"Faut-il vivre pour manger ou manger pour vivre ?"

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On s'en fout ! donnez nous à becqueter et pis c'est tout. Mes amis,je vous livre l’info tel quel : on est en pleine récession, on nous rationne, on nous ratiboise, on nous les brise menu ! Vous avez remarqué comme moi que plus on est nécessiteux, plus on nous demande d’efforts. Y’en a qui font des effets de manche, vous annonce que vous aurez tel ou tel avantage et mine de rien en loucedé, y vous pique le peu que vous aviez déjà péniblement gagné ! J’explique : une fois attablé, on vous donne trois croquettes et l’on vous retire un bout de fromage, bonus acquis de longue date, après d'âpres négociations ! Vous noterez au passage le "on" en référence au fameux adage guerrier d’une haute portée philosophique: "on" c’est un con, il a pas de matricule ! Tout le monde l’aura compris, ma vieille nous a mis au garde à vous, mon pote et moi. Je vis les heures les plus sombres de ma chienne de vie. Elle me prépare des lendemains qui déchantent : à partir de maintenant je pense, je dors, je vis : croquettes light. Elle a mis la barre haut : 6,300 kg parce que je suis tombé bien bas : 7 kg !

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Mon pote devant son assiette, moi à côté les yeux fixés sur six croquettes, seules friandises qu’il est autorisé à me distribuer, je contemple le repas dont je suis privé alors que j’en ai suivi et supervisé l’élaboration. Nous nous jetons quelques regards complices mais toute tentative de fraude est irrémédiablement réprimées. Mon pote et moi on se comprend sans mot dire : on maudit la vigilance sans faille de notre tortionnaire , son angle de vision est égal à celui de la mouche ! La vengeance est un plat qui se mange froid, certes, mais je suis affamé et peu patient. J’ai donc opté pour une stratégie plus immédiate : je boycotte mon pote, because il est le maillon faible...je boude et fait bande à part !

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                                                                                                        Pendant les repas où je suis toujours convié, je ne suis plus qu’un courtisan qui assiste au dîner de « ses majestés » . Pour montrer mon désaccord, je tourne plusieurs fois sur moi-même, ensuite je tremble de tout mon corps en levant la patte et pour finir après un regard noir vers mes vieux, je leur tourne le dos en râlant pendant tout le repas, couché sur mon coussin rouge. Forcément, j'ai dû écourter mes sorties hygiéniques, dix minutes montre en main, hors de question que je m’épuise alors que je crève de faim !

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Tout ça pour dire, que le parcours du combattant c’est maintenant ! La fonte des neiges a laissé ma chef, un petit moment dans le flou car elle avait planifié la fonte de ma masse graisseuse aux petits oignons ! Mais comme elle est pleine de ressources et d’imagination, nous sommes partis marcher dans la gadoue. Que ce soit d’un côté ou de l’autre du Rhin, ils se sont donnés le mot, les arbres sont étêtés, déracinés, sous le prétexte de préparer le printemps. Les grumiers ont creusé dans le sol de profondes ornières. Ces bourbiers dont j’ai peine à m’extirper me rendent ma liberté après m’avoir traîné dans la boue. Je poursuis mon chemin de croix, tout crotté et plus lourdaud qu’avant ! D’autres sorties, brèves mais tout aussi éprouvantes, m’ont conduit, entre autres, dans une forêt « sauvage » où certains arbres se sont fossilisés. D'autres, sous le joug de l'hiver, se sont dégarnis. le gui parasite s'est invité sur ces peupliers tremblants, puis à son tour  s'est vu dépossédé de ses fruits qui ont fait le bonheur des grives et des mésanges pendant tout l'hiver. J’ai cru comprendre que ce bois primitif était infesté de sangliers belliqueux menés par des laies!! Je soupçonne ma vieille de m’avoir traîné là, dans l’espoir que je me fasse courser par une de ces hordes de cochons sauvages, histoire d’accélérer ma cure d’amaigrissement!!

 

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Au retour, ayant échappé à toutes les embûches, j'ai aperçu un messager au plumage coloré, porteur d'espoir. Encore une promesse non tenue, car, à peine rentré, la vieille m‘a passé en revue : toilettage, épilation, bain ! Je ne peux m'empêcher, souvent à juste titre, de râler, de me vautrer dans la rouspétance avec constance et délectation jusqu'à ce que mes plaintes et mes contrariétés cessent de me démanger, puis je me secoue et me soulage de cette fange. Finalement, épuisé mais allégé d'un lourd fardeau, je me réfugie dans mon panier. Il faut que je me surveille, ça pourrait devenir une addiction !!

DUROBER (143)

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De mon point de vue je me sens fondre à vue d’œil ! Tous les lundi matin, je vais à la pesée le cœur léger et plein d’espoir. Camarades! On nous spolie, on nous ment, même la balance, qui malgré tous mes efforts et mes souffrances, affiche honteusement : 6,8 kg! Mon pote attendri, négociait déjà quelques douceurs pour moi mais le sarcasme du bourreau lui a coupé l’herbe sous le pied. Cherche pas, dis la vieille en se marrant, les deux cents grammes, c’est le poids des poils que je lui ai retiré. Il a de la chance, je suis bon prince, je mets ça sur le compte d’un régime bien amorcé !!! 

CHARLY (82)

Une charmante amie m’a dit: Charly tu as perdu ta plume?! Non, je ne la prête plus! La muse a pris son congé! Mes conditions sont posées : l’inspiration contre une bouchée de pain! Je sais combien vous aimez me tenir compagnie pendant mes balades et pour rien au monde je ne voudrais perdre votre amicale présence en plombant l’ambiance aussi j'ai bon espoir que tout rentre rapidement dans l'ordre. En moi sommeille un svelte teckel, mais je n’arrive pas à le tenir éveillé bien longtemps. J’ai pu dégusté quelques miettes "malencontreusement" tombées de table juste sous le siège de mon pote. Ma vieille, en préparant une tarte aux pommes, a fait tomber sans s'en rendre compte une pelure de ce fruit délicieux entre mes pattes ! Je nous sens sur la bonne voie, il semblerait que l’on s’oriente doucement vers une issue heureuse. Le chien étant le plus fidèle ami de l'homme, je ne peux résister à vous présenter mes vieux. Comme, moi aussi je suis bon prince, les voici sous leurs plus beaux jours (c'était il y a vingt ans!). Reconnaissez qu'il faut beaucoup de courage et de persévérance pour les suivre et les aimer. Ma modestie m'empêche de parler de môa, je préfère que d'autres s'en chargent, mon scribe par exemple, quand il aura retrouvé la voie de la sagesse et de l'inspiration!

 

 

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« Quand on a un cœur d'or, il faut le garder pour soi. »