« L'absurdité est le véritable ordre des choses. » 

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Chemin faisant, sur nos terres de prédilection, mon pote me fait une judicieuse remarque en aparté. Il se trouve satisfait du tandem que nous formons, car nous marchons tous deux d'un bon pas, sans fléchir, avec assurance, ouvrant la voie pour qui suit...et ne prend aucun risque, suivez mon regard ! Il reconnaît bien volontiers et je le rejoins, que promener côte à côte est reposant et nous porte à la méditation, ce qui évidemment ne peut se faire que dans le silence de cette nature. J'ajouterai un petit bémol à ces observations toujours finement analysées, que ça dépend de l'accueil de la susdite nature et de la capacité à qui vous savez à tenir son bec coi...

 

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Qu'est ce que je disais ! la v'la qui donne de son commentaire, tout en moquerie : " Charly te suit sans arrêt...il marche dans les pas de son père !" Le charme est rompu, la douce harmonie qui régnait quitte la scène. Spontanément je m'interroge, suis-je suivant ou suivi ? En creusant le sujet, j'en viens à me demander quel est la position la plus enviable. Des pensées s'entrechoquent, dans ma tête c'est le chaos. Un vrai supplice, ma vieille m'a encore mis à la question ! Bien entendu, la balade perd tout son charme, je ne sais plus où me mettre. Devant ! trop de pression. Il faut ralentir pour que les followers ne se perdent pas, choisir le meilleur itinéraire, ne pas se tromper et s'apercevoir que ce boulot de leader ne permet pas de profiter de la virée. Ce n'est pas une promenade de santé je vous le dis, soyons lucide, à l'avant je suis esclave et non le maître !!

 

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J'ai donc rétrogradé et pris position derrière mon pote, poste qui est constamment le mien d'après ma vieille. Dans un premier temps, j'étais à mon aise et pas loin de féliciter la patronne (pour une fois) d'avoir eu le nez creux ! Mais alors que je traînassais le nez dans les feuilles ! mon guide a perdu patience et m'a rabroué car je ne tenais plus le rythme. Clairement, le poste de "suivant" n'a plus ma préférence et je le laisse bien volontiers à ma vieille qui le mérite amplement !! Perplexe, me questionnant sur mon positionnement, je me suis alors souvenu de moments fous ou j'ai pu me griser jusqu'à l'ivresse de liberté. Mais il est vrai, qu'après avoir repris mes esprits, je me suis retrouvé désorienté, ni devant, ni derrière, mais bel et bien... seul! Situation que je goûte guère.

 

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J'ai soupçonné la vieille d'avoir semé la zizanie pour s'en distraire tranquillement à l'arrière du peloton. Mine de rien, elle fermait la marche comme à son habitude : en position : planquée !! Perdu dans mes pensées et mes souvenirs, je n'ai pas réalisé que j'avais rattrapé mon pote "alors Charly te voilà revenu, on est pas bien comme ça à marcher côte à côte ?" Je me suis fait une sang d'encre pour rien, là voilà ma place! Nous avons repris notre marche contemplative.

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Je n'ai pu m'empêcher de jeter un coup d'oeil furtif derrière moi pour contempler notre suiveur ! En regardant cette silhouette sombre et solitaire, presque voûtée, le doute s'est emparé de moi ! Si tout cela n'était qu'élucubrations de ma part...A trop fréquenter les humains, les flashs d'intelligence viennent perturber mes neurones de teckel, résultat des courses : je deviens bête !! Par acquis de conscience, je suis allé la retrouver, ses hublots embués par l'effort, se sont penchés vers moi. D'une voix enjouée mais empreinte d'un léger reproche elle me dit : " alors Titi, tu viens quand même t'enquérir de ta maman ?" hé oui ma vieille  avancer en âge n'est pas un boulot de tout repos ! A nouveau, je m'interroge ! de nous trois, lequel est le plus vieux....suis-je le suivant ou le suivi !! Si seulement je n'étais qu'une bête, je n'aurai plus besoin de me poser de question et encore moins d'y répondre !

 

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« Je finis rarement là où je voulais aller, mais le plus souvent là où il fallait que je sois. »