes de balade, une clairière nous invite à réflexion : où sommes nous ? où allons nous ? et bien sur...à quelle heure on mange ? Sous le chêne géant planté par les anabaptistes (en 1793 selon la légende parce que la convention les a dispensé de porter les armes) j'apprends que nous sommes à Salm, qui fut un comté (j'en suis fort aise !) puis une principauté (je m'en tape !) et finalement s'est rattaché à la France pour éviter la famine (enfin une info importante !) Ce choix fort judicieux auquel j'adhère avec enthousiasme est un bon présage et me laisse à penser que l'endroit est propice à assouvir ma faim. 

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Fine analyse de la situation de la part du stratège que je suis ! On s'installe, j'évalue les "munitions" le terrain et "l'ennemi". Je commence par le plus urgent et l'ordinaire : mes croquettes ! Vite fait bien fait. Je manoeuvre adroitement en contournant, un territoire neutre, celui de ma vieille, qui pratique systématiquement le "tout pour ma pomme" ! Au passage et en douce, je récupère un fond de thonfish dans sa boite. Là ! temps mort, j'suis arrivé à mon niveau d'incompétence je l'avoue.

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J'opte alors pour la diplomatie, ce n'est pas une domaine dans lequel j'excelle il faut bien le dire ! je dévore des yeux mes convoitises, tente une approche quémandeuse et geignarde, tout de suite rabrouée !

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Et le combat cessa faute de combattant...puisqu'il ne me restait qu'une seule solution : passer à l'ennemi !

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Toute honte bue, je fis acte de soumission, compte tenu du résultat, ce fut un arrangement digne des plus grands tacticiens !

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Le retour s'est fait sans encombre, le ventre plein ! je croyais trouver un vieux compère prés de la fontaine, mais son absence était expliquée par un petit avertissement à côté de la boite aux lettres : chien lunatique ! chacun ses qualités...

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Nous avons repris la route, quitté wackenbach, contourné Schirmeck puis lubie de mes vieux : coupler sport et  intellect ! Trop fort pour moi, j'ai gardé la voiture. Ils sont passés à la belle Chapelle Notre-dame où l'on pouvait suivre une exposition sur les chemins de compostelle (j'ai bien fait de rester me reposer dans mon panier douillet) puis ils ont terminé, à proximité, par la visite de l'ancienne église des Jésuites. Au passage, avant de me rejoindre au parking, ils ont salué rapidement sur la petite place, Ettore Bugatti qui a crée son usine en 1909 ici, à Molsheim.

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Étrangement, Morphée n'est pas venu me prendre dans ses bras. Mon cerveau s'est mis au remue-méninges arbitrairement. J'ai repensé à l'étrange attitude de mes vieux à mon endroit, puis de la chaleur, qui dit chaud dit vacances, qui dit vacances dit montagnes, qui dit montagnes dit Tyrol, qui dit Tyrol dit... avec ou sans moi ?! Il me reste plus qu'à attendre les résultats de mon examen, c'est chaud ....

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"Je ne suis pas difficile, je me satisfais aisément du meilleur"

 

 

 

 

 

 

 

 

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